mardi 18 dcembre 2018 17:19:15

16e Festival du film amazigh : Le patrimoine culturel à l’honneur

Public au rendez-vous, production en baisse

PUBLIE LE : 01-03-2018 | 0:00
D.R

Le patrimoine culturel matériel et immatériel national aura été le principal thème traité dans la majorité des documentaires sélectionnés en compétition du 16e Festival national du film amazigh qui a pris fin hier après trois jours de compétition. Ce festival, inauguré samedi, regroupe dans sa catégorie documentaire sept réalisateurs qui, pour la plupart, ont choisi pour sujet le patrimoine culturel de leurs régions respectives, en plus de valoriser la langue amazighe dans ces différentes variantes.
La jeune réalisatrice Hinda Cheurfi a choisi de mettre l’accent, dans sa première œuvre Thighrma N’Laures (Hameaux des Aurès), sur les architectures traditionnelles de terre dans les Aurès, tout en faisant la promotion des matériaux de construction locaux et en attirant l’attention sur un potentiel touristique de la région. Le patrimoine musical et les métiers traditionnels de la vallée du M’zab, menacés en partie, ont aussi été au cœur des documentaires Izouran N’Izelwan, de Hammou Oudjana, et Izmulen N’Igraren, réalisé par Oussama  Rais. Les deux réalisateurs se sont intéressés au chant traditionnel mozabite, considéré comme un réel vecteur de promotion de la langue, ainsi qu’aux métiers de la bijouterie traditionnelle, du travail du cuir, du   tissage et autres.
Les us et coutumes liés aux cérémonies de mariage et de naissance, aux jeux anciens, aux célébrations du nouvel an amazigh se retrouvent également dans des œuvres comme Taqbilt, d’Ali Hadjaz, et Asalay (le musée), de Djamel Bacha. Se voulant une vitrine du patrimoine de chacune de ces régions, ces films sont également une manière d’«attirer l’attention» sur les menaces qui pèsent «tant sur les traditions et métiers qui risquent d’être oubliées ou remplacées, que sur le bâti qui tombe en ruine», emportant un pan de la mémoire des populations locales, disent les réalisateurs en compétition à cette 16e édition du film amazigh. Autre aspect notable, le potentiel touristique et la richesse naturelle de l’Algérie a servi de fil rouge dans des œuvres comme Tamnadt N’Leqbayel, de Mohamed Fali (documentaire animalier tourné en haute Kabylie), ou encore dans Imeksawen Igenni (Les bergers du ciel), d’Abdenour Laceb. 
 
Public au rendez-vous, production en baisse 

 La maison de la Culture Mouloud-Mammeri  — sa grande salle comptant 800 places — a connu une grande affluence des cinéphiles de Tizi Ouzou,   affichant complet aux projections, surtout en séance d'après-midi. Si le public a répondu présent à cette manifestation, qui peut désormais revendiquer son public d'habitués, la moisson filmique de cette 16e édition n'a pas suivi la dynamique du festival, de l'avis de plusieurs d'entre eux.  
Sur les 17 œuvres retenues, seulement trois longs métrages ont été projetés avec des ratés techniques, particulièrement pour le film Tudert (La vie), de Rabah Dichou, révélant du coup  une «qualité faible» de la majorité des 43 œuvres soumises à la sélection. Le commissaire du festival, Farid Mahiout, a indiqué que la date du festival a été repoussée à février, «en partie pour laisser le temps aux réalisateurs de finaliser leurs projets». Certains courts métrages ont cependant montré de grandes potentialités, à l'image de Lmuja, d’Omar Belkacemi, Human, d’Issam Taachit, Séquence une..., de Noreddine Kebaïli, ou encore le Manque, de Si Smaïl Arab. Même constat pour la catégorie documentaire qui a également révélé de «jeunes talents qui ont beaucoup à dire et à montrer», même s'ils évoluent dans des villes où le cinéma reste «complètement absent», ainsi qu'ils le soulignent eux-mêmes. (APS) 
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions