dimanche 23 septembre 2018 04:40:26

Sahel : Défis sécuritaires crise humanitaire et influences étrangères

Le continent africain a suscité de plus en plus l’intérêt de la communauté internationale, notamment la région du Sahel, en 2017, où des actions de lutte antiterroriste ont été menées afin de sécuriser cette partie de l’Afrique et préserver la paix et la sécurité internationales, ce qui expose le Sahel aux «calculs» stratégiques d’acteurs étrangers désirant élargir leur influence et maintenir leurs intérêts sur le continent.

PUBLIE LE : 31-12-2017 | 0:00
D.R

Le continent africain a suscité de plus en plus l’intérêt de la communauté internationale, notamment la région du Sahel, en 2017, où des actions de lutte antiterroriste ont été menées afin de sécuriser cette partie de l’Afrique et préserver la paix et la sécurité  internationales, ce qui expose le Sahel aux «calculs» stratégiques d’acteurs étrangers désirant élargir leur influence et maintenir leurs intérêts sur le continent.
 Des analystes politiques et des experts militaires en questions africaines ont affirmé que l’éradication du groupe terroriste dit «Daech» ainsi que la suractivité des groupes terroristes dans la région du Sahel ont suscité   l’intérêt international à l’Afrique, traduit par une forte présence militaire à travers l’établissement des bases militaires, l’envoi des   conseillers et experts militaires, l’augmentation des programmes   d’entraînements et de manœuvres ainsi que la signature de conventions de   financement des forces et opérations militaires.  «Daech a essuyé un échec dans la région du Moyen-Orient», ont mentionné les   experts du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme   (CAERT) dans leurs recommandations, lors de la dernière réunion tenue en Algérie, en faisant allusion aux avertissements croissants concernant le déplacement de près de 6.000 éléments armés de ce groupe terroriste vers la   région du Sahel en provenance de l’Irak et de la Syrie.  Dans le but de faire face à ces défis sécuritaires menaçant le continent,   l’Union africaine (UA) a appelé à une forte approche globale et flexible touchant tous les aspects économique, social, politique et militaire, pour empêcher l’extrémisme violent, à même d’éradiquer les facteurs favorisant le terrorisme à travers tout le continent africain en se basant sur la   prévention tout en accordant la priorité aux jeunes.  Parallèlement à la multiplication des avertissements quant au transfert de   l’activité terroriste vers l’Afrique, notamment la région du Sahel, de   nouvelles approches sécuritaires occidentales ont émergé (France et Etats-Unis) pour faire face au terrorisme en adoptant des politiques   d’intervention par procuration, à travers la mise en place des forces   territoriales ou locales, outre la prolifération des techniques sécuritaires avancées, notamment les drones dans certains pays proches des  zones de conflits.  C’est pourquoi le président français, Emmanuel Macron, a mobilisé son   soutien au profit du Groupe5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger   et Tchad), formé octobre passé pour faire face aux groupes terroristes dans   la région.   Le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni, a exprimé, pour sa part, la   détermination de son pays de transférer un nombre de ses forces se trouvant en Irak (470 individus) vers le Niger, alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé à l’impératif d’accélérer l’application des mesures de lutte contre le terrorisme dans la région à travers des aides logistiques et financières de la part de l’Union européenne (UE). L’assassinat de quelques soldats américains dans une embuscade au Nord du Niger en octobre dernier a consolidé la volonté du Pentagone à consacrer   l’existence militaire américaine dans la région du Sahel à travers un accord avec les autorités de Niamey permettant aux forces américaines d’utiliser des drones à partir d’une base en cours de réalisation à Ghadamès, qui est la deuxième du genre après celle de Djibouti.  
A l’approche du lancement des opérations de la force militaire du G5 Sahel appuyée par la France pour «faire face au terrorisme dans la région», des experts en questions africaines ont minimisé la capacité de cette force à relever ces défis, indiquant que l’échec de ces efforts mène la région du Sahel à une guerre de bandes permanente et à une guerre par procuration qui ravage encore plus l’économie vulnérable de ses Etats tout en fragilisant leur sécurité et leurs capacités pour contrecarrer la migration clandestine, le trafic de drogues et la criminalité transfrontalière.  
 
Crise à triple dimension

Bien que la région du Sahel recèle d’importantes richesses naturelles, telles que l’or, l’uranium et le pétrole, il n’en demeure pas moins qu’elle compte parmi les régions à plus faible croissance dans le monde, comme en témoignent ses populations qui souffrent d’une crise à triple dimension, à savoir la pauvreté, la rudesse du climat et l’insécurité.  Selon des rapports de l’ONU et d’agences de secours internationales, les   besoins de la région du Sahel en 2017 s’élevaient à 22 milliards de dollars. Un montant nécessaire pour faire face à une crise alimentaire et humanitaire aiguë qui a pris en proie huit pays de la région (Tchad, Mali,   Niger, Cameroun, Nigeria, Burkina Faso, Mauritanie et Sénégal), et pour   venir en aide à pas moins de 15 millions de personnes hantées par le spectre de la famine.  Pas moins de 11 millions de personnes dans les pays riverains du Bassin du Lac Tchad ont besoin de secours urgents et 500.000 autres au moins   commencent à présenter des symptômes de malnutrition, notamment au Mali qui   fait face à des tensions d’ordres politique et économique, ajoute-t-on de   même source.  Les Nations Unies ont intensifié les appels en faveur de la reconstitution des réserves des pays concernés en produits alimentaires de base dans une   tentative de faire revenir 5 millions d’habitants qui ont quitté leurs   villages en raison des conditions de vie difficiles et de la sécheresse vers leurs pays d’origine, et pour limiter les mouvements de migrants   clandestins vers le Nord, a indiqué le coordinateur général de l’ONU pour   les activités de secours humanitaires, Toby Lanzer.  La région du Sahel pourrait faire face à de «graves répercussions» si des   mesures ne sont pas prises pour stopper les vagues d’exode, a mis en   garde un responsable au Comité international de la Croix rouge (CICR) lors   d’un forum international sur la paix et la sécurité en Afrique. Ceci doit   se faire par la relance de l’activité commerciale afin de convaincre les   populations de rester dans leurs régions respectives, a-t-il estimé.   L’expert international a déploré le fait que les efforts soient centrés   sur les questions sécuritaires dans la région «au moment où des familles   entières souffrent de famine et voient leurs chances de vie s’amenuiser».  Les experts et observateurs de la question africaine conviennent de   l’absence d’une approche globale de développement pour le traitement de la crise à laquelle est confrontée la région du Sahel. Les préoccupations des   acteurs sur les plans interne et externe s’articulent soit autour de   l’aspect sécuritaire et militaire ou la lutte antiterroriste, ce qui   entraîne un échec récurrent en matière de résolution de la crise en raison   de l’exclusion des autres approches.  
Le règlement de la situation dans cette région sensible requiert des   solutions durables et des mesures diverses et intégrées, affirment les   experts qui préconisent de ne pas se restreindre à la seule dimension   sécuritaire et militaire.  Pour ces spécialistes, couper les liens entre les jeunes, les groupes   terroristes et les réseaux de crime organisé nécessite impérativement de contenir les diverses orientations politiques, notamment chez les jeunes   ainsi que le soutien du dialogue politique interne dans les pays de la   région à travers la recherche de solutions réalistes aux conflits locaux   «séparatistes» qui surviennent souvent en raison de politiques de   marginalisation et d’exclusion prenant en compte les spécificités   culturelles et ethniques. (APS)  
 

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