lundi 26 fvrier 2018 04:32:41
Ph : T. Rouabah

Fatma-Zohra Benbraham a plaidé, hier, pour l’instauration de la Journée nationale des victimes des explosions nucléaires au Sahara algérien. Cette Journée coïncidera avec la date du 13 février, jour marquant la première des 17 explosions menées par la France coloniale sur le territoire algérien. Un autre crime commis contre le peuple algérien.

L’instauration de cette journée, l’édification d’un Mémorial à Oran —ville par laquelle ont transité les équipements— rappelant ce crime contre l’humanité, la qualification d’explosions et non d’essais nucléaires, l’introduction de ce sinistre chapitre des souffrances de notre peuple dans le manuel scolaire, sont autant de propositions soumises, hier, par les participants au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaâl Echahid. Fatma-Zohra Benbraham, qui a consacré beaucoup de son temps et de son énergie à ce dossier, refuse que l’on parle d’essais. Il s’agit bien d’explosions, c’est pourquoi c’est cette terminologie, dit-elle, qu’il faut adopter pour qualifier ce qui a commencé un 13 février 1960, et dont les conséquences sont toujours perceptibles et les dégâts innombrables. Pour le vice- président de l’Association Taourit d’In Ikker (Tamanrasset), Tahraoui Abdelkrim, parler d’essais c’est parler de cobayes.
Et ce sont les habitants de cette région qui en ont fait les frais. Ceux à qui la France coloniale a donné le sobriquet de Population laborieuse des Oasis (PLO). Des cancers, des malformations... ont été recensés par cette association. Par la même occasion, il juge la loi française du 5 janvier 2010, relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie française, «vicieuse».
«La loi française reconnaît seulement 21 maladies radio-induites, alors que les Etats-Unis en reconnaissent plus de 45», un chiffre corrigé par maître Benbraham, qui, elle, parle de 36 pathologies. En subterfuge, La France, selon la conférencière, excelle. Et pour commencer, elle donnera un élément très important, celui de la préparation de son entrée dans le club des puissances nucléaires a la fin des années 1950. Toute la préparation s’est déroulée en Israël, qui détenait déja à l’époque l’arme atomique. Elle dira aussi que certaines explosions ont été extrêmement puissantes, d’autres ont été faites sans précaution vis-à-vis des populations. C’est uniquement le « secret défense » qui entourait ces expériences qui
avait fait qu’une population mal informée et soumise par le colonisateur croyait que les dégâts étaient minimes. Notre invité dira qu’elle détient une copie de ce rapport, grâce à des amis avocats français, qui ont travaillé sur cette question. Dans ce sillage, elle dira que c’est écrit noir sur blanc, que toutes les « expériences » ont été un échec. Les répercussions ont eu des effets sur les humains, les animaux et sur l’environnement. Et d’ajouter que la France est appelée à indemniser les victimes, l’arrêt du Conseil constitutionnel français, qui remet en cause la constitutionnalité de l'article 13 de la loi du 31 juillet 1963 qui a créé un régime d'indemnisation des personnes de nationalité française victimes de dommages physiques subis en Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, est en mesure de réparer les torts, et aussi doit obéir au principe «pollueur-payeur».
Nora Chergui


 

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