jeudi 20 septembre 2018 03:44:00

Le Coin du copiste : Le bon couscous de nos aïeux

Alors que l’on a appris il y a quelques jours que la musique Rai, très prisée à l’Ouest, a été proposée à l’Unesco pour être classée en tant que patrimoine immatériel mondial et que l’inscription est en bonne voie...

PUBLIE LE : 15-02-2018 | 0:00
D.R

Alors que l’on a appris il y a quelques jours que la musique Rai, très prisée à l’Ouest, a été proposée à l’Unesco pour être classée en tant que patrimoine immatériel mondial et que l’inscription est en bonne voie, c’est au tour du plat culinaire le plus ancien en méditerranée, particulièrement dans les pays maghrébins, le «couscous», dont l’origine plurimillénaire se dispute les faveurs d’un des pays de l’Afrique du Nord, de chercher à être inscrit sur la longue liste des traditions les plus lointaines qu’examinera le comité intergouvernemental de l’Unesco à la fin de cette année, plus exactement sur la période qui s’étalera du 26 novembre au 1er décembre dans une réunion de ses membres au Port-Louis en Ile Maurice. On apprend ainsi que pour l’année 2018, l’Unesco donnera la priorité pour l’inscription des dossiers de plusieurs pays pour la sauvegarde de tout patrimoine menacé de disparition : «En matière de patrimoine immatériel, l’Unesco fait savoir que tout pays peut déposer un dossier, mais aussi un groupe de pays ayant en commun des pratiques sociales et culturelles. Dans le cas du couscous, tradition culinaire effectivement partagée, les pays du Maghreb vont tenter en amont de se mettre d’accord pour une candidature commune. Où fait-on le meilleur couscous ? Quels ingrédients sont légitimes, lesquels sont apocryphes ? Maroc, Algérie, Tunisie… ». Le mot est lancé, il s’agit bien de notre couscous qui, par-delà la nuit des temps, attire encore de nos jours les papilles de nombreux maghrébins qui revendiquent à leur manière les ingrédients de la savoureuse sauce allant chacun de leur recette les plus traditionnelles à la qualité des grains de couscous selon la consistance de la semoule que quelques-unes de nos femmes continuent de rouler de la façon la plus ancestrale. une raison qui pousse tous les amateurs de ce plat culinaire éponyme à vouloir classer ce met comme patrimoine immatériel de l’humanité. «Il y a des plats et des denrées totems : le pain en France, le couscous au Maghreb (…). La cuisine fait partie de l’identité de tous les peuples, la manière de cuisiner, de servir les plats, révèle ce que l’on est. Pour les pays du Maghreb, le couscous représente une part de leur identité», explique-t-il. Pour autant, «ça ne va pas être simple: il va falloir qu’ils se mettent d’accord entre eux». Pour l’Unesco, le patrimoine ne s’arrête pas aux vieilles pierres, il est aussi immatériel et constitue un «creuset de la diversité culturelle» à préserver face aux menaces des «processus de mondialisation et de transformation sociale». «Arts, traditions, savoir-faire, rituels, fêtes… peuvent entrer au Patrimoine immatériel de l’humanité», constate Patrick Rambourg, l’historien français des pratiques culinaires et alimentaires. «Il remonte incontestablement aux Berbères, même si l’histoire commence avec les Romains, venus avec du blé», abonde l’anthropologue, gastronome et restauratrice à Paris Fatema Hal, née à Oudja, au Maroc. Néanmoins, même l’origine de l’introduction du blé ne fait pas l’unanimité, certains évoquant un apport arabe. Souvent citée, l’historienne culinaire Lucie Bolens avait décrit des pots primitifs de couscous retrouvés en Algérie, remontant au règne du roi Massinissa (202-148 av. J.-C), berbère qui unifia la Numidie, soit le nord de l’Algérie et des portions de la Tunisie et de la Libye. «La paternité est un sujet compliqué, un terrain glissant. Et est-ce si important ?». En tout état de cause, Slimane Hachi, directeur du centre de recherches préhistoriques et anthropologiques, également promoteur du projet en Algérie, pense que la démarche peut paraitre incertaine mais qu’elle a, en réalité, des chances d’aboutir si la tentative devient unilatérale. Par ailleurs,
chaque année, les dossiers doivent être déposés avant le 31 mars. L’Unesco vérifie dans les semaines qui suivent s’ils sont techniquement conformes et complets. En septembre, la liste des prétendants est arrêtée, dans la limite plus ou moins d’une cinquantaine. La priorité est donnée à «la sauvegarde» et «aux dossiers portés par plusieurs pays», explique-t-on à l’Unesco. Les propositions sont alors étudiées, dans l’année qui suit, par un comité de 12 membres qui émet une recommandation. In fine, au mieux 20 mois.   
L.Graba

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