vendredi 19 octobre 2018 19:48:42

Éducation : Faire prévaloir le dialogue

M. Zemali appelle le CNAPESTE à mettre fin à sa grève et à respecter les décisions de justice.

PUBLIE LE : 13-02-2018 | 0:00
D.R

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, M. Mourad Zemali, a appelé, hier, les enseignants grévistes relevant du syndicat Cnapeste à mettre fin à leur débrayage, et à faire prévaloir le dialogue, «pour l'intérêt des élèves et du pays». «Nous avons demandé aux représentants du syndicat de faire prévaloir le dialogue et de placer l'intérêt des élèves et du pays au-dessus de toute considération», a indiqué M. Zemali, dans une déclaration à la presse, à l’issue de l'audience accordée aux représentants du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation (CNAPESTE).

Il a estimé que la situation engendrée par la grève continue, qui dure depuis plusieurs semaines, mène à «la discorde (fitna) qui n'est dans l'intérêt d'aucune partie». «La réunion d’aujourd’hui (ndlr, d’hier) n’avait pas pour objet de débattre des revendications du CNAPESTE, ni de leur légitimité», tiendra à préciser le ministre. «Nous leur avons juste demandé d’arrêter la grève car les lignes rouges sont dépassées», a-t-il indiqué. Il enchaîne par son appel solennel lancé en direction du Cnapeste. Par des propos empreint de beaucoup de sagesse mais aussi d’un sens de responsabilité, le ministre met en relief dans son appel l’existence de «risque de dérapage». «J’invite le Cnapeste à faire attention, sa responsabilité est engagée devant le peuple et devant l’histoire», a-t-il soutenu.
La quête de «l’apaisement», soit la concertation autour des voies et moyens devant favoriser un terrain d’entente, c’était là le principal objectif gagé à travers l’audience accordé par le ministre M. Zemali aux représentants du Cnapeste. «Aujourd’hui, il n’est pas opportun de parler de revendications, ni des mesures à prendre, le but de la rencontre et de chercher l’apaisement. Je crois en la bonne foi des responsables du CNAPESTE», insiste encore une fois le même représentant du gouvernement, optimiste. Il n’exclut par ailleurs le fait que dans le sillage de la grève qui secoue le secteur de l’Education depuis plusieurs semaines, il y ait «malentendu entre les responsables de tutelle et le syndicat».
Cela «c’est possible», dit-il. Cependant, ce que le ministre rejette en bloc, c’est surtout ce concept de « grève illimitée» dépourvu de tout fondement juridique dans la législation algérienne. «Il n'existe pas dans le code du travail quelque chose qui s'appelle grève illimitée, le CNAPESTE doit appeler à la reprise du travail», argue-t-il.
Pour sa part, le CNAPESTE, par la voix de son coordinateur national, M. Salim Oulha, a souligné que le syndicat qu’il représente est surtout venu «demander la médiation du ministre pour favoriser un vrai dialogue avec la tutelle. En attendant nous maintenons notre grève».
Quant à l’arrêt de la grève, c’est là une décision qui relève a-t-il indiqué «des compétences du Conseil national du syndicat». «Le respect des lois de la République doit être la préoccupation de toutes les parties, et les mesures coercitives prises par l'administration ont eu un effet aggravant sur la situation», fera observer M. Salim Oulha pour qui «la solution est dans l'application des accords conclus».

« Si le droit syndical est un droit constitutionnel, celui de la scolarité l’est aussi »

Rappelant par ailleurs, que le ministre du Travail, M. Mourad Zemali, avait également rencontré dimanche dernier les partenaires sociaux signataires de la Charte d'éthique du secteur de l'éducation nationale. Il a saisi l’occasion pour appeler les enseignants grévistes à regagner leurs postes, soulignant que «le droit syndical est un droit consacré par la Constitution et doit être exercé dans le cadre de la loi», mais, a-t-il dit, «il y a des lignes rouges que tout un chacun doit respecter». Déplorant le fait que «ces lignes» en question n'ont pas été respectées par les enseignants affiliés au CNAPESTE, le ministre a précisé qu'il a été rappelé aux enseignants les règles de l'exercice du droit syndical et les moyens de prévention des litiges à travers un communiqué, dans le but «d'éclairer l'opinion publique». «Si le droit syndical est un droit constitutionnel, le droit à la scolarité l'est aussi, et le CNAPESTE doit le respecter», a martelé le ministre qui a rappelé la décision de justice concernant «l'illégalité» de cette grève et à laquelle tout un chacun doit se conformer. Le ministre a appelé enfin à la nécessité d'appliquer les décisions des juridictions compétentes, à reprendre le travail avant d'introduire des appels contre ces décisions, tout en soulignant l'importance du dialogue comme «solution idoine pour régler les conflits et éviter, ce faisant, les situations qui nuisent à l'économie nationale et à l'avenir des générations futures». Pour rappel, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale avait indiqué samedi dernier que le constat fait par les services de l'Inspection du travail sur le terrain révèle que «la majorité des débrayages ne respectent pas les dispositions juridiques régissant le droit de grève, ce qui fait tomber les syndicalistes et les travailleurs concernés sous le coup de la loi et les exposent à des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement».
La délégation signataire de la Charte d'éthique du secteur de l'Education nationale le 29 novembre 2015 reçue par le ministre est composée de l'Union nationale des personnels de l'éducation (UNPE), la Fédération nationale des travailleurs de l'éducation (FNTE), le Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE), le Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l'éducation nationale (SNCCOPEN), le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement primaire (SNAPEP), et la Fédération nationale des associations de parents d'élèves.
Salima Ettouahria

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La grève dans le pays

Suivi mitigé dans le sud
Des groupes d’enseignants ont observé hier des sit-in devant les sièges des directions de l’éducation de wilayas du Sud, en réponse à un appel lancé par le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE) pour appuyer des revendications socioprofessionnelles. Des dizaines d’enseignants des wilayas d’Ouargla, Illizi et Laghouat ont hissé, lors de leurs sit-in devant les sièges de leur direction de l’éducation, des banderoles appelant à faire aboutir les revendications soulevées par le Cnapeste, ont constaté des journalistes de l’APS. Approchés par l’APS, des représentants de cette organisation syndicale ont fait état de la lecture de motions contenant une série de revendications soulevées aux pouvoirs publics. Ils ont indiqué que la grève illimitée à laquelle a appelé le Cnapeste se poursuivra jusqu’à faire aboutir les revendications qu’ils ont qualifiées de «légitimes». Les autres wilayas du Sud, dont Tindouf, Adrar et Ghardaïa, n’ont pas enregistré de sit-in ou de débrayage, en réponse à l’appel du Cnapeste.

Rassemblement du CNAPESTE à Tizi Ouzou
Lors de ce rassemblement, les membres du bureau de wilaya du CNAPESTE ont réaffirmé leur «solidarité» avec leurs collègues des wilayas de Bejaia et de Blida ainsi qu’avec tous les enseignants qui ont suivi le mot d’ordre de   grève nationale illimitée depuis le 30 janvier dernier, et qui a connu un suivi de moins de 1% (moyenne représentant le nombre des grévistes sur la totalité des enseignants de la wilaya au niveau des trois cycles) selon la direction de l’éducation et de plus de 65% (taux calculés sur le nombre des enseignants affiliés au CNAPESTE qui sont en grève) selon ce syndicat,   rappelle-t-on. Lors de ce rassemblement, les participants ont brandi des banderoles sur lesquelles ils ont écrit de slogans réaffirmant leur solidarité syndicale et leur adhésion aux actions du bureau national. Rencontré lors de ce sit-in, un membre du bureau de wilaya de Tizi-Ouzou, chargé de communication du CNAPESTE, Hakim Graiche, a rappelé les   principales revendications du syndicat qu’il représente, dont «la nécessité du respect total de l’accord signé par le ministère et le syndicat, l’annulation des retenus aléatoires des jours de grève dans les wilayas de Blida et de Bejaia, l’ouverture des négociations basées sur la médecine du travail, la mise à jour de la prime de zone (Sud et Haut Plateaux) et sa comptabilisation selon la grille de salaire actuelle, le dossier du logement et les salaires des grévistes.   

Protestation contre les mesures de radiation à Bouira
Plus de 300 enseignants affiliés au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste) ont observé hier un sit-in devant le siège de la direction de l’Education de la wilaya pour protester contre les dernières décisions de licenciement et de radiation prises à leur encontre par le ministère de tutelle. A travers des banderoles qu’ils portaient et les pancartes qu’ils brandissaient, les enseignants du Cnapeste, en grève depuis fin novembre dernier, ont réitéré leur «détermination à poursuivre leur résistance» et leur mouvement de grève qualifié de «légitime» pour «préserver la dignité de l’enseignant». «Nous ne demandons que nos droits, le Cnapeste ne va pas céder», scandaient les enseignants protestataires issus des trois paliers d’enseignement notamment du secondaire qui brandissaient des banderoles sur lesquelles était écrit «Samidoun samidoun, Lilidrab mouassiloun» (Nous résistons nous résistons, et poursuivons la grève), est-il écrit sur leurs banderoles. Les enseignants protestataires ont exprimé leur rejet total des dernières mesures de radiation et de licenciement décidées par la ministre du secteur, Nouria Benghebrit. Les enseignants grévistes affiliés au Cnapeste appellent, en premier lieu, à «l’annulation de la mesure de ponction sur salaires» instaurée par le ministère de tutelle à travers les différentes académies du pays suite à leur mouvement de grève qualifié d’injustifié, alors que les enseignants grévistes jugent que les ponctions sur salaires décidées par le ministère de l’Education «est une atteinte au droit syndical.» Depuis plus de quinze jours, plusieurs établissements scolaires, notamment ceux de l’enseignement secondaire, sont paralysés par un mouvement de grève enclenché par les enseignants du Cnapeste, prenant ainsi en otage l’avenir scolaire des élèves. De leur côté, les parents d’élèves sont en colère et demandent des solutions pour la reprise des études pour leurs enfants.  

Faible engouement à l’Ouest
Plusieurs sit-in ont été organisés, hier, par les enseignants grévistes devant les sièges des directions de l’éducation de certaines wilayas dans l’ouest du pays pour appuyer les revendications de leur syndicat, le Cnapeste. Toutefois, ces sit-in n’ont pas drainé grandes foules, ont constaté des journalistes de l’APS dans plusieurs wilayas. A Tissemsilt, par exemple, seule une centaine de grévistes ont pris part à ce rassemblement sur les 4.600 enseignants que compte la wilaya. A El Bayadh, le rassemblement de protestation n’a réuni que 20 enseignants, c’est le cas également de la wilaya de Saïda où seuls 150 grévistes ont pris part à un sit-in devant le siège de la direction de l’éducation.  Dans les autres wilayas, Comme Aïn Temouchent, Tlemcen, Nâama et Oran, ce sont des sit-in timides qui ont été organisés.

Sit-in à l’Est
Des dizaines d’enseignants affiliés au   Syndicat national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) ont observé un sit-in devant les directions de   l’éducation de plusieurs wilayas de l’Est du pays.  A Constantine, des enseignants se sont rassemblés devant la direction de   l’éducation à Koudiat, avant d’être rejoints par les étudiants de l’Ecole   normale supérieure Assia Djebar qui s’étaient auparavant regroupés devant   le palais de la culture Mohamed Laïd Al Khalifa, avant de se diriger vers   la direction de l’éducation au milieu d’un important dispositif de   sécurité.  Selon le coordinateur de wilaya du Cnapeste, Rabah Boudjehcha, le taux de   suivi de la grève varie d’un établissement à un autre avec 70 % au   secondaire, 60 % au moyen et entre 30 % et 40 % au primaire.  A Bordj Bou Arreridj, ils étaient 300 enseignants, selon le Cnapeste, une   centaine, selon la direction de l’éducation, à s’être rassemblés devant le   siège de la direction de l’éducation.  Cette dernière a estimé à 25 % le taux de suivi du débrayage dans le   secondaire et à 10 % dans les autres paliers.  Des dizaines d’enseignants affiliés au Cnapeste se sont également   regroupés à M’sila devant le bâtiment de la direction de l’éducation en   levant des banderoles pour affirmer la légitimité de leurs revendications   et dénoncer «le licenciement de certains enseignants grévistes».  Le coordinateur du Cnapeste à Skikda, Abdelaziz Hamrouche, a estimé le   taux de suivi de la grève entre 70 % et 80 % dans les lycées. (APS)

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