Le Coin du copiste : L’année YENNAYER

L’année 2018 ne pouvait commencer mieux avec l’annonce officielle en Conseil des ministres de la consécration de Yennayer, journée nationale chômée et payée
PUBLIE LE : 04-01-2018 | 0:00

L’année 2018 ne pouvait commencer mieux avec l’annonce officielle en Conseil des ministres de la consécration de Yennayer, journée nationale chômée et payée. Désormais, il faut se mettre à jour et célébrer cette date dans toutes les régions du pays, comme le font les Beni Snous du côté de Tlemcen, vraisemblablement les seuls à avoir préserver une façon unique de fêter Yennayer à l’ancienne avec la procession de la population habillée pour la circonstance, vers le centre de la localité. Nous ne savons s’il existe des documentaires montrant cette célébration à la mode Beni Snous. Nous ne savons rien de la manière dont est fêtée Yennayer en Libye, au Maroc, en Tunisie, en Egypte et dans d’autres régions du pays, il est temps de le faire connaître avec des documentaires audiovisuels. La production audiovisuelle en Tamazight gagnerait à se mettre au diapason de Yennayer et de lancer une dynamique dans la foulée durant l’année en cours. Les films cinéma en tamazight a jusque-là connu ses années d’or avec le moyen-métrage La fin des Djin, de Cherif Aggoune, puis avec le saisissant Machahou, de Belkacem Hadjadj, le sublime La Montagne de Baya, d’Azzedine Meddour et enfin le long-métrage La Colline oubliée, de Abderrahmane Bouguermouh, film qui devait être le premier à être montré au public, vu qu’il a mobilisé pour sa production toutes les régions kabyles de l’Algérie. Depuis, plus rien, c’est la stagnation en termes de production. N’ayant trouvé que la télévision nationale en tamazight pour la diffusion de leurs films, les producteurs se sont lancés dans des films et des feuilletons dans le pur style télévisuel, dépourvus pour la plupart de dimension artistique. La télévision paye le film ou le feuilleton en minutes et les productions se sont métamorphosées en produits longue durée pour gagner plus. Ridicule mais c’est ainsi. Le festival du film amazigh n’a pu changer la donne en dépit de cet événement culturel qui assure la promotion et qui encourage la production en misant sur des prix en argent et sur la formation des jeunes aux techniques audiovisuelles. Ce festival devra mettre les bouchées doubles pour être à la hauteur de l’année 2018, année exceptionnelle pour tamazight. Il devra offrir une meilleure vitrine de la création audiovisuelle en tamazight mais aussi promouvoir le livre, la musique et le théâtre édité ou produit en tamazight. Le festival devrait s’ouvrir afin d’assurer sa survie, en assurant la promotion de la filmographie algérienne et ce, en instituant un volet «carte blanche à un cinéaste» qui choisira 4 films qu’il présentera au public. Les participants au festival devraient aussi donner un prix du public aux films en compétition. Bref, les organisateurs du festival du film amazigh auront la lourde tâche d’être à la hauteur cette année, faire de l’événement une fête qui fera date.
Abdelkrim Tazaroute


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