jeudi 21 juin 2018 03:13:57

Grand Angle : Bis repetita ?

Il y a de fortes chances que les résultats, connus tard dans la soirée d’hier, qui sanctionneront les élections législatives italiennes et pour lesquelles 46 millions d’Italiens ont été appelés à se rendre aux bureaux de vote pour élire leurs députés et sénateurs, perpétuent la spécificité de ce pays

PUBLIE LE : 05-03-2018 | 0:00
D.R

Il y a de fortes chances que les résultats, connus tard dans la soirée d’hier, qui sanctionneront les élections législatives italiennes et pour lesquelles 46 millions d’Italiens ont été appelés à se rendre aux bureaux de vote pour élire leurs députés et sénateurs, perpétuent la spécificité de ce pays. Les sondages effectués avant cette consultation laissaient présager un scénario que l’Italie a eu déjà à connaitre par le passé. Entendez par là une absence de majorité parlementaire, ce qui obligera le président de la République à recourir à des consultations politiques et organiser de nouvelles élections sous peu. Un dénouement qui n’est pas vraiment pour surprendre ; tant  l’Italie  est  «connue» pour son instabilité politique. Le pourquoi  de cette «spécificité» est à chercher dans le système italien fondé après la Seconde guerre mondiale et la complexité de son système électoral qui combine, depuis sa réforme, scrutin proportionnel et majoritaire. Et pour cause, la constitution donne très peu de pouvoir à l’exécutif, et le législatif est aux mains de deux chambres qui ont exactement le même poids. Pour les constitutionnalistes, cela s’appelle  «le bicamérisme égalitaire». Mais ce n’est pas sans conséquence. Pour preuve, la durée de vie moyenne du gouvernement italien depuis la Seconde guerre mondiale est à peine supérieure à un an. Aussi le pays a connu 62 gouvernements depuis cette date. L’Italie serait-elle condamnée à l’instabilité ? Ce qui est sur c’est que ce pays s’en accommode parfaitement. Mais si, sur la forme, ce pays marque sa différence, il en est autrement sur le fond.  A titre d’exemple, les thématiques traitées lors de la campagne électorale de ces législatives ne diffèrent pas de celles mises en avant à l’occasion d’autres consultations organisées en Europe et même ailleurs. Ainsi, les partis en course ont surfé sur les questions liées à l'immigration, l'insécurité, l’emploi ou la faiblesse de la reprise économique. Et dans ce pays comme ailleurs en Europe, les partis populistes, europhiles et d’extrême-droite sont devenus des acteurs incontournables dans le paysage politique et médiatique. C’est dire que c’est à ce niveau-là que les italiens devraient s’inquiéter pour l’avenir de leur pays.
Nadia K.

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