mardi 11 dcembre 2018 22:14:12

Résultats des législatives en Italie : Le pire des scénarios ?

En Italie, les résultats des élections législatives organisées dimanche ont donné lieu au pire des scénarii qui avait été envisagé par les analystes politiques.

PUBLIE LE : 06-03-2018 | 0:00
D.R

En Italie, les résultats des élections législatives organisées dimanche ont donné lieu au pire des scénarii qui avait été envisagé par les analystes politiques. A savoir une percée historique des forces antisystème, eurosceptiques et d'extrême droite, majoritaires en voix et en sièges. Un résultat qui bouleverse la donne et plonge l'Italie dans l'incertitude politique. Mais ce n’est pas nouveau.
D’autres pays de l’Union européenne ont été confrontés à la même situation au lendemain de la tenue de consultations électorales, présidentielles ou législatives. Du reste pour les observateurs, ce vote, «marqué à la fois par le rejet de la vieille classe politique, l'exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants», est «conforme» aux évolutions politiques en cours sur le vieux continent et en aux USA à titre d’exemple. En fait, fait-on remarquer, «l'Italie s'inscrit dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l'extrême droite ailleurs en Europe». Le dégagisme exprimé par les différents électorats à l’encontre des partis politiques traditionnels dont les dirigeants sont, pour certains, embourbés dans des affaires de corruption et poursuivis par la justice et la soif d’un renouvellement du personnel politique ne pouvaient que faire le nid des partis antisystème et d’extrême-droite. En Italie, la percée historique du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème fondé en 2009), qui devient le premier parti du pays avec un score dépassant pour l'instant les 31% en est la démonstration. Et si la coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite) et le petit parti Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), a obtenu quelque 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 73% des bureaux de vote, il n’en reste pas moins aussi qu’à l'intérieur de cette coalition, c'est la formation eurosceptique et anti-immigration de M. Salvini, proche du Front national (FN) français, qui est en tête. Son discours anti-immigration et méfiant à l'égard de Bruxelles semble avoir porté dans un pays en proie à l'euroscepticisme et qui a vu débarquer près de 700.000 migrants depuis 2013. Ce rejet en Europe des partis traditionnels ayant dominé la vie politique depuis plusieurs décennies n’est pas propre aux italiens.
Les Français en cela avaient été les premiers à sonner le glas des partis tant de gauche que de droite et permettre l’émergence d’un mouvement politique de création récente qui a porté à la présidence Emmanuel Macron. C’est donc presque sans surprise que le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi et du gouvernement sortant a enregistré dans les urnes une baisse plus forte que redoutée, avec environ 19% des voix, selon les résultats partiels, soit moins de la moitié des 40% obtenus aux élections européennes de 2014. Mais le PD n’est pas la seule formation de ce courant politique en déroute. C'est l'ensemble de la gauche qui a bu la tasse. Pour la ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, les résultats des législatives italiennes «montrent que partout en Europe les partis traditionnels sont fatigués».
«Il y a un dégagisme, il y a une soif de renouvellement, on l'a vu partout», a-t-elle ajouté. Reste à se demander si ces partis sauront tirer les enseignements nécessaires et se reconstruire dans la perspective des prochaines consultations électorales. Auront-ils les ressources pour ce faire ? Difficile de le dire. En France, pour ne citer que ce pays, l’on aura constaté que les résultats de la présidentielle ont surtout augmenté le fossé au sein des partis et poussé à l’éclatement des formations vaincues. En Allemagne, Angela Merkel, ressortie affaiblie des législatives de septembre dernier, a été dans l’obligation de faire des concessions— dont celle d’envisager sa succession— pour pouvoir former son gouvernement et entamer son quatrième mandat de chancelière. Car dans ce pays aussi, les élections générales ont été marquées par une percée historique de l'extrême droite (AfD) et une érosion des partis traditionnels, dont la CDU/CSU de Mme Merkel. Pour ce qui est de l’Italie, il appartiendra au président, Sergio Mattarella, de démêler l'écheveau dans les semaines qui suivent pour confier un «mandat exploratoire» à celui ou celle qui lui paraîtra en mesure d'obtenir une majorité. Mais ces consultations politiques officielles ne s'ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l'élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d'instabilité, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections. Le remake d’un film que les italiens ont déjà vu plusieurs fois.
Nadia K. et Agences
 

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