lundi 17 dcembre 2018 19:02:06

«Grand Prix Assia Djebar du roman» : Trois lauréats nominés

Des œuvres d’Assia Djebar et Kateb Yacine traduites en arabe et en tamazight

PUBLIE LE : 23-12-2017 | 0:00
Ph : Nacéra I.

Les noms des trois lauréats de la plus prestigieuse des distinctions littéraires dans la catégorie Roman, en Algérie, ont été dévoilés, jeudi soir, lors d’une cérémonie solennelle organisée au centre international des conférences (Club des pins) à Alger en présence des ministres de la communication, de la culture, respectivement Djamel Kaouane et Azzedine Mihoubi.

Créé dans la perspective de promouvoir la littérature algérienne, le «Grand Prix Assia Djebar du roman» vise à donner à celle-ci une audience internationale. Il récompense une œuvre de fiction en prose, qui se distingue par son originalité ou par son style. L’esprit Assia Djebar, c’est la quête de l’identité, l’authenticité du terroir, la pluralité linguistique du Maghreb et ses richesses, les voix féminines, le travail sur la mémoire et le patrimoine, les méfaits de la colonisation, le respect des valeurs humaines et l’ouverture sur l’universalité, la beauté de l’écriture. Le ministre de la communication, Djamel Kaouane, a, dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie, indiqué : «le grand Prix Assia Djebar du roman s’est imposé comme le premier prix de littérature en Algérie. Ce succès, je pense, on le doit d’abord à Assia Djebar qui a été une écrivaine universelle… elle a été primée dans plusieurs villes européennes.» Dans cette optique, le ministre de la communication a salué les efforts de l’ANEP et de l’ENAG pour l’organisation de cette compétition. Il a, en outre, souligné une forte participation des auteurs algériens et des maisons d’édition à cette compétition, «ce qui reflète l’intérêt accordé à ce prix qui porte le nom d’une grande romancière  algérienne», dit-il.
De son côté, le ministre de la culture, Azzedine Mihoubi, a  déclaré à la presse en marge de la cérémonie qu’«une réflexion sera lancée avec le ministère de la Communication pour donner au Grand Prix Assia Djebar du roman une dimension internationale»,  et ce «à travers l’ouverture du concours aux écrivains internationaux». Rappelant que le nom de Assia Djebar est un grand nom de la littérature algérienne d’envergure universelle, il a affirmé : «il faut que l’on décerne des prix de dimensions internationales.». Ce prodigieux prix de la littérature est une réalisation de l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (Anep) et de l’Enag (Entreprise nationale des arts graphiques). Organisée au centre international des conférences Club des pins, cette soirée a été rehaussée par la présence du ministre de la communication, Djamel Kaouane, du ministre de la culture, Azzedine Mihoubi, et d’autres cadres de l’Etat ainsi que des personnalités du monde culturel, de Hamidou Messaoudi, Directeur de l’Entreprise Nationale des Arts Graphiques (ENAG), de Larbi Bounoune, P-DG par intérim de l’ANEP, et des membres du jury du grand prix Assia Djebar dont Naget Khedda, Présidente du jury. Pas moins de 71 titres, dont 24 en arabe, 5 en tamazight et 42 en français, étaient en lice pour ce prix du roman, un jalon important dans l’industrie du livre et qui vise à promouvoir la culture algérienne, à instaurer une saine compétition entre éditeurs nationaux pour la production d’œuvres de qualité et à récompenser le mérite et l’effort chez les créateurs face à leur seule imagination. Trois œuvres littéraires en langue arabe, amazighe et française se sont vu décerner les trophées de ce Grand Prix pour sa troisième édition. Les trois heureux gagnants du Grand Prix Assia-Djebar sont Merezak Bektache pour son œuvre intitulée «El Matar Yaktoubou Siratahou» (La pluie écrit son parcours) en langue arabe, «Dwagi id Asirem-iw» (C’est mon espoir) de Mustapha Zaârouri en tamazight et «Boulevard de l’abîme» un livre du feu Noureddine Sâadi en langue française, qui est décédé il y a quelques jours. Dans son allocution d’ouverture, le Directeur de l’ENAG a indiqué que «l’ENAG a reçu les droits d’auteur des maisons françaises d’édition pour la traduction et l’édition de trois romans d’Assia Djebar en arabe et tamazight». il s’agit, selon M. Messaoudi, des titres «Blac de l’Algérie», «la femme sans sépulture» et «L’Amour, la fantasia». Tout en assurant que «ces ouvrages seront édités au cours de l’année 2018», le premier responsable de l’ENAG a souligné, en outre, que «l’ENAG a reçu  50%  des droits des œuvres de Kateb Yacine… Nous avons déjà engagé à traduire certaines œuvres en arabe et en tamazight». Pour sa part, M. Larbi Bounoune a mis en exergue l’accompagnement des pouvoirs publics pour la réussite de ce prix, qui reflète l’intérêt accordé à la culture et à la littérature. Composé d’universitaires et de critiques littéraires expérimentés, à savoir Naget Khedda, présidente, Amina Bekkat, Brahim Sahraoui, Abdelmadjid Merdaci, Abdelkader Bouzida, Hamid Bouhbib, Achour Fenni, le jury, «dans sa démarche à travers les titres qui étaient en lice pour le titre de lauréat pour ce grand prix de la littérature nationale avait tenu compte dans ses appréciations de l’esprit de Assia Djebar», a indiqué la présidente du jury. Exprimant sa satisfaction «de voir se poursuivre cette aventure», Naget Khedda a salué les membres du jury qui, selon elle, «ont montré un engagement sans faille par l’accomplissement de la tâche qui leur a été confiée et qui ont manifesté un souci scrupuleux de la juste évaluation des œuvres en compétition». Dans ce sillage, elle a tenu à rendre hommage aux auteurs et aux éditeurs qui aident à l’enrichissement de notre champ  culturel, et qui, dit-elle, « nous offrent, chaque année, des œuvres parmi lesquelles est repérée l’élite, digne du grand prix Assia Djebar».
La présidente du jury a exposé un panorama de la production qu’ils ont eu à examiner. «Nous avons réceptionné soixante et un romans émanant d’une vingtaine de maisons d’édition», a-t-elle indiqué, déplorant, tout de même, la participation d’auteurs d’âge avancé. S’agissant de la qualité des œuvres, elle a affirmé que «les membres du jury ont enregistré un bon tiers d’œuvres de qualité tout à fait honorable». Elle a regretté, en outre, «la diminution de la production en langue arabe qui était, l’an dernier, équivalente à la langue française».
Mme Khedda a indiqué une augmentation «légère» des œuvres en tamazight, «même si cette évolution n’est pas encore significative», a-t-elle lancé. Elle a déclaré que «la production en langue amazighe devra s’amplifier et gagnerait à surmonter deux difficultés majeures que les membres du jury ont notées». «Ces deux difficultés consistent à mieux métriser les structures du genre romanesque et mieux assoir les codes linguistiques amazighs», souligne-t-elle. En ce qui concerne la langue, elle a indiqué : «La tendance est de faire usage d’un lexique flottant qui brouille la circulation du sens.» Dans le même ordre d’idée, elle a appelé le HCA à «prendre en considération ces remarques dans son travail de codification et la diffusion de cette langue». 
Sihem Oubraham
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions