mercredi 13 dcembre 2017 06:31:41

Trump reconnait El-Qods occupé comme capitale d’Israël : Vers un embrasement de la région

Hamas : La décision ouvre «les portes de l'enfer»

PUBLIE LE : 07-12-2017 | 0:00
D.R

Le Président Donald a annoncé hier la reconnaissance d’El-Qods occupé comme capitale d’Israël, rompant avec la politique américaine de prudence de plusieurs décennies au Moyen Orient. Trump a ordonné au département d’Etat d’entamer le transfert de l’ambassade américaine de Tel- Aviv à la ville sainte occupé par Israël, au mépris des vives réactions de toute la communauté international. Le président n’a pas fixé de date au déplacement de l’ambassade qui pourrait durer trois ou quatre années faute de locale disponible pour l’accueillir actuellement. Mardi, Trump a communiqué à plusieurs présidents Arabes, notamment au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas son intention de transférer l’ambassade américaine El-Qods occupé.
La décision des Etats-Unis a suscité des réactions unanimes dans le monde, craignant qu’elle ne déclenche un nouvel embrasement de la région. La Ligue Arabe devrait se réunir samedi en séance extraordinaire, alors que l’Organisation de la coopération islamique tiendra une réunion le 13 décembre à Istanbul pour coordonner la réaction des ses 57 Etats membres.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan n’a pas exclu une rupture des relations diplomatiques avec Israël, soulignant que cette reconnaissance est une ligne ne pas franchir. L’Union européenne a lancé, de son côté, un appel à Washington l'exhortant à éviter toute action qui nuirait au processus de paix au Moyen-Orient. Pour rappel, la quasi-totalité de la communauté internationale qui s’oppose à la démarche des Etats-Unis n’a jamais reconnu El-Qods occupé comme capitale Israël ni l’annexion de sa partie orientale en 1967

Hamas : La décision ouvre «les portes de l'enfer»

Le mouvement de résistance palestinien Hamas a affirmé hier que la décision du président américain Donald Trump de reconnaître El--Qods occupé comme la capitale d'Israël ouvrait «les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région».
Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s'exprimant devant des journalistes dans la bande de Ghaza, a appelé les pays arabes et musulmans à «couper les liens économiques et politiques» avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains. (APS)

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Les mises en garde affluent

Les mises en garde, y compris celle du pape François, ont afflué hier à l'adresse de Donald Trump alors que le président américain s'apprêtait à prendre une décision historique en reconnaissant Al Qods comme la capitale d'Israël.

Le président iranien Hassan Rohani a fustigé la décision de Donald Trump, assurant que son pays ne le tolérerait pas. L'Iran "ne tolèrera pas une violation des lieux saints musulmans", a-t-il affirmé lors d'un discours devant des responsables à Téhéran. "Les musulmans doivent rester unis face à ce grand complot". Sa voix n'est que l'une de celles à s'être élevées hier pour s'alarmer des conséquences possibles et du risque de violences causé par la question d’al Qods, haut lieu de spiritualité mais aussi chaudron diplomatique. Dans une intervention prévue à 18H00 GMT, M. Trump devait rompre avec des décennies de diplomatie américaine et internationale et reconnaître Al Qods comme capitale d'Israël. A la différence d'autres présidents qui avaient fait la même promesse, il tiendra un engagement de campagne et ne fera là que reconnaître "une réalité" à la fois historique et contemporaine, a dit un responsable américain sous le couvert de l'anonymat.

Casus belli

Le locataire de la Maison Blanche ordonnera par ailleurs de préparer le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Al Qods. Il ne fixera pas de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre "des années". Dans un apparent souci d'apaiser les Palestiniens, M. Trump est prêt à soutenir "une solution à deux Etats" sans rien imposer à personne, a dit le responsable, alors qu'il s'est jusqu'alors, à la grande frustration des Palestiniens, gardé d'adhérer à l'idée d'un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale. Les experts s'accordent à dire que les décisions de M. Trump ne devraient avoir qu'un impact diplomatique limité, et qu'elles n'engagent que les Etats-Unis. Mais la question d’al Qods et en particulier de ses lieux saints est éminemment passionnelle. Toute reconnaissance d’al Qods comme capitale d'Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens. Les groupes palestiniens ont appelé à manifester. La communauté internationale n'a jamais reconnu al Qods comme capitale d'Israël et considère al Qods-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale "éternelle et indivisible". L'ONU a répété hier que le statut de la ville devait être négocié entre Israéliens et Palestiniens. Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, "s'est exprimé à de nombreuses reprises, y compris sur ce sujet, et il a dit que nous devons tous nous montrer très prudents quant à ce que nous faisons", a-t-il fait valoir.

« Incendie » régional

"L'avenir de la ville sainte est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte dans des négociations directes", a dit l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, lors d'une conférence à al Qods. Alors que chacun guettait sa réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est au contraire resté totalement silencieux sur le sujet lors de son discours au cours de la même conférence. M. Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a aussi ordonné la discrétion à ses ministres pour ne pas attiser les tensions, selon les médias. L'Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d'Israël et de la communauté internationale, a pourtant prévenu que les Etats-Unis se discréditeraient comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix et que l'effort actuellement mené par les collaborateurs de M. Trump pour tenter de ranimer une dynamique moribonde seraient considérés comme terminés.
Le Hamas, deuxième force palestinienne ostracisée par une bonne part de la communauté internationale, a estimé que "toute les lignes rouges (étaient) franchies". Le roi Salmane d'Arabie saoudite, a prévenu qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans", tant al Qods, qui abrite le troisième lieu saint de l'islam, est un cri de ralliement puissant pour les musulmans. La Turquie a brandi le spectre d'un "incendie" régional. Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul.
Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé hier une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères.
La Chine et le Royaume-Uni, deux membres permanents du conseil de sécurité, mais aussi la Syrie, ont joint leur voix au concert de réprobation. Preuve de la tension que l'attente de cette décision suscite dans la région, les Etats-Unis ont interdit aux employés du gouvernement américain tout déplacement personnel dans la Vieille ville d’al Qods et en Cisjordanie.
Pour sa part, le souverain pontife a fait état de sa "profonde inquiétude" lors de son audience hebdomadaire, "j'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU". Il a exalté "sagesse et prudence" devant le risque d'ajouter aux convulsions mondiales.
Le pape François, venu à Al Qods en 2014 lors d'une visite chargée de symboles, ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre. Pékin s'est dit "inquiet d'une possible escalade des tensions".
Le chef de la diplomatie Boris Johnson a exprimé la "préoccupation" britannique, affirmant lui aussi que le statut d’al Qods devait faire l'objet d'une "solution négociée". Il a indiqué que Londres n'avait aucune intention de suivre Washington sur ce terrain.
R I
 

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