samedi 21 juillet 2018 02:39:34

Le Coin du copiste : LA NUIT DU NOCTAMBULE

Le noctambule s’offre la meilleure grille des programmes de la Télévision algérienne. A partir de deux heures du matin, il peut zapper entre Canal Algérie, A3 et TV4 et choisir son programme.

PUBLIE LE : 28-12-2017 | 0:00
D.R

Le noctambule s’offre la meilleure grille des programmes de la Télévision algérienne. A partir de  deux heures du matin, il peut zapper entre Canal Algérie, A3 et TV4 et choisir son programme. Il y a de tout, des films, de la variété, du football, des feuilletons et des émissions culturelles. Il faut toutefois veiller à baisser le son, car dans les productions algériennes, les comédiens ne parlent pas, ils crient et, parfois même, ils hurlent, soit pour pleurer sur leur sort ou pour illustrer leur détresse. Le feuilleton algérien, c’est bien la nuit. Les Algériens habitent tous dans de luxueuses villas, les hommes sont tous costumés et les femmes trop maquillées et trop fortes physiquement. Elles se sentent bien dans leurs immenses cuisines, très bien équipées, et reçoivent leurs amies. Ils habitent dans de grandes villas dotées de piscine, mais personne ne nage, ni les hommes ni les femmes. Il y a aussi des jardins, mais personne ne s’en occupe, pas même un jardinier payé au SMIG. C’est drôle ! Les jeunes sont habillés à la dernière griffa, ils ont tous des problèmes de cœur et ne réussissent pas dans leurs études, mais leurs parents ne s’en soucient pas. L’argent règle tout, le temps d’un épisode. Pour le spectateur qui ne connaît pas l’Algérie, il va croire que c’est un royaume de villa où il fait beau, mais où personne ne pense à piquer une tête. Dans les feuilletons, filmés à 98% dans des intérieurs, le reste ce sont des plans de coupe où le spectateur voit la ville, la nuit. Il arrive quand même qu’un couple longe la plage, main dans la main. Et puis, il y a les films, la nuit. Au hit parade des films diffusés à une cadence mensuelle, on retrouve Hassan Niya, de Ghouti Bendedouche, sans la scène finale où Rouiched embrasse Fattouma Ousliha, et l’incontournable Les vacances de l’Inspecteur Tahar, de Moussa Haddad, avec le duo Hadj Abderrahmane et Yahia Benmabrouk. On ne se lasse pas de les revoir ces deux-là. Des dialogues supers qui font tilt à chaque fois et qui font encore rire et puis, le film nous rappelle cette liberté qu’avaient les cinéastes. Cela étant, le film est amputé d’une bonne dizaine de minutes. Le spectateur peut regarder aussi La Bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo, L’Opium et le Bâton, d’Ahmed Rachedi, et Ben Boulaid, du même réalisateur. Pour les variétés, le spectateur est gavé de concerts de musique andalouse, à croire que les autres genres musicaux n’existent pas. Le chaâbi est toujours lésé. Côté documentaires, le Sud se taille la part du lion. Toutes les régions du Sud algérien sont montrées, leurs habitants, leurs coutumes et leurs us, leur musique aussi. Les villes du Nord n’intéressent pas les producteurs, parce qu’il n’y a pas de frais de mission et de prise en charge par les walis, généreux et disponibles quand il s’agit de vanter les couleurs de leur wilaya. La nuit offre d’ agréables surprises télévisuelles, mais la journée, c’est plutôt au petit bonheur la chance.
Abdelkrim Tazaroute

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