mercredi 13 dcembre 2017 06:30:06

Entretien, Amina Bedjaoui Haddad, productrice : « engagement personnel et collectif »

Productrice du film « Je te promets » de Mohamed Yargui, projeté mardi à El Mouggar à la faveur de la huitième édition du festival international du cinéma d’Alger, Amina Bedjaoui Haddad revient dans cet entretien sur la genèse du projet et la thématique qui l’a séduite pour promouvoir le film.

PUBLIE LE : 07-12-2017 | 0:00
D.R

Productrice du film « Je te promets » de Mohamed Yargui, projeté mardi à El Mouggar à la faveur de la huitième édition du festival international du cinéma d’Alger, Amina Bedjaoui Haddad revient dans cet entretien sur la genèse du projet et la thématique qui l’a séduite pour promouvoir le film.

Vous participez au FICA avec un court-métrage en hors compétition ?
« Cette fenêtre est dédiée au court-métrage promet aux prochaines éditions une compétition spéciale pour le film court, d’autant que la configuration de notre cinéma et le dynamisme des jeunes cinéastes algériens qui commencent à se faire remarquer dans le monde entier repose sur le court-métrage. Nous sommes très heureux de pouvoir participer au FICA avec ce film ».

Quels sont les moments forts du film ?
« C’est un film qui parle de la réalisation de soi, de promesse, de la promesse d’un frère à sa sœur depuis qu’ils étaient petits. Ce film explore le rêve, de cette petite fille, qui est de pouvoir partir un jour à Bejaia, faire ses études au lycée, et pouvoir voir sa maison depuis le mont de Yemma Gouraya, c’est tout simple et pourtant, ça ne s’est pas fait. Ce film parle des remords, des peurs quand on quitte sa ville et son village, quand la vie de quelqu’un s’arrête et qui n’arrive pas à se réaliser, c’est un film sur la scolarité des filles. Ce film a été projeté un peu partout, en Afrique, dans les pays arabe et en Europe, il a interpelé le public et a été apprécié en disant comment le réalisateur a pris la problématique de la scolarité des filles par ce point d’attaque ».

Quel était le coup de cœur qui vous a poussé à promouvoir le film ?
« C’est un sujet universel, et en même temps, le traitement que lui a accordé le réalisateur est authentique, on sentait qu’il voulait mettre beaucoup de choses qui représentent son environnement, sa ville, que c’était dédié à la topographie de Bejaia, à ses particularités culturelles, cultuelles, aux voix à travers beaucoup de polyphonies, des textes d’achewik.. j’ai trouvé cette proposition de Mohamed Yergui très ancrée dans les caractéristiques de la paysannerie, tout en traitant un sujet typiquement universelle, féministe sur les bords, sans annoncer vraiment cette prétention, j’ai trouvé toute cette composante intéressante et puis, je m’intéressais à travailler avec le réalisateur ». 

Le film est aussi un hommage à la ville de Bejaia en la filmant de manière exceptionnelle. Parlez nous-en et puis de l’implication de la communauté bougiote pour la réussite du film.
« La ville de Bejaia est une exception formidable, parce qu’il y a une telle prise de conscience de la nécessité de l’action culturelle, ainsi qu’une forte implication de la population, de la société civile, des associations  et des administrations à perpétuer cette dynamique, j’ai trouvé en Bejaia des interlocuteurs attentifs et impliqués, et surtout, convaincus. Quand vous êtes soutenus par des gens convaincus, ça change toute la donne, il ne s’agit d’argent, de moyens extraordinaires, mais juste d’une alchimie collective qui fait que les habitants d’un village, le maire, le wali sa secrétaire… etc, s’impliquent  auprès de vous. Ils s’impliquent quand le film se fait, et il s’implique par la suite quand le film existe, quand il gagne des prix, et quand vous recevez des félicitations de la wilaya de votre partenaire, je trouve ça formidable, ce genre d’expérience, de petits parcours seront de petites boucles qui se créent, et ces petites boucles vont créer des habitudes de collaboration. Le salut de l’activité culturelle et du cinéma à fortiori se trouve dans les gens ».

En revenant à la thématique du festival qui propose des films engagés, « Je te promets » est dans cette lancée et véhicule des messages…
« Véhiculer un message effectivement revêt d’une forme d’engagement, être fidele à son idée de départ est une forme d’engagement, soutenir un projet à partir de quelque pages est une forme d’engagement, aller le défendre partout c’est aussi un engagement, je pense que le cinéma est une affaire d’engagement personnelle et collective. Je pense que dans l’époque dans laquelle on vit, je crois que l’engagement réside dans chacune de nos actions pour exister et bien exister, véhiculer des messages par des images qui nous sont propres ou juste témoigner de ce qui nous caractérise ou juste donner un aperçu de ce que peut être l’image de l’Algérie ici et ailleurs ».
Entretien réalisé
par Kader Bentounès

 

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