samedi 22 septembre 2018 19:01:49

Gaz et pétrole : Préserver les réserves

Jusqu’à quand les réserves de pétrole et de gaz suffiront-elles à l’Algérie ? La question reste posée.

PUBLIE LE : 06-03-2018 | 0:00
D.R

Jusqu’à quand les réserves de pétrole et de gaz suffiront-elles à l’Algérie ? La question reste posée. Le ministre de l’Énergie avait adressé une mise en garde : «Si l’on continue à consommer sans penser à augmenter nos capacités de production, d’ici 2025, toute notre production sera destinée à la consommation nationale.»

En effet, la consommation locale en pétrole, à titre d’exemple, a doublé en sept ans, passant de près de 210.000 barils en 2010 à 420.000 barils en 2017. D’où la nécessité de rationaliser la consommation des matières énergétiques produites localement et de les exporter. Même tempo pour les carburants. L’Algérie produisait près de 11,5 millions de tonnes de carburants par an (essence, gasoil et kérosène), tandis que le volume de consommation a atteint 15 millions de tonnes. La différence de 3,5 millions de tonnes est importée, avec une facture dépassant 1 milliard de dollars par an. Des solutions ? A ce sujet, le Pr Abderrahmane Mebtoul, économiste, préconise «en urgence» d’aller vers  une transition énergétique et un nouveau modèle de consommation reposant sur un Mix énergétique. Pour lui, l’Algérie, afin d’éviter de devenir un «importateur net» de pétrole à l’horizon 2020/2025, doit «miser sur le gaz, et surtout sa transformation, dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant». De son côté, Saïd Beghoul, expert en énergie, relève la nécessité et l’urgence de régénérer nos réserves prouvées de pétrole et de gaz. «Aujourd’hui, tout le monde sait qu’elles ne sont plus que d’environ 2.800 milliards de mètres cubes pour le gaz et de 10 milliards de barils pour le pétrole, au lieu de 4.500 milliards de m3 pour le gaz et 12 milliards de barils pour le pétrole», met-il en garde.
L’autre moyen d’augmenter les réserves consiste, aux yeux de l’universitaire, à investir dans les techniques d’augmentation des taux de récupération des anciens gisements. Des études sérieuses de par le monde, explique-t-il, ont montré que l’augmentation du taux de récupération de 1% permet de gagner 3% du volume produit dans un gisement de pétrole et 1% du volume soutiré d’un gisement de gaz. Sur sa lancée, le Dr Beghoul prévoit, pour le marché international, un choc pétrolier haussier.
La concomitance de plusieurs facteurs, parmi lesquels le déclin de la production dans certains pays pétroliers, dont des membres de l’OPEP, «va se traduire par une contraction de l’offre à partir de  l’année 2020 et les prix du baril commenceraient leur ascension progressive vers un baril à trois chiffres dans les années qui suivent». Et d’ajouter : «L’offre et la demande, de la Chine et de l’Inde notamment, resteront les deux seuls fondamentaux qui vont contrôler les prix à hauteur de 90%. Les fluctuations des marchés financiers, les tensions géopolitiques et les facteurs techniques auront toujours une influence ponctuelle, mais n’affecteront en rien la tendance générale du marché.»
Rappelons que pour faire face à la hausse de la demande locale et pour continuer à exporter, l’Algérie avait annoncé l’investissement de 78 milliards de dollars dans les hydrocarbures durant la période 2017-2021.
Fouad Irnatene

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