lundi 28 mai 2018 06:01:25

Journées d’information sur la mosaïque d’Algérie : témoignages visuels précieux

Dernières retouches sur la restauration de la statue d’Ain Fouara

PUBLIE LE : 12-02-2018 | 0:00
Ph : Nesrine

L’art de la mosaïque, un des plus beaux atouts patrimoniaux de l’Algérie, tant sur le plan culturel que touristique constitue un témoignage visuel précieux de notre histoire passée et de nos talents. Une journée d’information a eu lieu hier au Palais de la culture, Moufdi-Zakaria.

En présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui a procédé à l’installation du Comité pour la conservation des mosaïques et de son bureau exécutif, réunissant des professionnels spécialistes de la mosaïque, et des missions d’étude, de sauvegarde et de valorisation de ce patrimoine lui ont été confiées. Outre ces missions, le Comité pour l’étude et la conservation des mosaïques (CNECOM) se fixe pour objectif de sensibiliser le plus grand nombre, et en particulier, de décideurs à la nécessité de préserver ce trésor.
Azzedine Mihoubi a plaidé pour l’utilisation des nouveaux supports techniques et technologiques de la préservation, restauration et recherche de la mosaïque. Au plan pratique, le ministre a appelé à faire preuve de créativité pour mettre en valeur ce patrimoine mosaïque.
«L’exposition de la mosaïque en Algérie est souvent conçue de manière archaïque. Au musée de Timgad par exemple, il y a pas moins de 86 œuvres mosaïques qui ne sont pas assez mises en valeur.
Il s’agit d’une œuvre qui égale une toile qu’on peut éventuellement déplacer», a-t-il noté. En présence de nombreux experts et universitaires, cette journée d’étude organisée par le Centre national de recherche en archéologie (CNRA) et l’ENRCBC sous l’égide du ministère de la Culture, a été présidé conjointement par Azzedine Mihoubi et Mounir Bouchenaki, expert algérien en archéologie, conseiller auprès de l’UNESCO et membre du CNECOM. Le Comité rassemblera des professionnels confrontés à des questions patrimoniales, ainsi que des chercheurs universitaires et des restaurateurs, afin d’étudier la manière dont se construit, se conserve et s’enrichit le patrimoine mosaïstique de l’Algérie. Azzedine Mihoubi a félicité le CNRA pour son professionnalisme et la constitution du comité regroupant des compétences faisant partie de son effectif. « Je félicite le nouveau souffle du travail du CNRA qui œuvre à diversifier ses activités basées sur la recherche académiques, le travail continu de ses experts sur le terrain ainsi que la recherche de partenariat avec les universités ou experts étrangers qui sont la constituante de ce comité. Pour la première fois, un centre culturel algérien crée un comité avec une ouverture de sa composante sur des compétences faisant partie de son effectif», a-t-il souligné.
De son coté, Toufik Hammoum, directeur général du CNRA, a présenté le programme d’action du CNECOM qui devrait créer une base de données sur la richesse de la mosaïque en Algérie intitulé «Afous» ; élaborer un système en trois dimensions de toutes les œuvres mosaïques du patrimoine algérien et les mettre dans le projet de la création du «corpus de la mosaïque algérienne » ; créer un comité national central avec l’aide des étudiants, et trouver les mécanismes adéquats pour valoriser et restaurer les œuvres mosaïques en collaboration avec les experts et organisations internationales ; la création d’un centre de documentation et d’archives pour pouvoir explorer et récupérer les anciennes œuvres mosaïques ainsi que organiser des ateliers et journées d’études thématiques sur la recherche académique et les travaux sur le terrain.
Ce patrimoine millénaire est riche et varié. Le nombre de mosaïques à prendre en charge par les professionnels du patrimoine s’est accru considérablement au cours des dernières années. Cette situation entraine, implicitement, l’augmentation de pavements en situation précaire pour lesquels une étude scientifique et une restauration professionnelle s’imposent, afin de garantir leur sauvegarde et leur valorisation, ce qui représente un véritable défi pour un riche pays sur le point de vue du patrimoine comme l’Algérie. «L’Algérie est un pays de mosaïque par excellence, il y a pas moins de 6000 m2 de mosaïque uniquement à Cherchell, sans oublier d’autres sites pas très connus, et dont les recherches sont toujours en cours, et le sol algérien ne cesse d’exhumer ses trésors cachés».
« Les mosaïques du site de Tazoult-Lambèse sont en cours de restauration avec notamment la célèbre mosaïque «La tigresse». Une partie des mosaïques de ce site ont été endommagées mais les travaux de restauration sont en cours», a encore lancé le ministre de la Culture.

Dernières retouches sur la restauration de la  statue d’Ain Fouara

Au sujet de l’acte récent de vandalisme dont a été victime la statue d’Ain Fouara à Sétif, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a déclaré que sa restauration avance bien, et qu’elle sera livrée très prochainement. Il a par ailleurs affirmé que l’opération n’a pas couté cher, assuré par des experts algériens qui ont travaillé avec passion et dévouement pour restaurer ce pan de l’histoire de la ville de Sétif.
«L’archéologue Abdelkader Bensaleh, qui n’est plus à présenter, a travaillé dans des conditions pas faciles avec les rudes conditions climatiques et les soucis de proximité. Nous tenons à le remercier pour son engagement au service de la culture algérienne», a-t-il lancé avant d’insister sur la volonté de son portefeuille, et de la politique de la République algérienne, qui dénonce et combat la volonté maléfique de détruire l’identité des nations et des peuples. «Cet extrémisme a commencé par la destruction du patrimoine archéologique de Budha en Afghanistan et depuis, il ne cesse de gagner du terrain. L’Algérie est un pays musulman et conservateur, mais c’est aussi une terre de culture et de civilisation. Nous dénonçons et combattons ce genre d’extrémisme», a-t-il martelé avant d’annoncer l’organisation prochaine d’une rencontre sur le trafic des œuvres d’art, avec la participation d’experts en archéologie, de la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), de la gendarmerie nationale et des services de douanes. «Nous allons mettre l’accent sur l’étude des nouvelles méthodes utilisées dans le monde pour traquer les trafiquants d’œuvres d’art, notamment avec l’utilisation de la toile. Nous allons recevoir des experts italiens, pays riche en patrimoine matériel et qui a été victime de plusieurs tentatives de trafic d’œuvres d’art de l’époque romaine et de toiles plastiques. L’Italie a créé un service de police spécialisée en trafic d’œuvres d’art, nous essayerons de débattre autour de ce sujet plus tard», a-t-il fait savoir.
De son coté, Mourad Bouteflika, directeur du patrimoine au ministère de la Culture, a présenté, dans son allocution, le travail de son département dans la sauvegarde et la promotion du patrimoine avant de céder la parole à Sabah Ferdi et Naima Abdelouahab pour une allocution sur les états des lieux de l’étude et de la conservation de la mosaïque en Algérie. De son coté Amina-Aicha Malek a expliqué la mission archéologique algéro-française sur le site de Tazoult-Lambése ainsi que la présentation du programme d’action du CNECOM.
La journée d’information a été clôturée par une série d’hommage, d’abord à la vie et à l’œuvre de Michèle Blanchard-Lemée, puis une remise d’attestation aux artisans restaurateurs pour leurs engagements professionnels dans la sauvegarde du patrimoine mosaïstique en Algérie, à titre posthume à la mémoire de Kasdi Kaci, premier mosaïste d’Algérie, Ben Zada Djelloul et Nedjar Belkacem, artisans mosaïstes à Cherchell et Tipaza.
Le ministère de la Culture a également remis des distinctions aux retraités Mohamed Bouyakoub, Abdelkader Bensaleh et Mouloud Derram archéologues et restaurateurs des mosaïques.
Kader Bentounès
 

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