lundi 25 juin 2018 18:39:23

Loi de finances 2018 : Appliquer des prix économiquement supportables

Les nouvelles dispositions de la loi de finances 2018, entrées en vigueur le 1er janvier, suscitent les craintes des ménages qui appréhendent des difficultés pour leur pouvoir d’achat.

PUBLIE LE : 04-01-2018 | 0:00

Les nouvelles dispositions de la loi de finances 2018, entrées en vigueur le 1er janvier, suscitent les craintes des ménages qui appréhendent des difficultés pour leur pouvoir d’achat. Mais, selon le gouvernement, ces craintes ne sont pas justifiées puisque ladite loi ne devrait pas avoir d’impact sur les prix des produits de large consommation. En effet, seules les taxes sur les carburants et le tabac ont connu des augmentations. Ainsi, le relèvement de la Taxe sur les produits pétroliers (TPP) directement applicable sur les carburants reste l’une des mesures les plus importantes de la loi en question.
Les hausses de la TPP en 2018 concerneront l’essence super et sans plomb, l’essence normale et le gasoil. Dès lors, les nouveaux prix à la pompe seront de 38,64 DA pour l’essence normale (contre 32,69 DA en 2017), de 41,67 DA pour l’essence super (contre 35,72 DA en 2017), de 41,28 DA pour l’essence sans plomb (contre 35,33 DA en 2017) et de 22,8 DA pour le gasoil (contre 20,42 DA en 2017). Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, avait souligné que l’Algérie reste le pays où les carburants sont les moins chers au monde et qu’il faudra désormais « appliquer progressivement des prix économiquement supportables afin d’équilibrer nos dépenses destinées aux subventions, préserver l’environnement et rationnaliser la consommation énergétique, dans un pays qui en consomme beaucoup (15 millions de tonnes par an dont plus de 350.000 tonnes de GPL)». Quant au tarif de la taxe additionnelle sur les produits tabagiques, il a été fixé à 21 DA par paquet. Le produit de cet impôt sera réparti à hauteur de 10 DA au budget de l’Etat, 6 DA au profit du Fonds pour les urgences et les activités de soins médicaux, 2 DA pour le Fonds national de sécurité sociale, 2 DA pour le Fonds de lutte contre le cancer et 1 DA pour le Fonds de solidarité nationale.
En outre, une taxe de domiciliation bancaire sur les opérations d’importation est instaurée pour un taux de 1% du montant de l’importation, et ce, pour toute demande de domiciliation d’une opération d’importation de marchandises, sans que le montant soit inférieur à 100.000 DA. Par ailleurs, dans le cadre de la préservation de l’environnement, les taxes sont augmentées pour les activités polluantes, les eaux usées industrielles, les huiles usagées et les sacs en plastique. Pour lutter contre la spéculation dans le foncier industriel, une pénalité sera payée par tout bénéficiaire de terrain à vocation industrielle mis sur le marché par voie de cession par des organismes publics ou par voie de concession par les Domaines, dans le cas où il demeure inexploité pour une période supérieure à trois ans. Et parmi les mesures phare de la LF 2018 figure, entre autres, l’exemption de la TVA des opérations de vente de l’orge et du maïs ainsi que les autres matières destinées à l’alimentation de bétail.
Cette mesure s’explique par le fait que la filiale de l’aliment de bétail est confrontée à d’énormes difficultés liées à la demande croissante des éleveurs pour ces produits et à la cherté de leur prix. Il est utile de rappeler que les dépenses budgétaires globales prévues par la LF-2018 sont de 8.628 milliards de dinars dont 4.043,31 mds de DA pour les dépenses d’équipement et 4.584,46 mds de DA pour les dépenses de fonctionnement.
La LF-2018 prévoit également, au titre du paiement des dettes détenues par les entreprises du BTP auprès de l’Etat, de puiser dans le budget d’équipement un montant de 400 mds de DA.
La loi de finances connaît aussi une liste additive des produits concernés par une hausse de la taxe sur la consommation interne fixée à 30%. Il s’agit de produits importés et dont les équivalents sont déjà fabriqués localement. Le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, parle d’une action de renchérissement du produit importé, tout en rendant plus compétitif le produit national.
Il tient à préciser que les mesures dissuasives à l’importation ne vont pas se traduire par des pénuries, mais les produits de consommation secondaire seront certainement plus chers.
Les dépenses publiques prévues pour 2018 vont dépasser les 8.600 milliards de dinars, tandis que les recettes fiscales devraient progresser de 10%.
Salima Ettouahria
 

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