lundi 26 fvrier 2018 04:41:48

Solidarité : l’innovation féminine en milieu rural

Elles ont, avant tout, choisi d’avoir une meilleure qualité de vie. Elles habitent loin des villes, et les valeurs du milieu rural, elles souhaitent les partager à travers leurs innovations dans le cadre du concours «El- Mara-Tounchii» (la femme innove), organisé par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

PUBLIE LE : 14-02-2018 | 0:00
D.R

Elles ont, avant tout, choisi d’avoir une meilleure qualité de vie. Elles habitent loin des villes, et les valeurs du milieu rural, elles souhaitent les partager à travers leurs innovations dans le cadre du concours «El- Mara-Tounchii» (la femme innove), organisé par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

C’est demain que le ministère de tutelle procédera à la clôture des délais de dépôt des dossiers de cette compétition pour les meilleurs projets ruraux.
Afin d’assurer une large participation des femmes rurales intéressées par ce créneau, ce délai a été prolongé de plus d’un mois, la date limite initiale étant fixée au préalable au 31 décembre 2017. Le concours a pour but d’encourager l’entrepreneuriat féminin en milieu rural, et de mettre en évidence la contribution de la femme rurale dans l’économie nationale et sa participation au développement communautaire. «El Marâ Tounchiî» est une compétition qui prime les femmes porteuses de projets et entrepreneures à succès. Elle reconnait leurs réalisations exceptionnelles et leur apporte une visibilité nationale. De plus, elle leur permet de sortir de la solitude et avoir de nouveaux contacts. Ce concours est ouvert à toutes les femmes actives dans le domaine agricole et rural, individuelle, en coopérative ou dans un cadre associatif, ainsi qu’à toutes les femmes bénéficiaires des différents programmes et dispositifs d’aide à l’emploi

Ces femmes ont besoin  d’orientation et de conseils

La femme travaille jour et nuit pour nourrir sa famille. Elle est la première à se lever le matin et la dernière à se coucher. Souvent vers 5 heures, elle est déjà levée, soit pour s’occuper des enfants qui doivent aller à l'école, soit pour s’occuper des vaches. À 8h, elle va, après avoir déjà parcouru des kilomètres, au champ pour la cueillette d’olives, entretien des maraichers … Le retour au village est prévu vers 16h30. Le petit élevage de poulets et même de quelques brebis et chèvres l’attend encore. Ces femmes cultivent les champs, élèvent du bétail, collectent l'eau et le bois et prennent soin de leurs familles. Des tâches traditionnelles, qui font pourtant de ces femmes rurales la clé de la sécurité alimentaire. Elles constituent une part importante des producteurs agricoles et jouent un rôle crucial dans l'approvisionnement en denrées alimentaires de leurs familles et du pays. Toutefois, et malgré les efforts pour la promotion du rôle des femmes rurales, la quantification et la valorisation de leur travail restent insuffisants. Elles ont besoin d'un renforcement de leurs capacités, d'organisation en groupes d'initiative commune dirigés par les femmes qui habitent le village. Elles ont besoin également d'informations et de conseils pour des projets «bancables» afin d'obtenir des financements. Mettre à leur disposition du matériel, des intrants et même des moyens de transports pour écouler leurs produits agricoles. Il faut enfin que les femmes rurales s'impliquent, à l’aide de financements, dans la transformation et la conservation de leurs produits. Offrir aux femmes de plus grandes possibilités de cultiver leurs propres récoltes et les vendre, d'avoir un travail rémunéré dans l'industrie agro-alimentaire, ou d'assumer d'autres activités rémunérées dans le milieu rural est essentiel pour accroître leur pouvoir de négociation au sein du foyer et peut légitimer leur contrôle sur la terre ou le crédit.

Convention avec l’agriculture pour faire émerger les familles productives

L’intérêt du gouvernement pour la femme rurale et ses droits s'est traduit par la création d’une commission nationale regroupant plusieurs secteurs et présidée par la ministre du secteur. Cette commission a accompli un travail «colossal» pour la mise en place d’un programme quinquennal s’étalant de 2015 à 2019. Le gouvernement examine l’idée de soutenir la commercialisation des produits de la femme rurale en créant des espaces permanents ou itinérants à travers les communes, puis les wilayas, avec la perspective de trouver des opportunités d’exportation de ces produits. Une convention avec le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche a été déjà signée «pour favoriser et optimiser l’intégration de la femme rurale», a souligné la ministre de la Solidarité, précisant que son département ambitionne de faire émerger «les familles productives dans les métiers agricoles». Toutefois, un grand écart existe entre le discours et la réalité. En effet, les femmes vivant en milieu rural continuent de contribuer quantitativement et qualitativement au développement agricole du pays mais leurs activités, souvent à caractère informel, restent largement sous-estimées dans les statistiques. Selon les données de l'ONS, moins de 3% des femmes en Algérie activent dans le secteur agricole. Par ailleurs et en dépit des instructions données aux banques pour faciliter l’octroi des crédits aux agriculteurs, celles-ci ne suivent pas les développements en cours dans les zones rurales, ni les mesures devenues réalité. Absorbée par ses batailles quotidiennes et diligentes dans les montagnes, dans les forêts, des reliefs ou encore dans les zones arides du sud du pays, la femme rurale contribue de manière remarquable au développement durable… Une vraie «militante» qui mérite un hommage en permanence et un appui sans conditions.
Farida Larbi
 

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