lundi 23 avril 2018 02:35:33

Nutrition : Le sucre nous tue à petit feu

Ils se cachent un peu partout dans les aliments du quotidien et particulièrement dans les produits transformés. Le problème, c'est que les sucres ajoutés ne sont pas sans danger pour notre santé.

PUBLIE LE : 14-01-2018 | 0:00
D.R

Ils se cachent un peu partout dans les aliments du quotidien et particulièrement dans les produits transformés. Le problème, c'est que les sucres ajoutés ne sont pas sans danger pour notre santé.

Le fardeau croissant des maladies chroniques en Algérie est préoccupant, tout comme l’augmentation des taux d’obésité. De concert avec l’augmentation de ces pathologies et de l’excès de poids, l’offre d’aliments transformés sucrés, gras, salés a augmenté au cours des dernières décennies. Une alimentation déséquilibrée, riche en gras, en sucre et en sel, ainsi qu’un apport excessif en calories figurent parmi les principaux facteurs de risque modifiables pour prévenir l’apparition de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires et l’hypertension, le diabète, certaines formes de cancer et l’excès de poids
En effet, près de 10,5% de la population souffrent de maladies chroniques dans notre. Le taux de diabétiques atteint les 12% de la population, selon la Fédération algérienne des associations des diabétiques (FAAD) qui précise que «le nombre de diabétiques est en augmentation inquiétante estimé à plus de 4,5 millions». Chaque année, notre pays enregistre entre 10.000 et 20.000 nouveaux cas de diabète décelés, notamment lors des campagnes de dépistage précoce. Selon la FAAD, « plus de 10.000 enfants scolarisés de moins de 15 ans sont atteints de diabète. Leur nombre est en nette augmentation faute de régime alimentaire complémentaire et de non pratique du sport». Les nutritionnistes, mettent l’accent, sur le contrôle des parents de tout ce que leurs enfants avalent dont les boissons et jus contenant de forts taux de sucre et d'amidon. Ils appellent les diabétiques à se conformer à un régime équilibré, au respect des règles de nutrition saine qui est la base du traitement et permet de préserver l’équilibre du taux de glucose dans le sang. De son côté, l’Organisation mondiale de santé (OMS) a invité en 2015, les pays à réduire les apports en sucres libres à moins de 10% de la ration énergétique totale.  Selon une étude faite au sein de l’université algérienne en 2015, la ration alimentaire moyenne journalière représente une masse d’aliments de 2.000 grammes avec une valeur énergétique de 3.700 kilocalories (kcal) où la contribution des sucres libres est de plus de 9%, à la limite des 10% à ne pas dépasser.
La ration moyenne de l’offre alimentaire est trop importante et sa valeur énergétique trop élevée. Ces quantités élevées ainsi que la forte participation des sucres libres s’expliquent par la forte présence de gâteaux secs, boissons sucrés, laitages et préparations laitières sucrés. «La consommation de sucre, particulièrement sous forme de boissons sucrées, est de plus en plus reconnue comme pouvant favoriser l’excès de poids et le risque de maladies chroniques. Les fruits ne nous fournissent pas plus de 20 à 30 grammes de fructose par jour. Mais les sirops utilisés dans l'industrie peuvent en apporter jusqu'à 150 grammes au quotidien», explique le Dr Slimani. Et d’ajouter «cet apport massif provoque le syndrome métabolique qui associe stockage de graisse dans le foie, hypertension artérielle, diabète et risque cardiovasculaire, surtout chez des individus prédisposés», soiligne-t-il.

Plus de fruits et de légumes

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié en 2015 des cibles d’apports en sucre visant à soutenir l’adoption de programmes et politiques publiques en matière de saine alimentation. Un nombre croissant de gouvernements et d’instances de santé publique à travers le monde élaborent et mettent en place des mesures pour réduire l’apport en sucre dans la population, en ciblant principalement une diminution de la consommation de boissons sucrées. Le lien établi entre consommation de cette aliment et augmentation des maladies non transmissibles plaide, en faveur d'un encadrement strict de la vente des produits sucrés et de leur taxation. Le sucre est un type de glucide qui se retrouve dans plusieurs aliments, boissons et ingrédients. On le retrouve à l’état naturel principalement dans les fruits et légumes (glucose, fructose, sucrose) et les produits laitiers (lactose). Le sucre est également ajouté aux aliments pour en améliorer le goût, la durée de conservation ou la texture, par exemple sous forme de sucre granulé (sucrose), de miel (glucose et fructose), de sirop d’érable (sucrose, glucose, fructose) et de sirop de maïs à haute teneur en fructose1 (glucose et fructose). Les recommandations officielles récentes sur l’apport en sucre réfèrent soit aux «sucres ajoutés», soit aux «sucres libres».
Les sucres libres représentent les sucres ajoutés ainsi que les sucres qui sont «naturellement présents» dans les jus de fruits. Présents dans les boissons sucrées mais aussi dans de nombreux produits transformés, ces sucres contribuent à l’épidémie mondiale de diabète. Cela doit interpeller les pouvoirs publics et les gestionnaires des cantines et des restaurants universitaires pour réduire la quantité du sucre ou de retirer carrément ces produits, faire des économies budgétaires et utiliser ces économies pour plus de fruits et de légumes. La consommation moyenne de boisson sucrée équivalait à une canette par habitant et par jour, et près de deux canettes chez les 9-18 ans, soit 64  grammes de sucre. À ce rythme-là, les chercheurs ont estimé qu’au cours des vingt-cinq prochaines années, la consommation de boissons sucrées serait responsable de plus de 63.000 décès, 40.000 accidents vasculaires cérébraux, 100.000 cancers, 300.000 infarctus du myocarde, de 1 million de diabétiques et de 3 millions d’obèses. Selon une étude publiée en 2015 à Londres l’impact des boissons sucrées dans le monde est évalué à 184.000 morts par an, dont 133.000 à cause du diabète… Le sucre et le gras nous tuent à petit feu. Alors faut-il manger pour vivre ou pour mourir ?
    S. S.
 

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