lundi 28 mai 2018 05:51:11

M. Mohamed Loukal, Gouverneur de la Banque d’Algérie, à l’APN : « La croissance a atteint 2,2 % »

Les réserves de change à 97,3 milliards de dollars

PUBLIE LE : 13-02-2018 | 0:00
Ph. Wafa

La masse monétaire a reculé
Hausse de plus de 12 % des crédits à l’économie

«La masse monétaire circulant hors circuit bancaire a reculé de 105 milliards de dinars en décembre 2017», a déclaré, hier à l’APN, le gouverneur de la Banque d’Algérie.

En présentant le rapport lié aux évolutions financières et monétaires en 2016 et en 2017, Mohamed Loukal a précisé, abondant en chiffres, qu’en une année, de fin septembre 2016 à la même période de 2017, le montant de la monnaie fiduciaire est passé de 4.780, dont 1.500 mds de DA à 2.000 mds de DA représentent l’argent thésaurisé des agents économiques, à 4.675 milliards de dinars. Et trouve la réponse à ce résultat dans l’instruction de la Banque d'Algérie fixant les nouvelles conditions de domiciliation des opérations d'importation des biens destinés à la revente en l'état, qui «vise à réguler les étapes devant présider l’acte d’importation de biens destinés à la revente en l’état, son financement et les conditions de sa réalisation, jusqu’au règlement final». Ces nouvelles dispositions rendent, désormais, obligatoire la domiciliation de toutes les importations relevant de la revente en l’état, et ce, préalablement à toute expédition des marchandises à destination du territoire douanier algérien. Il sera aussi exigé de constituer une provision financière préalable, couvrant 120% du montant de l’importation, au moment de la domiciliation, devant intervenir au moins 30 jours avant l’expédition des marchandises, note cette nouvelle instruction.
Ces nouvelles exigences visent à «réhabiliter l’acte de domiciliation en tant qu’instrument de mise en force du contrat d’achat ou de la commande» et à «mettre en adéquation l’allocation des ressources nécessaires, en matière de change, aux opérations d’importations». M. Loukal considère, en effet, que la nécessité de contacts directs, notamment en contexte de persistance du choc externe, «est plus que jamais de mise, pour permettre un enrichissement partagé et bénéfique sur les moyens à mettre en œuvre dans la recherche permanente de la stabilité de la place bancaire et financière». Dans cette optique, M. Loukal relève l’impératif de voir les banques commerciales ériger au rang de «priorité» la collecte de ces ressources «considérables» circulant hors les banques. Abondant en chiffres, M. Loukal souligne que malgré un recul de 8% des dépôts du secteur des hydrocarbures, les dépôts bancaires ont progressé dans l’ensemble en 2017 pour se situer à 9.602 mds de DA.

Taux de change du dinar : recul de 15,36 %  par rapport à l’euro en 2017

Dans son rapport, le gouverneur de la Banque d’Algérie est revenu sur l’inflation, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, précisant qu’après le pic de 8,9% en 2012, corollaire des augmentations salariales, et le recul en 2013 et 2014, avec respectivement des taux de 3,26% et 2,92%, l’inflation a tourné autour des 7% depuis mars 2017 pour en finir l’année à 5,6%. Sans l’intervention de la politique monétaire, l’inflation, aux yeux de M. Loukal, aurait été plus sévère.
D’autre part, M. Loukal a noté, à propos du taux de change de la monnaie nationale, un  recul de 15,36 % par rapport à l’euro en 2017, contre  une croissance de 0,59% en 2016. Plus explicite, il précise que «ce  n’est pas la valeur du dinar qui a baissé, mais c’est l’euro qui a fortement progressé face au dollar en 2017». Sur sa lancée, M. Loukal relève, à propos des orientations économiques de 2017, qu’elles sont semblables à celles de 2016 : une «légère» baisse des importations et, conséquence corollaire, recul du déficit commercial.

« La baisse des réserves de changes réduit la marge de résistance aux chocs externes »

Dans son intervention, le premier responsable de la BA a précisé que les réserves de change de l'Algérie se sont établies à 97,3 milliards de dollars à la fin décembre 2017. Les réserves de change étaient, souligne-t-il, à 114,1 milliards de dollars à la fin décembre 2016, ce qui donne une baisse du matelas de devises de l'ordre de 16,8 milliards de dollars entre fin décembre 2016 et fin décembre 2017. Une baisse, soutient-il, qui risque de ne pas être sans conséquences quant à la capacité de «faire face aux chocs externes». D’autre part, M. Loukal annonce que l’économie algérienne a enregistré une croissance de 2,2% en 2017. Le déficit global de la balance des paiements a été quant à lui de 23,3  mds usd  en 2017, contre 26,3 mds usd en 2016. S’agissant des exportations des hydrocarbures, M. Loukal annonce un recul en volume après une hausse de 10,8% en 2016, alors que leur valeur a progressé à 31,6 mds usd  à la fin 2017, contre 27,9 mds usd en 2016. Même tempo pour les exportations hors hydrocarbures. Résultat : recul à 1,3 md usd, contre 1,4 md usd en 2016. Dans le même ordre d’idées, le gouverneur de la BA a indiqué qu’à fin septembre 2017, les recettes budgétaires effectives ont été de 4.740 milliards de DA contre 3.606 mds de DA en septembre 2016, soit une  hausse de 21,5%.  Les dépenses budgétaires sont restées quasi stables à 5.535 mds de DA à septembre 2017. Ainsi, le déficit budgétaire a fortement reculé à 795 mds de DA durant les premiers mois de 2017, contre un déficit budgétaire de 1.567 mds de DA à la même période en 2016.   
Fouad Irnatene

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