lundi 24 septembre 2018 11:34:07

L’ANEP rend hommage à Tahar Hannache et Djamel Eddine Chanderli : pionniers du cinéma

Un vibrant hommage a été rendu, dans l’après-midi du mardi dernier, à la librairie Chaïb-Dzaïr, à deux pionniers du cinéma algérien, à savoir Tahar Hannache et Djamel Eddine Chanderli.

PUBLIE LE : 01-03-2018 | 0:00
Ph :Y.Cheurfi

Un vibrant hommage a été rendu, dans l’après-midi du mardi dernier, à la librairie Chaïb-Dzaïr, à deux pionniers  du cinéma algérien, à savoir Tahar Hannache et Djamel Eddine Chanderli.

Lors de la guerre de Libération, le cinéma a été utilisé par les combattants de l’ALN pour promouvoir l’image de la lutte du peuple algérien. Le Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra) avait créé, dès 1957, un service cinéma au sein de l’ALN. Pionnier du cinéma algérien, Tahar Hannache a joué aux côtés de Fernandel, Raimu, Viviane Romance, avant de passer à la technique. Régisseur, opérateur, directeur de la photographie, metteur en scène, assistant-réalisateur puis réalisateur, il est le doyen des cinéastes algériens. Lors de cette rencontre à la librairie Chaib Dzair en hommage aux deux cinéastes, un extrait d’un film réalisé par Tahar Hannache intitulé «la fille du puisatier» a été projeté en présence de sa fille Touraya. Tahar Benelhannache, qui se fera appeler Hannache, est né le 26 novembre 1898 à Constantine. En 1942, Tahar Hannache dirige les prises de vue du premier film parlant arabe «Ali, fils du Sud». Il tourne également un documentaire sur sa ville natale, «Constantine, l’ancienne Cirta», en double version française et arabe. En 1945, la production marocaine fait appel à Tahar Hannache pour tourner l’un des premiers films marocains parlant en arabe, «Sérénade à Meriem », avec comme acteurs Mahieddine Bachetarzi, Mohamed El-kamel… ainsi qu’un documentaire, «Port Lyautey». A l’indépendance, après avoir réalisé plusieurs courts-métrages pour la télévision, Tahar Hannache prend en charge le service cinéma à la RTA et la formation des premiers opérateurs du cinéma algérien. Il continuera à exercer jusqu'à son décès, le 1er août 1972. A notre connaissance, à ce jour, aucune salle de cinéma ni institution culturelle n'a été baptisée en son nom. En plus de la passion du cinéma, un lien de parenté unit ces deux scouts du cinéma algérien; Djamel Eddine Chanderli est le neveu de Tahar Hannache. Armé de sa caméra, Djamel Eddine Chanderli s’est inscrit dans les combats dès la première heure au service de la guerre de libération. Dès 1956, Djamel Eddine il rejoint le maquis et est considéré comme le premier algérien à produire des images de l'intérieur du pays en lutte. En 1957, Djamel Eddine Chanderli fait partie de l'équipe du service du cinéma qui a été créé par le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République algérienne). Le travail de Djamel Eddine Chanderli était d'une importance capitale dans la contre-propagande du FLN face aux images de la France officielle qui tentait de cacher la vérité sur la guerre d'Algérie au monde entier. Les images de Djamel Eddine Chanderli permirent de démentir la version de l’armée française, qui prétendait intervenir en Algérie, dans le cadre d’une mission de pacification.
En 1958, Djamel Eddine Chanderli a filmé un bombardement au napalm dans la région d’El Milia et transmis le film à son frère Abdelkader Chanderli qui le diffusa aux Nations unies afin de confondre l'armée française qui affirmait ne pas utiliser le napalm en Algérie. Djamel Eddine Chanderli a participé à la réalisation du premier film algérien «Djazaïrouna» (Notre Algérie) qui était destiné à éclairer la communauté internationale sur les objectifs poursuivis par les maquisards algériens. Djamel Eddine Chanderli a signé avec le concours de Mohamed Lakhdar Hamina un court métrage de fiction intitulé «Yasmina», première fiction sur la révolution algérienne.  Il y a lieu de noter que la librairie organise demain une rencontre avec les trois lauréats du prix Assia Djebar du roman dans les trois éditions. Cette rencontre, qui sera tenue à la bibliothèque principale de lecture publique rue Rabia-Ali n°1104, Tizi-Ouzou, avec Mustapha Zaârouri, Lynda Koudache et Rachid Boukharoub, est une occasion propice pour rendre hommage aux éditions «El Amel».
Sihem Oubraham


 

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