mardi 18 juin 2019 02:59:27

Pour lutter contre l’immigration clandestine : Bientôt, des crédits bonifiés pour les jeunes

En 2017, quelque 3000 tentatives d’immigration clandestine ont été mises en échec en Algérie alors que la majorité des 8000 « harragas » ayant réussi à rejoindre clandestinement la rive nord de la méditerranée sont actuellement dans les centres de rétention européens.

PUBLIE LE : 30-01-2018 | 0:00
D.R

En 2017, quelque 3000 tentatives d’immigration clandestine ont été mises en échec en Algérie alors que la majorité des 8000 « harragas » ayant réussi à rejoindre clandestinement la rive nord de la méditerranée sont actuellement dans les centres de rétention européens. Ce sont quelques chiffres édifiants rendus publics récemment, et qui renseignent on ne peut mieux sur l’ampleur du phénomène qui a pris des proportions inquiétantes depuis quelques temps.
« Face à cette situation alarmante, le Haut Conseil islamique, présidé par l’ex-ministre des Affaires religieuses, M. Bouabdallah Ghlamallah, a pris l’initiative de décréter un avis religieux, déclarant Haram (illicite) l’immigration clandestine » a déclaré le directeur de l'orientation religieuse et de l'enseignement du Coran au ministère des Affaires religieuses
Noureddine Mohamedi qui s’est exprimé, hier, au forum de la chaine I de la radio nationale a fait savoir que la décision prise par l’autorité religieuse d’émettre pareille fetwa, est justifié par la hausse alarmante du nombre de victimes enregistrées chez les jeunes Algériens harragas qui tentent de rejoindre la rive nord de la Méditerranée au péril de leur vie, en empruntant des embarcations de fortune qui, souvent n’arrivent même pas à bon port. Et c’est pour cela que les pouvoirs publics ont vite fait de la reprendre. En effet, selon ce responsable « annoncée jeudi, cette fatwa a aussitôt été cautionnée par le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, qui a suggéré aux imams d’en parler lors du prêche du vendredi ».
 D’ailleurs, le responsable a insisté sur le rôle de la mosquée pour essayer de juguler cette tragédie à travers le discours religieux et les activités organisées par les imams pour sensibiliser les jeunes sur cette question, notamment du fait qu’ils risquent leur vie. « La sensibilisation des jeunes exige la conjugaison des efforts de tous et ne se limite pas au rôle des imams » a-t-il souligné.
M. Mohamedi a révélé à ce propos qu’une réflexion est engagée pour le lancement d’un crédit bonifié pour encourager les jeunes à investir dans des projets économiquement rentables pour eux, et à s’investir dans le développement de leur propre pays.
De son côté, M. Noureddine Benbrahem a indiqué que les retombées de la crise provoquées par la chute des prix du pétrole ont grandement influé sur le phénomène de l’immigration clandestine. « Le drame des migrants disparus en mer va crescendo avec toujours plus de naufrages d’embarcations de fortune » a-t-il regretté pointant du doigt le manque de dialogue avec la frange des jeunes qui demeure marginalisée par rapport à celle des adultes.

L’aventure se termine souvent mal, la plupart des cas, qui sont repêchés morts noyés par les garde-côtes

« Ils sont des Algériens, de toutes catégories sociales et de toutes tranches d’âges, des deux sexes, des universitaires parfois. Ils sont en quête d’une vie meilleure ne veulent que réussir leur vie, assurer un revenu stable » a-t-il expliqué. L’ex commandant des scouts a insisté sur l’importance d’établir un réel état des lieux pour mieux cerner la problématique et trouver des alternatives pour la stopper
Lui emboitant le pas, le député M. Farhat chabekh a relevé que le phénomène de la « harga » est désormais un problème délicat auquel se trouvent confrontées les nations des deux côtés de la Méditerranée. « Ces clandestins travaillent généralement dans l’informel et la clandestinité pour gagner au final peu d’argent, ils sont perdants en fin de compte, mieux vaut rester en Algérie, parce que là, ils ont leurs parents et des proches qui s’inquiètent de leur sort, ce qui est loin d’être le cas dans des pays où l’on est un étranger traqué, faute de papiers » a-t-il souligné
 Le parlementaire a abordé à cette occasion la question de l'intensification du phénomène de la traite des personnes sur les façades maritimes algériennes. Selon lui, cette situation renseigne sur la puissance des réseaux de passeurs, qui intensifient le recrutement des candidats à l'émigration clandestine. « Ces trafiquants sont à l'origine de la prolifération des vagues de harragas » a-t-il dit notant toutefois , que le renforcement des mesures de sécurité des frontières maritimes algériennes a permis d'identifier plusieurs réseaux de passeurs qui ont d’ailleurs été traduits en justice. Par ailleurs, le rôle des médias dans la lutte contre la migration illégale a été mis en exergue par les intervenants qui ont insisté sur l’importance du message délivré par les médias pour sensibiliser les citoyens aux risques et aux répercussions de l’immigration clandestine.
 « Il est temps de présenter des émissions, des articles ou même des feuilletons et des films qui présentent des exemples de jeunes qui ont réussi à gagner leur vie à travers des projets mis en place ici »a insisté M. M. Noureddine Benbrahem précisant que les médias restent le moyen le plus rapide qui puisse influencer les citoyens notamment pour ce qui concerne le triste sort réservé à ceux qui s’embarquent sur des zodiacs mal équipés et surchargés. « Aussi, l’aventure se termine souvent mal pour la plupart des cas qui sont repêchés morts noyés, par les gardes côtes, c’est cet aspect tragique et dramatique pour les familles et les candidats à la harga qu’il faut montrer » a-t-il conclu.
Sarah A. Benali Cherif
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions