mercredi 13 dcembre 2017 06:31:35

Charles ferdinand Nothomb, Président de la Fondation : «Dialogue sud nord Méditerranée» une question pérènne

"Quand on parle de migrants il faut distinguer les réfugiés de guerre et les immigrés frappés par la pauvreté qui cherchent une vie meilleure"

PUBLIE LE : 07-12-2017 | 0:00
D.R

Bruxelles accueille un séminaire sur « la façon les grandes métropoles de la rive  sud et nord de la méditerranée font face à la question migratoire». Pourquoi ce thème ?
 Le but de notre Fondation est le dialogue sur des sujets qui préoccupent les uns et les autres et qui, peut-être sans nous, ne se rencontreraient pas. Il est clair que le phénomène migratoire qui concerne principalement l’Afrique et l’Europe est au cœur de grandes métropoles où finalement arrivent ceux qui immigrent des régions rurales pauvres ou des pays étrangers, et qui veulent se rapprocher du nord de la Méditerranée. Ils arrivent soit en Afrique du nord dans les grandes villes, comme Alger ou Tunis, ou arrivent aussi dans les métropoles européennes. Notre but n’est pas de les mettre face à face, mais côte à côte, pour que chacun dans sa compétence et la réalité de sa ville explique ce qu’il réussit à faire et ce qu’il ne réussit pas. Il y a des difficultés partout. C’est un grand problème pour vos grandes villes et c’est un problème aussi pour nos grandes villes. Chacun essaie d’accueillir convenablement ceux qui doivent être accueillis. Mais il ne faut pas dissimuler que cela pose des problèmes politiques.

Les pays des deux rives font face au même problème, toutefois les approches préconisées pour son règlement diffèrent. Sont-elles inconciliables ?
C’est exactement le but de notre rencontre qui est de se faire rencontrer des gens qui normalement ne se rencontreraient pas et qu’ils exposent leurs problèmes. Ils vont découvrir que le problème est différent, que l’approche est différente, qu’il y a des approches qui fonctionnent et des approchent qui ne fonctionnent pas . Il y a aussi un décalage entre les villes qui ont reçu des masses d’arrivants durant les vingt dernières années et celles qui commencent seulement à en recevoir. Il y a là une différence qui mérite d’être explicitée amicalement et je pense que les participants en tireront tout le bénéfice intellectuel dans leur travail politique futur.

L’UE et  la turquie ont conclu un accord  pour retenir les migrants sur le sol turc. Un   accord similaire n’a pas  pu être conclu avec d’autres pays. Y a-t-il, selon vous, d’autres alternatives ?
Quand on parle de migrants il faut distinguer les réfugiés de guerre et les immigrés frappés par la pauvreté qui cherchent une vie meilleure. Je pense que le cas de la Turquie n’est pas reproduisible car elle est voisine de la Syrie.
Les réfugiés syriens qui affluent en Turquie, s’ils n’étaient pas accueillis, iraient plus loin en Europe. Or beaucoup veulent retourner dans leur pays quand la paix sera revenue. Je rêve depuis longtemps d’un grand accord entre les pays d’immigration mais il faut que ces pays organisent l’immigration. Il y a des pays d’Europe qui ne veulent pas d’immigration mais ils ont quand même reçu une immigration non organisée.
Au début de la crise migratoire on avait privilégié la dimension humaine à la dimension politique. Mais il semble que la dimension politique s’est imposée aux gouvernants ce qui les  a poussés, comme cela a été le cas en Allemagne à revoir leur politique migratoire. Cela objectivement est vrai. Les gouvernements sont conscients de ce qu’il faut faire. En Allemagne Mme Merkel avait dit : « Je veux accueillir un million de réfugiés», mais la réaction de l’opinion publique va dans le sens contraire. Tout ne marche pas comme on le voudrait.

Pensez-vous qu’avec le règlement espéré des conflits syrien et libyen, la question migratoire ne sera plus posée avec la même acuité ?
Non elle sera toujours là. Mais il est vrai que le règlement des conflits tempère ou organise les mouvements migratoires. Ce qu’on doit aussi savoir, c’est que la pression subsaharienne en matière démographique et de pauvreté va continuer. Le défi suivant est : «ne parlons pas d’immigration mais parlons de développement de ces pays».
Entretien réalisé par Nadia Kerraz
 

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