vendredi 27 avril 2018 07:26:19

Violentes protestations en Iran : UNE GUERRE PAR PROCURATION ?

Neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans le centre de l'Iran, où des manifestants ont tenté de prendre d'assaut un poste de police, lors de violences liées à un mouvement de contestation antigouvernemental sans équivalent depuis 2009.

PUBLIE LE : 03-01-2018 | 0:00
D.R

Neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans le centre de l'Iran, où des manifestants ont tenté de prendre d'assaut un poste de police, lors de violences liées à un mouvement de contestation antigouvernemental sans équivalent depuis 2009. Au total, 21 personnes —dont 16 manifestants— ont été tuées depuis le début jeudi des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir, qui ont commencé à Machhad (nord-est) pour se propager rapidement à l'ensemble du pays. La capitale iranienne Téhéran est globalement moins touchée par les protestations que les villes petites et moyennes mais 450 personnes y ont été arrêtées depuis samedi, selon les autorités locales. Accusant une «petite minorité» de «fauteurs de troubles» qui utilisent la violence, le président iranien Hassan Rohani a assuré que le gouvernement était déterminé à «régler les problèmes de la population», en particulier le chômage (12% de la population active). Les autorités ont déployé des forces de sécurité supplémentaires pour faire face au mouvement de protestations en cours, qui ne paraît pas être particulièrement structuré, notamment à sa tête. Selon la télévision d'Etat, six manifestants sont morts dans des affrontements nocturnes avec les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de prendre d'assaut un poste de police à Qahderijan, dans la province d'Ispahan. À Khomeinyshahr, dans cette même région du centre de l'Iran, un enfant de 11 ans a été tué et son père blessé par des tirs de manifestants alors qu'ils passaient près d'un rassemblement. Un membre des Gardiens de la révolution a par ailleurs été tué et un autre blessé par des tirs de fusil de chasse à Kahriz Sang (centre). Les autorités avaient en outre fait état lundi soir de la mort d'un policier, tué par des tirs d'une arme de chasse à Najafabad. Une centaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées lundi soir dans la province d'Ispahan, toujours selon la télévision d'Etat. Les autorités accusent des «fauteurs de troubles» armés de s'infiltrer parmi les manifestants et certains dirigeants ont pointé du doigt le rôle présumé de «contre-révolutionnaires» installés à l'étranger. Le général Rassoul Sanaïrad, l'adjoint politique du chef des Gardiens de la révolution, a ainsi accusé les Moudjahidines du peuple et les groupes monarchistes basés à l'étranger «d'être derrière ces événements», selon l'agence Tasnim. Le vice-ministre iranien de l'Intérieur, Hossein Zolfaghari, s'est lui montré optimiste. «Dans la plupart des régions du pays, les gens coopèrent avec les forces chargées du maintien de l'ordre et de la sécurité. Les troubles dans certains endroits vont finir très vite», a-t-il déclaré selon plusieurs médias.
 

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