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Prise en charge de la douleur chez les diabétiques : Entre 10 et 20% des patients exposés à la neuropathie

L’atteinte des nerfs est une complication fréquente du diabète. On parle de «neuropathie diabétique» ou «névrite» qui touche entre 10 et 20% d’algériens.

PUBLIE LE : 26-02-2018 | 0:00
D.R

L’atteinte des nerfs est une complication fréquente du diabète. On parle de «neuropathie diabétique» ou  «névrite» qui touche entre 10 et 20% d’algériens. Le diagnostic est souvent tardif, car le début est silencieux,  voire sans aucun signe apparent.

Si le diabète n'est pas suffisamment équilibré par le traitement, la quantité de sucre dans le sang peut rester trop élevée sur le long terme. Cette glycémie excessive endommage, entre autres, les nerfs qui véhiculent les influx nerveux moteurs, sensitifs et sensoriels. Par exemple, les nerfs adressent au cerveau des «messages» sur ce que notre corps perçoit du monde extérieur : sons, contacts, température, douleur… Les nerfs les plus à risque sont les plus longs, ceux qui parcourent les jambes jusqu'aux pieds. On parle alors de poly neuropathie diabétique distale, ou de neuropathie périphérique. Elle touche entre 10 et 20% des personnes diabétiques en Algérie. Dans le cas d’une neuropathie diabétique, les nerfs endommagés ne conduisent plus correctement les messages ; certains arrivent «trop fort» au cerveau, d'autres plus du tout. En résultent des symptômes divers et parfois paradoxaux, sensations de brûlure, douleurs, fourmillements, hypersensibilité (le moindre contact est douloureux), mais aussi diminution de la sensibilité (on ne sent pas bien le sol même quand on marche pieds nus, par exemple). Le patient est le seul à pouvoir évoquer sa douleur, la décrire et exprimer comment et combien il souffre : Malheureusement, trop de malades souffrent en silence, n'osant pas se plaindre au chirurgien ou au personnel trop souvent débordé pour entendre leurs plaintes.
Intervenant lors d'une journée d'études sur la prise en charge de la douleur chez les diabétiques, le Pr. Tbaibiya, chef de service de médecine interne à la clinique Arezki-Kehal, rattachée à l'hôpital de Birtraria, a indiqué que cette maladie  «s'est largement répandue» lors de ces dernières années, soulignant  qu'entre 10 et 20% des diabétiques souffrent de douleurs au niveau de leurs doigts et orteils ce qui est traduit, a-t-il expliqué, par des troubles  neuropathiques. «La neuropathie chez les patients souffrant du diabète de type 2 apparait  après 4 ans de cette maladie», a précisé le même spécialiste. Et d’ajouter : «Parmi les facteurs favorisant la réactivation d'une neuropathie diabétique, on cite le tabagisme et la consommation d’alcool qui peuvent endommager les petits nerfs des mains et de pieds et aggraver le cas… Il en est de même pour l’atteinte rénale que l’on peut rencontrer au cours du diabète.» Selon ce  spécialiste, l’âge est également un facteur de risque. «la neuropathie diabétique est plus fréquente après 65 ans», explique-t-il.
Le Pr Tbaibiya a fait remarquer que «malheureusement, certains malades ne découvrent leur diabète que lorsqu'ils commencent à ressentir des douleurs au niveau de leurs doigts et orteils». C’est pour cette raison qu’il a longuement insisté sur la nécessité du «dépistage précoce du diabète  avant qu'il y ait de complications comme les maladies cardiovasculaires et l'insuffisance rénale». Pour prévenir la neuropathie chez les diabétiques, le professeur Tbaibiya recommande d'adopter un régime alimentaire et de suivre un traitement  spécifique à même de contrôler régulièrement la glycémie, indiquant, à ce  propos, que certains cas nécessitent la prescription de calmant, à l'image  de la morphine.
Les spécialistes regrettent  que seulement deux centres antidouleur existent à l'échelle nationale. Les traitements thérapeutiques utilisés sont les antalgiques et les morphiniques qui sont malheureusement non disponibles au niveau des pharmacies... L’atteinte des nerfs est une complication fréquente au cours du diabète : on parle de «neuropathie diabétique» ou «névrite». Le diagnostic est souvent tardif car le début est silencieux, voire sans aucun signe apparent. La crainte est l’apparition d’une douleur neurogène chronique liée à la souffrance du nerf.
Farida Larbi

 

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