mercredi 13 dcembre 2017 06:32:12

Troubles auditifs : Un cinquième de la population en souffre

Un cinquième de la population algérienne souffre de problèmes d’audition. Les principales raisons sont à chercher, selon les spécialistes, dans les nuisances sonores, notamment chez les adolescents et les jeunes.

PUBLIE LE : 07-12-2017 | 0:00
D.R

Un cinquième de la population algérienne souffre de problèmes d’audition. Les principales raisons sont à chercher, selon les spécialistes, dans les nuisances sonores, notamment chez les adolescents et les jeunes.

Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme sur le vieillissement précoce de l’oreille. «Certains jeunes ne dépassant pas les 25 ans, présentent des oreilles de personnes âgées de 70 ans», nous confie le Dr Medjadba spécialiste en ORL. L’autre problème soulevé est l’automédication largement répandue dans la société. «Les malades préfèrent se rendre à la pharmacie du coin pour traiter une infection de l’oreille que de se faire ausculter par un spécialiste», se désole-t-il. Par paresse ou par souci d’économie, on se dirige vers le pharmacien du coin pour se faire soigner une otite ou un début d’infection. «Je connais des gens, qui se soignent tout simplement chez eux en utilisant de l’huile d’olive légèrement chauffée», précise notre spécialiste. L’autre aspect de l’équation réside dans l’appareillage, qui doit être «rigoureusement» réalisé par de vrais spécialistes de l’audition, sinon le risque d’une dégradation supplémentaire de l’audition n’est pas à écarter.
En effet et pour parer à ces problèmes «insolubles», les problèmes auditifs doivent être décelés très rapidement, dès les premiers mois du nouveau-né. Le nourrisson peut présenter souvent des troubles héréditaires mais aussi une surdité, qui peut être acquise chez lui au cours de la grossesse ou encore lors de l’accouchement causée par un traumatisme dû à un accouchement prolongé ou à un maniement de forceps pouvant engendrer des séquelles irréversibles. La solution consiste, selon notre, dans la nécessité d’effectuer un dépistage de plus en plus précoce et il est impératif de diagnostiquer le mal le plus tôt possible car cela induira une prise en charge précoce, dont un appareillage auditif éventuel.
Selon les cas de figure rencontrés, les cas de surdité d’origine héréditaire sont assez rares, contrairement à ceux de surdité acquise et un dépistage précoce d’être effectué dès les premiers mois de vie d’un bébé.

Le dépistage précoce

Les premiers symptômes d’un nourrisson souffrant de problèmes auditifs sont à repérer chez un bébé, qui a un sommeil trop lourd, qui ne réagit pas aux bruits familiers ou encore qui ne prête pas attention à l’appel de son prénom vers le quinzième mois de sa vie. Ces signes doivent éveiller les soupçons des parents et un examen chez un ORL est fortement recommandé.
Pour ce qui est des symptômes d’un élève malentendant, ils se traduisent généralement dans le retard pris dans la lecture et la dictée par rapport aux autres élèves normaux, la déformation des lettres citées.
Ces signes, ajoutés au caractère de l’élève renfermé ou agressif, doivent attirer l’attention de l’enseignant, qui doit l’orienter vers le médecin scolaire qui, à son tour, doit le diriger vers l’ORL.
Ce dépistage précoce peut sauver l’enfant si le problème est traité à temps. «En Algérie, les otites à répétition sont souvent la cause de cette demi-surdité et il existe une surdité appareillable où, grâce à une prothèse auditive, l’enfant peut recouvrir 90 % de son audition normale et éviter ainsi d’avoir un enfant handicapé à vie puisque pas mal de surdités sont évolutives», précisent les spécialistes. Ainsi certaines malformations peuvent être traitées par un appareil auditif ou une opération de l’oreille tandis que d’autres enfants peuvent rester sourds à vie.
Ces cas au nombre de quelques 170.000 en Algérie présentent un comportement différent et difficile à gérer : hyperactivité, nervosité permanente, agressivité et pour les parents, c’est une nouvelle très difficile à encaisser. 

Bientôt un dictionnaire  de langue des signes

Cette catégorie de sourds-muets communique par le visuel et par les gestes plutôt que par l'écoute. Certains arriveront à lire sur les lèvres et à comprendre presque parfaitement ce qui est dit. Cependant, un grand nombre communique par le langage des signes plutôt qu'avec des mots. La ministre de la Solidarité nationale a fait état lors de l’une de ses sorties médiatiques de l'édition d'un dictionnaire de langue de signes destiné à ces derniers et qui sera distribué aux centres spécialisés relevant du secteur et ce dans le cadre des mécanismes et mesures nationales prises pour la réinsertion de cette catégorie. Il s’agit d’un ouvrage, qui permettra à deux sourds de régions différentes et de niveaux dissemblables, de se comprendre entre eux, de se transmettre des informations et de se faire comprendre même par de tierces personnes étrangères à leur communauté. La confection de ce moyen didactique a été entamée en 2010 par une  commission composée d'experts en enseignement spécialisé et de représentants de la Fédération nationale des sourds d'Algérie (FNSA). Cette dernière a été scindée en plusieurs sous-groupes pour pouvoir procéder  à la collecte d'une importante partie du corpus et de données communes à toutes les régions ce qui a constitué, une fois traités scientifiquement, l'ossature du dictionnaire. Dans une première étape, entamée les spécialistes qui ont travaillé  sous la tutelle du ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Communauté nationale établie à l'étranger, ont sillonné plusieurs régions du pays pour rechercher, relever, comparer, enregistrer, filmer et collecter les données destinées à cette fin. Pour la seule gestuelle des mains, on en compte entre 45 et 60 différentes en langue des signes et des éléments apparaissent simultanément et peuvent se combiner au sein d'un signe de même que les phonèmes se combinent au sein d'un mot. La langue des signes algérienne est reconnue officiellement par la loi du 8 mai 2002 relative à la protection et à la promotion des personnes handicapées. Pour les personnes valides, la langue des signes n’est que de vagues mouvements agréables et incompréhensifs mais pour les personnes sourdes c’est tout autre, c’est leur langage, leur seul moyen de communiquer, des signes qui obéissent à une grammaire spécifique et qui surtout les sortent de leur isolement, ce terrible monde du silence.
La langue des signes, un percept dont les règles grammaticales ont été mises en place par un abbé français dans les années 1720 après avoir observé deux jumelles communiquer et se comprendre de cette manière. Cependant, certains signes sont propres à chaque pays.
On raconte qu’un abbé, pour échapper à la pluie, entra un jour dans une maison où se trouvaient deux sœurs jumelles sourdes et, fut tout de suite frappé par la complexité du système des signes qu’elles employaient entre elles. C’est alors qu’il décida d’apprendre leurs signes. Il créa donc une petite école chez lui, gratuite pour les enfants, et après plusieurs années d’observations, d’expériences, il publia en 1776 son premier ouvrage Institution des sourds-muets dans lequel il a développé le système qu’il a appelé les signes méthodiques.
Ces signes exprimaient des choses ou des idées, auxquels étaient ajoutés des signes grammaticaux qu’il inventait pour indiquer le temps, les personnes, les genres et les fonctions. Des années plus tard cette langue devient non seulement indispensable pour les malentendants et leur familles puisqu’elle est le seul mode linguistique véritablement approprié, le seul qui leur permette un développement cognitif et psychologique d’une manière équivalente à ce  qu’il en est d’une langue orale pour un entendant. Cette langue, de nos jours, est aussi indispensable aux personnes valides, en contact quotidiennement avec ces personnes handicapées, d’où la nécessité de vulgariser et de généraliser ce mode de communication. 
Farida Larbi

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