dimanche 21 octobre 2018 01:39:42

immeubles de la capitale : Ces tags et graffitis qui agressent le regard

Que peut observer aujourd’hui le regard avisé du citoyen qui se promène dans les rues de la capitale? De fort belles vitrines de magasins certes, pour la plupart relookées de façon plutôt séduisante, sans doute afin de mieux allécher la clientèle.

PUBLIE LE : 11-01-2018 | 0:00
D.R

Que peut observer aujourd’hui le regard avisé du citoyen qui se promène dans les rues de la capitale?  De fort belles vitrines de magasins certes, pour la plupart relookées de façon plutôt séduisante, sans doute afin de mieux allécher la clientèle.
Parallèlement, son regard sera certainement interpellé par la multiplication, devenue inquiétante, de graffitis, tags et affiches apparus depuis peu sur presque tous les murs des immeubles, sans aucune recherche artistique, destinés pour la plupart à provoquer ou à injurier. Les temps sont aussi ceux d’une débauche d’affichage sauvage à caractère publicitaire (affichage des partis politique lors des campagnes électorales, des agences de voyages touristiques, affichages privés de services quelconques tels que les cours particuliers, réparations diverses, etc.)
Sans envahir tous les murs d’Alger, les ravages sont particulièrement évidents en de nombreuses rues de la capitale... Car à partir du moment où le graffiti, le tag ou l’affiche sont faits sur la propriété d’autrui ou de l’État, l’acte en question devient du vandalisme. Un calvaire donc pour les services concernés des APC de la capitale. Comment faire alors pour retirer ces graffitis, ces tags et ces affiches de partis politiques qui n’ont plus de sens une fois le scrutin électoral passé ? À défaut de machines qui servent déjà sous d’autres cieux à retirer les affiches des murs —ou ce qui en reste—, n’est-il pas tout au moins indiqué de procéder de la façon la plus élémentaire qui soit, autrement dit de façon manuelle ? Il suffirait, à cet effet, de faire appel à la bonne volonté des citoyens, à commencer par les commerçants eux-mêmes afin qu’ils contribuent à faire le travail requis de nettoyage, ou bien en employant à cette fin des jeunes désœuvrés qui ne demanderaient pas mieux que de gagner un petit pécule en échange du service accompli.
Et ce n’est pas tout. La répression étant théoriquement et en dernier recours le rôle principal de la police et de la justice, chacun, qu’il soit simple citoyen ou éducateur, a un devoir de citoyen auprès de ceux qui transgressent l’environnement urbain, soient-il jeunes ou moins jeunes. Le débat reste donc ouvert car il semble que les positions, quand la réflexion peut prendre le dessus, ne soient pas inconciliables. Ce qui paraît le plus regrettable face au phénomène du graffiti, du tag et de l’affichage sauvages, c’est l’attitude laxiste, voire immobiliste des responsables publics : laisser faire sans réagir, ne pas sanctionner tandis que les murs d’immeubles donnent une image des plus affligeantes de la capitale. Or, avant tout, cela nécessite un travail préalable de prévention qui s’enseigne et commence en premier lieu à l’école. Lorsque, par exemple, on a souillé une table d’écolier sans être obligé d’y remédier en nettoyant, c’est la transgression d’un interdit sans conséquence... Autrement dit, c’est ainsi que s’installe peu à peu, avec le temps, le manque de repères constaté à présent chez une bonne partie de la jeunesse et c’est aussi de cette manière que progresse la petite délinquance. Pour tout dire les graffitis, tags et affichages sauvages devraient être rangés dans la catégorie des dégradations réprimées par la loi : nombre d’articles différencieraient les peines encourues selon que le délit est commis seul ou en groupe, sur des biens privés ou publics, et que la dégradation est légère ou indélébile. Dans tous les cas, des peines d’emprisonnement peuvent être prononcées, assorties de fortes amendes. Certes, peu de tagueurs, que l’on sache, ont été condamnés à la prison ferme dans notre pays. Est-ce l’une des raisons de l’ignorance de la part des jeunes des risques qu’ils encourent ? Si l’on se fie, par exemple, à la «théorie de la vitre cassée», développée notamment aux États-Unis, le graffiti et le tag sont considérés comme des facteurs d’insécurité car ils laissent aux populations le sentiment que leur quartier est délaissé par les pouvoirs publics et que les incivilités sont impunies. En allant jusqu’à comparer le graffiti à des «métastases», l’opinion publique de ce pays conclut souvent par cette opinion : «les journaux qui estiment que c’est de «l’art urbain», même s’il est appliqué aux murs dépendant de la propriété d’autrui ou de l’Etat, fournissent le discours idéal pour une génération (les jeunes, ndlr) qui refuse de grandir.».
Kamel Bouslama
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions