samedi 20 janvier 2018 23:32:46

vendredi au palais de la culture : Wlad Bambra et groupe Saâda fêtent Yennayer

À l’occasion de la célébration du nouvel An amazigh, un spectacle de musique folklorique a été organisé, vendredi soir à l’auditorium du palais de la Culture Moufdi-Zakaria, animé par une pléiade d’artistes des différentes régions du pays.

PUBLIE LE : 14-01-2018 | 0:00
Ph : T. Rouabah

À l’occasion de la célébration du nouvel An amazigh, un spectacle de musique folklorique a été organisé, vendredi soir à l’auditorium du palais de la Culture Moufdi-Zakaria, animé par une pléiade d’artistes des différentes régions du pays.

Dans une ambiance des plus festives, où la salle était archicomble, avec une forte présence de familles, le groupe Saâda a annoncé la couleur de prime abord en interprétant des chansons du terroir kabyle. Ayant repris de vieilles chansons des icônes de la musique kabyle, à l’exemple de Sniwa ifenjalen, de Chérifa, Awida savo tnach, de Hnifa, ou encore des reprises des grands noms de la chanson kabyle actuelles comme Akaghemi tchekéni rouh, de Lounis Aït Menguellat, ou d’Idir, le public a chanté en chœur et a vibré aux sonorités de cette musique séculaire qui réchauffe le cœur et égaye l’âme.
Rencontré à l’issue du spectacle, le musicien El-Hadi Tekines a souligné que son genre musical s’inscrit dans le «Ithebalen», un genre en vogue lors des fêtes nuptiales de la kabylie et dont la demande dans les villes ne cesse d’augmenter. «Nous travaillons en collaboration avec Salim Hamlaoui Oucharef, pour introduire Ithebalen sur Alger et les autres villes. Certaines familles se déplacent jusqu’à Tizi Ouzou pour chercher des groupes d’Ithebalen», a-t-il noté. Avec l’introduction de certaines mélodies aux vieilles chansons, le groupe Saâda repose sur des instruments traditionnels qui font l’âme de la musique kabyle, à savoir «el ghaytha» (la zorna), «atvel» (les tambours) et «avendayér» (le béndir).
Dans un autre registre, le groupe Wlad Bambra a fait sensation, lors de la deuxième partie du concert en faisant une entrée des plus atypique du haut de l’auditorium, avec l’interprétation de F’touf el rahna, Saloua la nabina,  en passant avec les énormes tambours et les karkabous entre le nombreux public, avant de rejoindre la scène. Dans un registre gnaoui, Wlad Bambra ont gratifié le public de belles sonorités authentiques, avec, notamment, l’exotique instrument el guembi.

Massinissa, Zayen et Hassiba Amrouche…

Sur un autre plan, un concert de musique, organisé par la meme occasion, a été animé dans la même soirée à Alger par les chanteurs Massinissa, Zayen et Hassiba Amrouche, dans une ambiance festive, devant un public relativement nombreux.
Les trois chanteurs, accompagnés par un orchestre pilote de six musiciens, se sont succédé, deux heures et demie durant, sur la scène de la salle El-Mouggar, proposant au public un florilège de chants chaouis et kabyles, dans des atmosphères conviviales.
Massinissa, premier à fouler la scène, a embarqué l'assistance dans un voyage au sommet des Aurès, alignant, avec sa voix puissante et étoffée, quelques chansons de son répertoire riche d'une vingtaine d'albums produits  depuis 1985.
Devant un public venu célébrer Yennayer, récemment réhabilité et consacré  fête nationale, Massinissa, Chibani Ali de son vrai nom, a aligné entre autres pièces, Touiza et Natchnin di Chaouiyen (nous sommes des  chaouis), rendues dans les cadences entraînantes du rythme chaoui et  «M'Ghani», interprétée dans le genre reggae, au groove régulier et  récurrent.
Dans un bel hommage à la parole, Zayen, prenant le relai, a déployé tout  son talent d'artiste d'expression kabyle, à travers quelques-unes de ses chansons aux mélodies empreintes de créativité et aux contenus relevés, destinés à faire revivre la tradition ancestrale et à s'ouvrir sur le monde  dans les valeurs de l'universalité.
Tirées de ses cinq albums, enregistrés depuis ses débuts en 1994, dont le  dernier Uccen d-Umeksa (2015), Zayen a sublimé, devant un public conquis,  la paix et la non-violence, les coutumes berbères, ainsi que la femme africaine et amazighe, cette dernière, «gardienne de la tradition», comme  il aime à le rappeler avec insistance.
Parmi les pièces entonnées par le chanteur, à la voix limpide et pleine de présence, Salomé, Baden, Baden, Lemsella, Arkec, arkec, Tafrikant (l'Africaine) et Noussad  (nous sommes venus), une chanson festive dont le  texte, de circonstance, contient dans son refrain, la formule consacrée «Assugwas ameggas» (bonne année), adressée au public qui le rendait à la  scène dans la délectation.
Établi depuis 1999 à Paris, Zayen a confié à l'APS, la sortie prochaine  d'un clip dont la préparation touche à sa fin, réalisé sur une chanson  qu'il a écrite et composée, au titre de Dda Musa, qui prône le respect de  l'environnement et dans laquelle il a associé une trentaine d'artistes,  entre groupes et chanteurs libres, dont Les Abranis, Ideflawen et autres groupes chaoui et mouzabite, Hakim Salhi, Hamidou, Kamel El-Harrachi, ainsi que deux chanteuses, française et russe.
En troisième partie du spectacle, Hassiba Amrouche, du haut de ses 40 ans de carrière, a littéralement enflammé la salle, avec son savoir-faire et sa  spontanéité, interprétant généreusement plusieurs pièces du terroir et de son riche répertoire, avec un professionnalisme confirmé, dans une  prestation empreinte de beaucoup de métier.
Faisant interagir le public qui a cédé au déhanchement reprenant en chœurs tous ses refrains, l'artiste, au charisme imposant et au parcours  artistique exceptionnel, jalonné d'une cinquantaine d'albums, entre variétés algériennes, raï et kabyle, a chanté, dansé et beaucoup parlé à ses admirateurs, usant de plaisanteries et de l'humour qui lui est connu,  dans le plaisir et la joie d'une ambiance devenue familiale.
Arriha L'aâmbar, Sniwa ifendjalen, Assa Dhamervouh, Cheikh Aheddad,  de Chrifa, A vou mendil af tuyeth, Ya zinz el aâli, et Al khir ino, ainsi que Essendou, d'Idir, sont autant de titres que Hassiba Amrouche, incontestablement une des icônes de la chanson algérienne, a interprété  avec une voix étoffée, à la tessiture large.
«Aimons-nous tous dans la paix, sous le toit de notre chère Algérie», a-t-elle lancé au public qui lui a manifesté sa reconnaissance avec des  applaudissements nourris et des youyous répétés.
Organisé par l'Office national de la culture et de l'information (Onci)  sous l'égide du ministère de la Culture, le concert, animé par Massinissa, Zayen et Hassiba Amrouche, entre dans le cadre des festivités, à l'occasion de Yennayer 2968, officiellement célébré à travers tout le territoire national.
Kader Bentounès /APS

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