lundi 28 mai 2018 06:03:56

Turquie-Otan-Occident : À la croisée des Chemins ?

Ankara à la croisée des chemins. Etirée politiquement et culturellement entre les deux rives de l’Orient et de l’Occident, la Turquie fait sa mue.

PUBLIE LE : 13-02-2018 | 0:00
D.R

Ankara à la croisée des chemins. Etirée politiquement et culturellement entre les deux rives de l’Orient et de l’Occident, la Turquie fait sa mue. D’abord avec l’UE, ou les rapports diplomatiques se sont nettement détériorés depuis le fameux referendum constitutionnel, cette crispation s’est accompagné par des déclarations au vitriole de part et d’autres ainsi que par un alignement européen, sans surprise d’ailleurs, sur la non adhésion de ce pays à la sphère de Bruxelles. Cette crise a constitué un facteur majeur de l’éloignement d’Ankara non seulement de l’UE mais par ricochet de l’Otan aussi dans laquelle le pays d’Erdogan est membre depuis 1952. Cette crainte tend à se préciser après les déclarations du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu. Celui-ci a souligné que les relations entre son pays et les Etats- Unis cette fois ci, sont à un «moment critique » et risquent de «s'effondrer complètement». «Nos relations sont à un moment très critique : soit nous améliorons nos relations, soit elles vont s'effondrer complètement», a déclaré Mevlüt Cavusoglu à la veille de sa rencontre avec le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson. Les rapports entre Ankara et Washington, déjà tendus depuis le putsch manqué de juillet 2016, se sont davantage détériorés en raison du soutien de Washington à une milice kurde syrienne que la Turquie considère comme «terroriste » et contre laquelle elle a lancé le 20 janvier une opération militaire dans l'enclave syrienne d'Afrine. Depuis le début de cette offensive, la Turquie a averti à plusieurs reprises Washington qu'elle pourrait ensuite avancer vers Minbej à l'est d'Afrine, également contrôlé par la milice des Unités de protection du peuple (YPG) mais avec des militaires américains à ses côtés. Le président Recep Tayyip Erdogan a appelé les soldats américains à se retirer de Minbej pour éviter toute confrontation directe entre les deux pays, alliés au sein de l'Otan. Justement c’est cette appartenance qui, aujourd’hui, se trouve menacée. Récemment, Jens Stoltenberg, SG de l’Otan, avait émis l’espoir de voir un consensus se dégager dans la crise qui oppose la Turquie avec l’Allemagne et les Pays Bas. «Pendant le Brexit, le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a fondé sa campagne sur la confrontation avec la Turquie. Or, aujourd'hui les Pays-Bas et l'Allemagne agissent d'une manière similaire. Ne pas laisser Erdogan intervenir lors du sommet du G20, c'est un grand scandale. La Turquie s'éloigne de l'Europe», a-t-il déclaré. Un scénario fort préjudiciable pour l’EU qui peine à retrouver sa vitalité économique. Pour Ankara, puissance économique, le regard est déjà tourné vers l’organisation de coopération de Shangani, donc vers la Chine et la Russie. Un axe Ankara- Moscou-Pékin qui étendrait ses ramifications vers les autres pays du Brics, serait un contre poids idéal pour la refonte d’un monde qui a tendance à redevenir unipolaire.    M. T.

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