mercredi 19 dcembre 2018 17:42:12

Faïrouz Oudjida en concert lyrique à l’Opéra d’Alger : Entre classique et traditionnel

Accompagnée du pianiste, Dominic Boulianne, la soprano algérienne, Fairouz Oudjida, a gratifié, dans la soirée de mardi dernier, les présents de l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïeh avec un récital lyrique, passant aussi facilement d’une musique à une autre et d’une langue à une autre.

PUBLIE LE : 18-01-2018 | 0:00
Ph :Billel

Accompagnée du pianiste, Dominic Boulianne, la soprano algérienne, Fairouz Oudjida, a gratifié, dans la soirée de mardi dernier, les présents de l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïeh avec un récital lyrique, passant aussi facilement d’une musique à une autre et d’une langue à une autre.
L'âme légère, le corps regorgeant de vitalité, la jeune cantatrice soprano Faïrouz Oudjida a égrené les présents de son parcours dans la musique et le chant lyrique. Des aptitudes et une ambition débordante qu'il serait injuste d'étouffer, de surcroît lorsque la virtuose révèle qu'elle a plus d'une corde à son arc, et ce lors d’une soirée quelle a animé, mardi dernier, à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïeh. «Cette soirée lyrique organisée par l'établissement Arts et culture, sous l’égide de la wilaya d'Alger et ce, dans le cadre de la coopération et des échanges entre la capitale et la ville canadienne de Montréal», a affirmé M. Nazim Hammadi, directeur de l’établissement Arts et culture de la wilaya d’Alger. Dans une déclaration à El Moudjahid, en marge de la soirée, M. Hammadi a affirmé : «C’est une soirée qui rentre dans le cadre d’un accord de coopération qui a été signé au
mois de juin entre le wali d’Alger et le maire de la ville de Montréal». Cet accord de coopération englobe un certain échange entre les deux villes dans des domaines, comme le domaine culturel… Cette soirée est la première action qui rentre dans le cadre de cet accord de coopération», a-t-il souligné.
Pour cette première soirée, nous dira le premier responsable de l’établissement Arts et culture, «nous accueillons cette soprano algérienne qui est née et a grandi en Algérie, et s’est établie au Canada».
 Cette soirée a été rehaussée par la présence des ministres de la Culture, Azzedine Mihoubi, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar,  de l'Education nationale, Nouria Benghabrit et du wali d'Alger, Abdelkader Zoukh, ainsi que des représentants diplomatiques accrédités en Algérie.
Chanteuse lyrique interprétant le registre d'un large diapason, la soprano Faïrouz Oudjida est en train de gravir les échelons dans le chant classique. Sa passion est de s'exercer à l'art musical en solo, à travers l'interprétation des mélodies savantes puisées du répertoire universel. Ainsi, Faïrouz Oudjida, a jeté les présents de la prestigieuse salle Boualem Bessaïeh dans un récital unique, où elle a interprété les classiques de la musique occidentale et berbéro-arabe.
Ce récital a démarré très fort, avec un air de l’Opéra Tosca, que peu de sopranos sont capables d’interpréter. «Je suis à la fois heureuse et très, très émue de sentir l’air de mon pays et sa chaleur », dira Faïrouz Oudjida à l’adresse de son public venu nombreux pour cette soirée, et d’ajouter : «On a préparé ce récital avec tellement d’amour et de fantaisie aussi».


Un programme tiré du patrimoine musical algérien

Ainsi la soprano a préparé un récital de chants lyriques des classiques de la musique universelle et des pièces du patrimoine algérien, des extraits adaptés au chant et piano de classiques italiens, russes et français, montrant ainsi la puissance de sa voix et sa maitrise du chant sur certaines pièces célèbres de l'opéra universel. Pour la première rencontre, elle entama avec un répertoire italien, enchantant son public avec de célèbres classiques italiens, à l’instar de «O sole mio» du poète napolitain Giovanni Capurro et la musique de Eduardo Di Capua et Alfredo Mazzucchi. Faïrouz a chanté de sa voix soprano «Non ti scordar di me» de Ernesto de Curtis elle a même enflammé le public avec qui elle a partagé «Funiculì, Funiculà» composée par Luigi Denza en 1880 sur des paroles en napolitain du journaliste italien Giuseppe Turco. Elle a, en outre, interprété «L’amour est un oiseau rebelle», une aria sur le rythme d’une «Habanera» du premier acte de l’opéra de Carmen, chef-d'œuvre du drame lyrique réaliste et dont la musique est signée Georges Bizet. En seconde partie du récital, le duo a présenté  un programme tiré du patrimoine musical algérien et transcrit pour un concert chant et piano, à l'image des succès du chanteur Idir «Sendou» et «Vava Inouva» qui ont été revisité pour adapter la mélodie. Faïrouz Oudjida a également interprété «Billah Ya Hamami», un classique du maalouf, en version valse ainsi que le succès «Habaytek» de la grande voix libanaise, Faïrouz.
Il y a lieu de noter que la soprano algérienne a comme objectif d’atteindre la perfection dans la voix classique. Pour ce faire, l'artiste lyrique ne baisse pas les bras et rêve de devenir un jour,  la prima donna dans un opéra. Elle nourrit l'espoir d'exprimer ce qui la passionne et choisit parmi ses rêves celui qui réchauffe le plus son âme : porter haut l'art de la voix qui sommeille dans ses tréfonds. Bercée par les airs de l'accordéon que son père jouait, Faïrouz se laisse aller à une atmosphère feutrée, mais ne branche pas. Native d'Alger, Faïrouz grandit, par la force d'un concours de circonstances, dans le Sud, un espace dans lequel elle évolue avec ses parents. À Hassi Messaoud, point d'école ou d'association musicales qui lui permette de s'épanouir. Elle suit les trois paliers du fondamental avant de passer avec succès son bac. De retour à Alger pour suivre un cursus universitaire, la jeune Faïrouz se donne les moyens de s'épanouir et de s'adonner à l'expression musicale et vocale restée à l'état latent. Une manière de rattraper le temps perdu et laisser émerger un talent mis en veille des années durant. Faïrouz n'est pas une «geisha», car ce n'est qu’à 18 ans qu'elle a enfin  l'opportunité de s'inscrire à l'association musicale Es Sendoussia avant que le professeur, Mme Tatiana Serguieva Saouli la prenne sous son aile. Elle assimile en un temps record la discipline des signes de la notation musicale tout en se consacrant au chant. Elle apprit les mélodies et assimile les techniques de la voix. Des vocalises aux airs d'opéra en passant par les berceuses, elle s'affirma de fort belle manière pour devenir, l'espace de six années d'exercice, un soprano «valsant» dans le répertoire lyrico-dramatique. Sa voix, un instrument vocal qui déploie une tessiture à la fréquence étendue (grave, aigu et mezzo-soprano). La chanteuse lyrique a accompagné l'Orchestre symphonique national dans une quinzaine de représentations. Elle a campé des rôles de Violetta dans l'œuvre la Traviata du compositeur italien, Giuseppe Verdi, un extrait de Carmen, chef-d'œuvre du drame lyrique réaliste, Rosine dans le Barbier de Séville et un extrait des Noces de Figaro, opéra bouffe de W. A. Mozart dans lequel elle a joué le personnage de la comtesse Almaviva et l'air du chérubin. D'autres morceaux de chansons napolitaines et des valses russes sont également repris par la jeune Faïrouz qui utilise aussi l'appoggiature, cette note d'ornement qui précède la note réelle à un intervalle de seconde.  L'année dernière, elle a dignement représenté l'Algérie au XIIe concours international classique de Russie des vocalisateurs Belle voce (Belle voix).                   
Sihem Oubraham
 

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