jeudi 18 octobre 2018 05:05:33

Banque d’Algérie, M. Loukal : « Bientôt une instruction pour le suivi du mouvement des capitaux »

La Banque d'Algérie (BA) promulguera incessamment une nouvelle instruction permettant de tracer le mouvement des capitaux et d'identifier leur origine

PUBLIE LE : 14-02-2018 | 0:00
D.R

La Banque d'Algérie (BA) promulguera incessamment une nouvelle instruction permettant de tracer le mouvement des capitaux et d'identifier leur origine, a indiqué, hier à Alger, le Gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Mohamed Loukal, relevant que les fonds en circulation dans le marché parallèle varient entre 2.500 milliards DA et 3.000 milliards DA.

Répondant aux questions des députés, lors du débat autour du rapport sur les évolutions financières et monétaires en 2016 et en 2017, à l'Assemblée populaire nationale (APN), M. Loukal a affirmé que cette nouvelle instruction s'inscrivait dans le cadre du renforcement de l'efficacité de la loi en vigueur relative à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, et qui a connu, selon lui, «une application restreinte». L'instruction permettra d'identifier le client et l'origine des fonds 48 heures après le dépôt, et ce à travers «un guichet des renseignements financiers», passé ce délai (48 heures) les fonds pourront circuler dans le réseau bancaire. «Une fois cette instruction promulguée, le client ne sera plus questionné sur l'origine des fonds qu'il souhaite déposer ou retirer. La procédure sera effectuée par des organes spécialisés», a ajouté M. Loukal, relevant que les agents des guichets concernés par le dépôt des fonds suivront une formation spéciale leur permettant de mettre en œuvre les dispositions de cette instruction. À noter que la procédure en vigueur au niveau des banques soumet les clients à un questionnaire sur l'origine des fonds, lors du dépôt et leurs canaux d'utilisation lors du retrait. Le Gouverneur de la BA a reconnu, à ce propos, avoir été destinataire de plusieurs plaintes de citoyens. La nouvelle instruction s'inscrit en outre dans le cadre des actions menées par la BA pour attirer la masse monétaire circulant dans le marché parallèle vers le circuit bancaire, estimée entre 2.500 milliards DA et 3.000 milliards DA, tandis que le restant de la masse monétaire en circulation hors circuit bancaire, estimée entre 1.500 milliards DA et 2.000 milliards DA, est thésaurisé par les privés, opérateurs économiques et les ménages. M. Loukal a indiqué, à ce propos, que les banques allaient orienter leur stratégie vers la mobilisation de ces épargnes thésaurisées, à travers plusieurs mesures dont la proposition de prix adéquats, la prise en compte des taux d'inflation, la modernisation de la médiation bancaire, la diversification des services et produits bancaires, et le développement des systèmes de paiement.

De nouveaux billets

M. Loukal a aussi annoncé le lancement prochain d'une opération de modifications techniques de certains billets de banque, en vue de leur sécurisation contre toute opération de falsification. L'opération concernera, dans un premier temps, les billets de 100 DA, 500 DA et 1.000 DA, avant de s'élargir progressivement à d'autres billets, a précisé M. Loukal. Ce changement s'inscrit dans le cadre du renouvellement ordinaire des billets de banque à l'effet de modifier certains aspects techniques des monnaies usitées depuis plus de 30 ans, a fait savoir M. Loukal. Ces nouveaux billets refléteront le développement économique et l'image moderne de l'Algérie, a ajouté M. Loukal. «Il ne s'agit pas de changer la monnaie nationale, a-t-il dit, en réponse à certains députés en faveur du changement de la monnaie, soulignant que «cette question (le changement de la monnaie) n'est pas à l'ordre du jour de la Banque centrale».

L’augmentation de l’allocation touristique  n’est pas à l’ordre du jour

Répondant aux questions des députés qui ont appelé à l'augmentation de cette allocation, M. Loukal a affirmé que la conjoncture difficile que traverse le pays ne permettait pas actuellement d'envisager son augmentation. Il a ajouté que l'Algérie comptait actuellement 10 millions de passeports biométriques et enregistrait un engouement croissant chaque année pour le tourisme à l'étranger, en contrepartie d'une érosion des réserves de changes, établies fin 2017 à 97,3 milliards USD, autant de données, a-t-il dit, qui ne permettent pas actuellement de revoir à la hausse l'allocation touristique. «Nous ne pouvons pas, dans ces conditions, mobiliser près de 5 milliards USD pour augmenter l'allocation touristique (...), même si l'on sait que 130 euros comme allocation touristique n'est pas suffisante», a souligné le Gouverneur de la BA. Les réserves de changes actuelles permettent de lancer des investissements et de répondre aux besoins prioritaires de l'économie nationale, a fait savoir le même responsable, estimant que l'augmentation de l'allocation de voyage est d'ordre secondaire.

Des députés appellent à l’autonomie  de la BA

Des députés à l’Assemblée populaire nationale   (APN) ont proposé hier d’accorder l’autonomie à la Banque centrale et d’améliorer la gouvernance au sein des banques afin de surmonter la conjoncture financière et économique difficile que traverse le pays. Les députés ont précisé que ces données seront plus utiles en matière de soutien des plans de développement du pays si elles sont présentées avant l’examen du projet de loi de finances de la nouvelle année.  Les intervenants ont mis l’accent sur l’importance d’accélérer l’organisation du marché parallèle de la devise afin de l’insérer dans les canaux bancaires officiels de manière à attirer davantage les fonds des   émigrés et faciliter les opérations de transfert interbancaires (banques publiques et annexes), appelées à s’acquitter de leur mission à l’étranger. M. Toufik Torch, du Front de libération nationale (FLN) a relevé la faible dynamique bancaire et son impact sur le développement économique, ce qui nécessite l’amélioration de la performance des banques et établissements financiers, à travers la définition des outils de l’activité bancaire, la modernisation du système et moyens de paiement et la révision des mesures financières. L’intervenant a plaidé pour une contribution efficace au développement des investissements dans les secteurs public et privé, à travers les crédits et les ressources financières disponibles.  Le député Ismaïl Mimoune, du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a mis en exergue l’importance de renforcer le contrôle sur les transactions dans le cadre du commerce extérieur, pour mettre un terme à la surfacturation qui coûte cher à l’État. Il s’agit également de durcir la lutte contre le trafic et transfert illégal de devises vers l’étranger, à travers la création d’agences légales de changes qui autorisent le transfert de devises et encouragent le change au niveau des banque et l’attrait des fonds de la communauté nationale. Le député Hicham Cheghoum, du Parti des travailleurs (PT), a affirmé que le gouvernement s’engageait à protéger l’argent du peuple à travers le suivi  de la gestion des subventions de l’État et l’offre de produits bancaires adaptés aux besoins des clients, de manière à promouvoir le marché des capitaux. Le rapport en question manque de crédibilité et ne renferme pas   suffisamment de preuves objectives, selon un   député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), estimant que le débat de ce rapport était nécessaire, avant l’élaboration de la loi de finances. Le député du Rassemblement national démocratique (RND) a souligné la nécessité d’exploiter la compétitivité dans les domaines agricole, touristique et des services, et des petites et moyennes entreprises (PME), et de cesser l’orientation vers les secteurs qui dépensent des fonds colossaux, en contrepartie d’un faible rendement. À cet effet, il a formulé le vœu de voir la banque reprendre son rôle de régulateur du marché national, pour préserver la monnaie nationale des effets de l’inflation. Les députés ont conclu à la nécessité d’accorder un intérêt à la modernisation et de renforcer la contribution des secteurs de l’agriculture, du tourisme et des services à l’économie nationale, avec le recours à l’industrie des matières premières, des équipements et matériaux, pour limiter   l’importation, affirmant que la production ne doit pas consister uniquement au montage de pièces et au recyclage des matières premières importées, mais exige aussi L’ouverture d’unités destinées à garantir la matière première aux usines. (APS) 

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