mercredi 15 aot 2018 17:52:20

Solidarité : Au chevet des SDF

Sans domicile fixe, sans travail et souvent sans famille, ils sont à la dérive sur les trottoirs de la capitale…

PUBLIE LE : 10-02-2018 | 0:00
D.R

Sans domicile fixe, sans travail et souvent sans famille, ils sont à la dérive sur les trottoirs de la capitale…
 et s'ils parviennent à éviter le pire, c'est uniquement grâce à une poignée d'associations caritatives, au Samu social  et aux services de sécurité et de la wilaya qui les sauvent de la mort, en ces nuits glaciales.

On s'émeut en voyant un homme, une femme ou un enfant allongés sur un trottoir, emmitouflés sous plusieurs couches de vêtements ou au mieux sous une couverture de fortune. On les repère spontanément dans la rue puis on passe notre route…  Eux, qui composent le décor quotidien de la capitale, des scènes poignantes où des hommes hirsutes ne font apparaître que des regards hagards, des femmes avec leurs enfants tapis dans un coin de rue sur des cartons humides, des vieux finissant leurs vie dans la misère et le dénuement, la rue est devenue leurs mouroirs… 
La capitale compte à elle seule, plus de 400 personnes qui dormiraient dans les rues. 95% de ces  SDF seraient issus des wilayas de l’intérieur et refusent de retourner dans leur ville de provenance, disent les responsables de la wilaya d’Alger tout en précisant que la Direction des œuvres sociales de la capitale dispose d'un budget propre à prendre en charge les franges vulnérables de la wilaya seulement. Pourtant, Les équipes du SAMU social, depuis le début des pluies et de cette vague de froid ne cessent de multiplier leurs sorties sur le terrain, sillonnant, inlassablement, ruelles, artères et quartiers à la recherche de SDF sans toutefois s’inquiéter de leurs wilayas d’origine.
Chaque nuit, des équipes mobiles, composées d’un psychologue, d’un infirmier, d’un éducateur, d’un chauffeur d’une ambulance et d’un bus, vont à la rencontre de ces malheureux pour essayer de créer un champ de proximité plus communicatif avec eux, gagner leur confiance et les convaincre de les accueillir dans des centres d’hébergement d’urgence. Pour ceux qui refusent de se retrouver dans un endroit clos, les équipes du SAMU distribuent des repas chauds ainsi que des couvertures.

Un grand manque d’infrastructures d’accueil

Plusieurs associations et bénévoles font aussi de leur mieux pour prêter aide et assistance à ces personnes. Des jeunes qui rivalisent d’ingéniosité et de générosité depuis le début de l’hiver pour venir en aide à toutes les sans domicile fixe qui passent leur nuit dans les squares, les artères, sous les ponts et sur les bancs des jardins publics, livrées à eux mêmes, au froid et à la faim. Selon les statistiques des services de sécurité, prés de 4324 personnes SDF avaient été prises en charge l’année derrières sur tout le territoire national.
Des appels sont lancés ça et là pour créer des centres «distincts» pour chaque catégorie vulnérable , sans-abri, personnes âgées, malades mentaux, mères célibataires et personnes atteintes de maladies graves. Il faut savoir, en effet, qu’actuellement, cette catégorie est placée avec les personnes âgées, les mères célibataires, côtoyant même des malades mentaux, des personnes atteintes de maladies graves, voire même les réfugiés étrangers dans les mêmes centres d'hébergement, qui se trouvent dans la wilaya d’Alger.
 Précisons que L’assistance des personnes en situation de précarité est désormais régie pour un décret exécutif qui vient de paraître dans le Journal Officiel.
Ce texte modifie et complète le décret du 15 juillet 2008 portant création, organisation et fonctionnement du service d’aide mobile d’urgence sociale. Le nouveau texte encadre l’activité du service d’aide mobile d’urgence sociale dans la prise en charge des personnes en situation de grande précarité se trouvant dans la rue.
Il a pour mission notamment de porter secours aux personnes sans domicile fixe se trouvant dans la rue et de les orienter vers les centres d’hébergement et les centres de soins, en coordination avec les institutions concernées et en relation avec le mouvement associatif.
Le service d’aide mobile, lui, est assigné à la tâche d’évaluer la situation des personnes sans domicile fixe se trouvant dans la rue et de déterminer leurs besoins immédiats, de veiller à la mise en place des moyens matériels et humains pour une prise en charge qualitative de cette catégorie de personnes, d’œuvrer à leur réinsertion familiale, de leur assurer une prise en charge adaptée et pluridisciplinaire dans les centres d’hébergement pour une période temporaire n’excédant pas une durée de trois jours.
Mise en place d’une cellule d’écoute psychologique

Cette dernière peut être allongée dans certains cas, avec le consentement du directeur du centre d’hébergement, selon le décret qui précise que le service d’aide mobile d’urgence sociale comprend l’équipe mobile, qui se rend au-devant des personnes en situation de précarité sociale pour leur apporter l’aide et l’assistance d’urgence. Ce décret insiste aussi sur la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique, dotée d’un numéro d’appel d’urgence gratuit, joignable de tout téléphone, 24 heures sur 24 heures et d’un centre d’accueil et d’hébergement d’urgence, dont la mission consiste à mettre les personnes en danger à l’abri pour une période limitée selon leur situation. Ce service doit, avec les différentes parties concernées, trouver des solutions aux problèmes des personnes secourues, afin de les réinsérer dans la vie.
S’agissant des structures d’accueil, le service social peut disposer des structures et des établissements relevant du secteur de la solidarité nationale. Par ailleurs, un décret exécutif a été publié dans le Journal Officiel et qui porte sur l’organisation et le fonctionnement des établissements d’aide par travail. Il complète le décret du 02 janvier 2008 avec deux nouveaux articles (17 bis et 17 ter). Le premier article stipule que «l’organisation interne des établissements créés par les services relevant du ministère chargé de la solidarité nationale est fixée par arrêté conjoint du ministre chargé de la Solidarité nationale, du ministre des Finances et de l’autorité chargée de la Fonction publique». Le second énonce que « les établissements élaborent et adoptent leur règlement intérieur conformément au règlement intérieur-type fixé par arrêté du ministre chargé de la Solidarité nationale». Cela dit les sans-abris ne meurent pas de froid, ils meurent de l’inaction politique.
Farida Larbi
 

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