mardi 16 octobre 2018 07:59:21

Conseil ministériel extraordinaire de la Ligue arabe sur El-Qods Echarif : CONSTANCE DE LA POSITION ALGÉRIENNE

M. Messahel : « La position de l’Algérie en faveur de la cause palestinienne est constante »

PUBLIE LE : 03-02-2018 | 0:00
D.R

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a pris part, jeudi au Caire, aux travaux du Conseil ministériel extraordinaire de la Ligue des États arabes sur les retombées politiques de la décision américaine concernant El-Qods, et les mesures à prendre pour contrecarrer cette décision et toute action allant à l'encontre du Droit international et de la légalité internationale.

Dans une allocution à cette occasion, M. Messahel a rappelé la position «rapide et ferme» du Conseil ministériel de la Ligue arabe qui a, a-t-il dit, favorisé un élan de «solidarité» et un «large soutien» contre cette décision, comme en témoigne son rejet par la communauté internationale à travers la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 21 décembre 2017 car considérée comme «allant à l'encontre de la légalité internationale».
La décision onusienne affirme que «toute décision ou action qui vise à modifier le caractère, le statut ou la composition démographique d'El-Qods Echarif n'a aucun effet juridique, est nulle et non avenue» et demande à tous les Etats de «s'abstenir d'établir des missions diplomatiques à El-Qods Echarif, en application de la résolution 478 (1980) du Conseil de sécurité». Le ministre a en outre réaffirmé «la position constante de l'Algérie en faveur de la cause palestinienne et des droits inaliénables du peuple palestinien et son soutien à sa lutte héroïque et à son droit légitime à l'établissement de son Etat indépendant sur les frontières de 1967, avec El-Qods comme capitale, conformément à la légalité internationale et aux décisions pertinentes». La réussite de la démarche collective en faveur de la cause palestinienne est tributaire de la poursuite des efforts de mobilisation de la communauté internationale en faveur du respect des droits nationaux du peuple palestinien et du statut international d'El-Qods Echarif et de la poursuite de la résistance du peuple palestinien frère et de sa capacité à restaurer son unité et sa cohésion par la concrétisation effective et dans les plus brefs délais de la réconciliation entre Palestiniens au profit de leur juste cause, a souligné M. Messahel. M. Messahel a, tout en rappelant la position de «soutien» de l’Algérie à la cause palestinienne, souligné la «nécessité d’une réaction qui soit à la mesure des défis que posent les derniers développements de la situation en Palestine sur le processus de paix dans son ensemble». Le Comité de l’Initiative arabe de paix a été mis en place en 2002, à la faveur du Sommet arabe tenu la même année, dans l’objectif de faire avancer le processus de paix dans la région et de fédérer le soutien à la cause palestinienne. Dans une récente déclaration, M. Messahel avait indiqué qu'il s'agit de voir les résultats du Comité chargé de réfléchir à une stratégie non seulement pour essayer de préserver la caractère international de la Ville Sainte mais également pour préserver le caractère tel que défini par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette deuxième réunion ministérielle du genre consacrée à la question d'El-Qods intervient après l'annonce de la décision américaine qui a été rejetée par le communauté internationale à travers la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 21 décembre 2017.
Le Conseil ministériel extraordinaire de la Ligue arabe, auquel avait pris part M. Messahel le 9 décembre 2017, avait adopté une position ferme à l'égard de la décision américaine qualifiée par l'Algérie de violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et de la légalité internationale et d'entrave à la relance du processus de paix.


Relancer et parrainer le processus de paix
Un mécanisme multilatéral préconisé

Les Etats membres de la Ligue arabe ont appelé jeudi à un mécanisme multilatéral pour relancer et parrainer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, afin que la question «ne reste pas entre les mains d'une seule partie», en allusion aux Etats-Unis. La reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël par les Etats-Unis le 6 décembre avait provoqué l'ire des Palestiniens et de la Ligue arabe, qui a tenu jeudi au Caire une «réunion de suivi» sur la question après une première le 9 décembre. Trois jours après l'annonce de Washington sur Jérusalem, les Etats membres de la Ligue arabe avaient appelé les Etats-Unis à annuler leur décision. Ils avaient aussi jugé que Washington s'était «retiré comme parrain et intermédiaire du processus de paix» au Proche-Orient. A l'issue de leur réunion jeudi au siège de la Ligue au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé «à la création d'un mécanisme international multilatéral sous la houlette de l'ONU pour parrainer le processus de paix». Ils ont également appelé à «une conférence internationale pour relancer un processus de paix crédible», selon le communiqué final de la rencontre. Le secrétaire général de l'organisation, Ahmed Aboul Gheit, a expliqué en conférence de presse que l'objectif de cette initiative est d'»impliquer d'autres parties afin que la situation ne reste pas entre les mains d'une seule». De nombreux pays ont été consultés, a ajouté le chef de la diplomatie de l'Autorité palestinienne Riyad al-Malki, «car l'ancien mécanisme a cessé d'exister et fait partie du passé». «Que les Etats-Unis soient membre de ce mécanisme ne nous dérange pas», a-t-il toutefois souligné. M. Aboul Gheit a rappelé le rejet par la communauté internationale de la décision américaine sur El Qods. Il a particulièrement insisté sur la position de l'Union européenne (UE). «Rien sans les Etats-Unis, mais rien où les Etats-Unis agiraient seuls», avait résumé mercredi la diplomate en chef de l'UE, Federica Mogherini, avant une réunion du groupe de donateurs international pour la Palestine à Bruxelles. Les Etats-Unis restent «essentiels pour qu'un processus (de paix) ait une chance réaliste de réussir», avait-elle toutefois insisté. Rompant avec la ligne de la diplomatie internationale et des décennies de prudence américaine sur un dossier potentiellement explosif, le président américain Donald Trump avait reconnu el Qods le 6 décembre 2017 comme capitale d'Israël. Israël a conquis la partie orientale d'El Qods en 1967 et l'a annexée en 1980, avant de proclamer tout el Qods comme sa capitale indivisible. La communauté internationale n'a jamais reconnu l'annexion et considère d'El Qods-Est comme un territoire palestinien occupé.
Ont pris part à cette réunion les ministres des Affaires étrangères des quinze Etats membres du Comité et du Secrétaire Général de la Ligue des Etats arabes, Ahmed Abu El Ghait. Les débats engagés par les ministres ont porté sur une «évaluation de la situation en Palestine, à la lumière des décisions prises par le Conseil de la Ligue arabe et de la mobilisation qui s’en est suivie, en faveur de la cause palestinienne, notamment s'agissant de la préservation du statut d’Al-Qods Echarif». Les «implications potentielles» de la décision de l’administration américaine sur le processus de paix et la stabilité de la région ont également été évoquées.
Les chefs de diplomatie de l'organisation panarabe avaient appelé Washington à annuler cette décision, affirmant que les Etats-Unis se sont «retirés comme parrains et intermédiaires du processus de paix» au Moyen-Orient. La décision de transférer l'ambassade américaine à El Qods occupée et de considérer la ville sainte comme capitale Israël, annoncée en décembre par le président américain Donald Trump, avait provoqué une vague de mécontentement dans le monde arabe. Rompant avec la ligne de la diplomatie internationale et des décennies de prudence américaine sur un dossier potentiellement sensible, M. Trump avait décidé de cosidérer El Qods le 6 décembre comme capitale d'Israël. La communauté internationale n'a jamais reconnu El Qods comme capitale d'Israël, ni l'annexion de sa partie orientale conquise en 1967 et considère que le statut final de la ville devra être négocié.


Sa venue est annoncée pour le 20 février
Mahmoud Abbas au Conseil de sécurité de l’ONU


Le président palestinien Mahmoud Abbas, critiqué récemment par Washington, prononcera une allocution devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 20 février, a annoncé jeudi l'ambassadeur du Koweït aux Nations unies, président en exercice du Conseil en février. Sa venue est «importante» et «il s'exprimera devant le Conseil de sécurité», a indiqué aux médias Mansour al-Otaibi. Le Koweït, dans le cadre de sa présidence du Conseil, est à l'origine de l'invitation faite au président palestinien. «Personne ne s'est opposé à sa venue», a précisé l'ambassadeur koweïtien. Le 25 janvier, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, avait vivement critiqué Mahmoud Abbas, en estimant, devant le Conseil de sécurité, que le dirigeant palestinien n'avait pas le courage nécessaire pour parvenir à un accord de paix avec Israël. Auparavant, le président Donald Trump avait accusé les Palestiniens d'avoir «manqué de respect» aux Etats-Unis, lors du Forum économique mondial de Davos en Suisse. «Nous n'allons pas courir après une gouvernance palestinienne qui n'a pas ce qu'il faut pour parvenir à la paix», a dit Nikki Haley. «Pour obtenir des résultats historiques, nous avons besoin de dirigeants courageux», a-t-elle ajouté. M. Abbas «a rejeté tout rôle des Etats-Unis... Il a insulté le président américain», a martelé l'ambassadrice. Tout en assurant que son pays était toujours «profondément engagé» pour parvenir à la paix. Les relations sont très tendues entre les Etats-Unis et les dirigeants palestiniens depuis la reconnaissance unilatérale fin 2017 par les Etats-Unis d'El-Qods comme capitale d'Israël. La semaine du 19 février sera riche à l'ONU en discussions sur le conflit israélo-palestinien car le Koweït a aussi prévu le jeudi 22 une réunion informelle sur ce sujet avec une participation de l'ex-président américain démocrate Jimmy Carter.

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