mardi 16 octobre 2018 01:28:18

Célébration de Yennayer : Dans la joie à Alger

Communion et convivialité

PUBLIE LE : 13-01-2018 | 0:00
D.R

C’est dans la communion, la joie et la convivialité qu’Alger a célébré, hier en fin d’après-midi le nouvel an amazigh, yennayer 2968.

La commémoration, riche en couleurs, a été rehaussée par la présence d’une délégation gouvernementale composée de la ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghebrit, de la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Mme Fatma-Zohra Zerouati, du ministre de la Communication, M. Djamel Kaouane ainsi que du ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi.
La délégation de l’Exécutif a été accueillie au siège de la wilaya d’Alger par le wali, M. Abdelkader Zoukh, avant de parcourir à pied le chemin menant vers la place Emir Abdelkader où des troupes folkloriques kabyles, chaouies et terguies, reconnaissables à leurs habits traditionnels, dansaient sur des rythmes de musique authentique sous les applaudissements d’un public nombreux.
Un spectacle fascinant qui a drainé, en effet, une foule d’admirateurs venus apprécier la culture algérienne dans sa diversité. La place Emir Abdelkader était noire de monde. Des femmes, des vieux, des jeunes et moins jeunes tenaient à saluer la délégation officielle. Celle-ci a pris part à l’inauguration d’une nouvelle enseigne de l’APC d’Alger-Centre écrite en tamazight. Cette initiative du P/APC, Abdelhakim Bettache, a été applaudie par l’ensemble des présents. M. Bettache nous confie qu’il sera procédé prochainement à la mise en place d’une stèle de Massinissa au niveau de Tafourah qui sera, à l’occasion, rebaptisée au nom de ce roi numide qui a marqué son époque. Devancée par une calèche censée représenter une partie de la cérémonie de mariage traditionnel amazigh, la délégation officielle à poursuivi son chemin vers la Grande-Poste puis vers la place Audin.
Aux abords de cette place, étaient tenues de nombreuses expositions reflétant le riche patrimoine amazigh dans sa dimension diversifiée. 
Empruntant le tunnel des Facultés, la délégation a ensuite regagné la salle Ibn Khaldoun pour assister à un spectacle animée par plusieurs artistes.  Sur les lieux, il a été rappelé la décision historique du Président de la République qui a inscrit Yennayer à l’agenda des fêtes officielles consolidant ainsi l’unité du peuple algérien non sans promouvoir son identité amazighe et sa culture millénaire.
Karim Aoudia


Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, depuis Ghardaïa :
La presse nationale appelée à œuvrer au renforcement du référentiel identitaire

Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a appelé la presse nationale «sans distinction» à œuvrer au renforcement du référentiel identitaire algérien et à la consolidation de la cohésion et l’inclusion sociales.
S’exprimant en marge du coup d’envoi d'une semaine culturelle du patrimoine amazighe célébrant Yennayer 2968, sous le Slogan «Yennayer nous rassemble», le ministre a réaffirmé que cette fête nationale est un «patrimoine commun à tous les Algériens sans exception, qu’il faut valoriser et préserver».
M. Kaouane a, dans le même sens, loué la décision du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, d’officialiser cet évènement national, afin de réconcilier les Algériens avec leur identité dont la dimension amazighe constitue une part essentielle. «Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a ajouté une autre pierre dans l’édification nationale de la réconciliation», a-t-il souligné.
«Les médias nationaux doivent jouer un rôle prépondérant pour contribuer au renforcement de la dimension identitaire, conformément aux dispositions de la Constitution», a-t-il soutenu. Et d’ajouter : «Notre pays vit, en effet, au rythme d’une dynamique sociétale qui plonge ses racines référentielles dans les profondeurs de notre patrimoine national ancestral qu’il faut capitaliser et préserver».
Le ministre de la Communication a entamé sa tournée à Ghardaïa par une visite au siège de la radio régionale de Ghardaïa où il s’est enquis du rôle de ce média local dans le renforcement de l’identité nationale et la cohésion sociale de la région, ainsi que son apport dans l’accès de tous les habitants de la wilaya à l’information et aux débats de proximité.
Djamel Kaouane a procédé, à la place emblématique du souk de Ghardaïa, à l’ouverture officielle des festivités de la semaine culturelle amazighe de la wilaya, qui s’étalent du 11 au 16 janvier en cours. Plusieurs programmes d’activités marquant cet événement ont été concoctés par de nombreux acteurs de la société civile locale, en collaboration avec la direction de la culture de la wilaya.
Ainsi, des activités culturelles et gastronomiques ont été organisées à la place du marché de Ghardaïa ainsi qu’au siège de la wilaya.
Des séances de lecture de poésie amazighe mettant en relief cette tradition millénaire ainsi que ses rites ont été également mis en exergue devant une foule nombreuse, en plus d’une exposition de tableaux de peinture réalisés par des jeunes artistes autour de la thématique de l’amazighité.
Les enfants ont également participé à une exposition de tenues et d’habits traditionnels de la région de Ghardaïa et ses environs.


« Renforcement de la cohésion du peuple »

M. Kaouane, a déclaré, à cette occasion, que «Yennayer officialisé constitue un évènement national donnant à la dimension amazighe, une place importante dans la vie sociale des Algériens». S’exprimant lors d’un point de presse, le ministre a tenu à rappeler que cet acte «historique» décidé par le Président de la République contribue inéluctablement au renforcement de la cohésion du peuple algérien qui s’enrichit, après la constitutionnalisation de tamazight comme langue nationale officielle, d’un autre acquis identitaire. «Le secteur de la Communication, à travers les média publics, s’est mis au rendez-vous de ces festivités de Yennayer sur l’ensemble du territoire national, en vue de promouvoir notre identité amazighe et cela depuis plusieurs années», a-t-il souligné. Pour la première fois, la célébration de Yennayer n’est pas passée inaperçue et connaît cette année une large participation des acteurs associatifs et de l’ensemble des Algériens qui veulent ressusciter cette tradition ancestrale, a ajouté le ministre, signalant que cette fête est «un rendez-vous avec l’Histoire et une ponctualité que nous devons à la vision clairvoyante du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a toujours œuvré pour la réconciliation». Auparavant, le ministre de la Communication s’était enquis des conditions de travail au siège de la radio locale de Ghardaïa, avant de visiter le centre de télédiffusion d’Algérie (TDA) où il a procédé au lancement de la Chaîne deux (en tamazight) sur les ondes FM pour permettre aux habitants de la région de bien capter cette chaîne radiophonique amazighe.   M. Kaouane achèvera sa visite à Ghardaïa en assistant dans la soirée à un gala artistique animée par des troupes folkloriques de la région. (APS)

4e édition du Prix du président de la République du journaliste professionnel
« L’identité nationale »


Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a annoncé que le thème de «l’identité nationale» a été retenu pour la 4e édition du Prix du Président de la République du journaliste professionnel 2018.
Le ministre a déclaré que le choix de ce thème coïncide avec l’officialisation par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de cette fête nationale du 12 janvier de chaque année déclarée chômée et payée.
Le thème de la dernière édition de ce prix, décerné à l’occasion de la journée nationale de la Presse le 22 octobre, a été «La préservation de l’environnement, clé du bien-être public et du bonheur social». (APS)


M. Mohamed Aïssa :
« Promouvoir davantage la langue »


Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, a exprimé jeudi dernier à Bouira son engagement à œuvrer pour le développement et la promotion de la langue amazighe à travers des programmes qui seront lancés dans les différents instituts, mosquées et écoles du secteur et ce, à partir de cette année. «Notre département veut contribuer, lui aussi, à la promotion des origines amazighes (de l'Algérie) à travers l’enseignement obligatoire de tamazight dans les instituts de formation des imams à Bouira, Tizi-Ouzou (Institut Illoula) ainsi qu’à Batna (Institut Al Zana El Baidae)», a-t-il annoncé, relevant que «ce programme entrera en vigueur à partir de cette année (2018)». «Nous sommes venus pour célébrer pour la première fois Yennayer de façon officielle à Bouira. Nous sommes très fiers de notre appartenance et de nos origines amazighes qui constituent l’une des constantes de l’identité nationale», a déclaré M. Aïssa, à l’ouverture d’un colloque national sur le thème «Les valeurs civilisationnelles dans le patrimoine culturel amazigh» organisé à la maison de la culture Ali-Zaâmoum de la ville de Bouira. Dans ce cadre, le ministre a expliqué que les étudiants inscrits dans les instituts vont apprendre la langue amazighe pour comprendre et connaître leurs origines et pour la parler avec fierté pour s’exprimer sur leur religion. «Les imams seront tous appelés à apprendre tamazight dans le cadre des cours d’amélioration du niveau et réactualisation des connaissances», a-t-il dit, en visitant une exposition de produits artisanaux traditionnels berbères organisée au hall de la maison de la culture. Et d'insister : «Nous allons veiller à ce que les imams maîtrisant tamazight fassent obligatoirement» les prêches en langue amazighe. L’année 2968 sera celle de la sortie du livre de Tafsir du Saint Coran en langue amazighe, sur lequel des savants, des chercheurs sont en train de travailler en collaboration avec le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA) pour la préparation de cette œuvre, a ajouté le ministre, qui a donné un aperçu sur l’histoire des origines amazighes en Algérie et sa relation avec l’islam.
 Au cours de sa visite à Bouira, M. Aissa s’est rendu à l’Institut national spécialisé dans la formation des cadres de l’administration des Affaires religieuses et des Waqfs, situé au centre-ville, où il a visité les différents services. Sur place, il a instruit les différentes responsables à œuvrer de façon à enseigner la langue amazighe dans cet établissement. La délégation ministérielle s’est dirigée par la suite vers la ville de Sour Ghozlane (sud de Bouira) où le ministre a visité l’école coranique du Cheikh Abdelkrim Al M’ghili. (APS)


Le directeur du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de l’amazigh :
« consécration des symboles de l’identité et de l’unité nationales »

«L’Algérie a consacré des symboles forts de son identité et de son unité nationale à travers l’officialisation de la langue amazighe et de Yennayer comme fête nationale», estime l’anthropologue et linguiste Abderrezak Dourari. «Avec l’institutionnalisation de Yennayer, journée chômée et payée, c’est «un symbole très fort qu’on envoie à la société pour son unité et sa survie», a-t-il dit, ajoutant qu’à travers cette décision «l’Etat algérien a revêtu le costume de l’algérianité, de son histoire et de sa véritable identité».  Pour cet universitaire, l’Algérie à l’instar des autres pays, a actualisé son récit national, à travers un ensemble de symboles, dont celui de la langue amazighe, leur bien millénaire commun est son aspect le plus visible représenté par la fête agraire de Yennayer.  
M. Dourari, qui est également directeur du Centre national pédagogique et linguistique de l’enseignement de tamazight, rappelle que c’est le mouvement citoyen d’avril 1980 (Tafsut imazighen ou Printemps amazigh, ndlr), regroupant notamment des spécialistes des sciences sociales et humaines, qui avait appelé à réunifier l’identité algérienne autour du socle commun et millénaire de l’amazighité. Il signale, par ailleurs, que cette revendication avait commencé à se manifester, dès 1926, l’année marquant la naissance du Mouvement national de libération sous l’égide de l’Etoile Nord-Africaine. Désormais, ajoute-t-il, il reste à passer à une autre étape consistant à recueillir les divers parlers amazighs à travers tout le pays et à les analyser, un travail dont il estime qui va prendre du temps pour que le tamazight s’installe dans tous les secteurs de la vie publique, les APC, les tribunaux et les administrations d'une manière générale.
 Des divers types de graphies (tifinagh, arabe et latin) avec lesquels sera rédigé le tamazight, l’intervenant refuse de se prononcer, estimant que c’est à l’Académie de la langue amazighe qu’incombera en dernier lieu le rôle de les normaliser, sur la base des travaux déjà entrepris, dès le 19e siècle, autour des différents types régionaux de parlers amazighs. L’Académie algérienne de la langue amazighe aura pour tâche de filtrer tous les travaux accomplis jusque-là et de réorienter cet acquis dans le sens où tamazight est passée au rang de langue officielle.  Sur le caractère de l’enseignement de la langue amazighe, M. Dourari a soutenu, à partir du postulat attestant une diversité culturelle et linguistique des différentes régions du pays, qu’on «ne peut pas forcer des gens à une graphie bien déterminée», estimant que l’Académie de la langue amazighe «est censée normaliser dans les trois graphies».
 Pour M. Dourari, cette académie «doit fonctionner sur les principes de la linguistique qui reconnaît et décrit la différence avant de passer à la normalisation de chacune des variétés et de savoir, par la suite, s’il y a un besoin d’une langue unifiée», estimant qu’il était «nécessaire de constituer un corpus général de la langue amazighe par variétés et de constituer une base lexicale spécialisée pour chacune des variétés».
Salima Ettouahria

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