mercredi 13 dcembre 2017 06:34:47
D.R

Le président français, Emmanuel Macron, effectuera aujourd’hui une visite d'amitié et de travail en Algérie, à l'invitation du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a indiqué hier un communiqué de la présidence de la République. «À l'invitation de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, effectuera demain 6 décembre 2017 (aujourd’hui, ndlr), une visite d'amitié et de travail en Algérie», précise la même source. «Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre du partenariat d'exception que l'Algérie et la France se sont attelées à bâtir et à conforter, sera une occasion pour les deux pays, notamment durant les entretiens entre les deux Chefs d'État, d'explorer de nouvelles voies pour renforcer la coopération et le partenariat entre l'Algérie et la France, et de procéder à une concertation sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun», souligne la présidence de la République.

Le président français, Emmanuel Macron, arrive en Algérie, afin de donner un nouvel élan à la coopération économique algéro-française qui traduirait la volonté partagée par les deux Etats et maintes fois exprimée pour la promotion de «relations fortes» et parvenir, à terme, à bâtir «une relation d’exception». La visite de M. Macron, qui s'inscrit dans le cadre du partenariat d'exception que les deux pays se sont attelés à bâtir, sera une occasion pour les deux parties, notamment dans les entretiens entre les deux chefs d'Etat, d'explorer de «nouvelles voies pour renforcer la coopération et le partenariat et de procéder à une concertation sur des questions régionales et internationales d'intérêt commun».
Le président français, qui sera accompagné du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, aura à s’exprimer sur la coopération bilatérale dans les domaines politique et socioéconomiques, les questions internationales et régionales, notamment la Libye, le Mali et le Sahel et aussi sur la question mémorielle. Dans le registre de la coopération bilatérale, il est attendu à ce que la visite de Macron, la première depuis son accession à la magistrature suprême, ouvre de nouvelles perspectives de partenariat touchant divers domaines d'activité, un partenariat déjà renforcé à la faveur des accords signés récemment à l'occasion de la 4e session du Comité économique mixte franco-algérien (COMEFA). M. Macron avait fait part, lors de sa visite à Alger en février dernier en tant que candidat à la présidence française, de sa volonté de porter «une vision d'avenir» au partenariat entre l'Algérie et la France. «Ma volonté est de porter une vision ouverte, dynamique et d'avenir pour donner plus de densité au partenariat entre l'Algérie et la France», avait-il déclaré, relevant que les relations entre les deux pays se sont améliorées au cours de ces deux dernières années, notamment après 2012 suite à la visite effectuée en Algérie par le président français, François Hollande, formulant, par la même occasion, le souhait de «renforcer les relations consulaires, scientifiques, culturelles et linguistiques entre les deux pays pour former une élite sur le plan académique». Sur le plan humain, il avait estimé que la communauté algérienne établie en France représentait «un pont vivant entre les deux pays» et incarnait «une mémoire commune», faisant aussi part de sa volonté de «renforcer et poursuivre la réconciliation des mémoires, entamée ces dernières années».
A propos de la question mémorielle, M. Macron avait qualifié, pendant sa campagne pour la présidentielle, la colonisation de l'Algérie par la France de «crime contre l'humanité». Dans son message de félicitations à M. Macron après son élection, le Président Abdelaziz Bouteflika avait salué une «attitude pionnière», qui place le nouveau chef de l'Etat français dans «la position-clé de protagoniste, convaincu et convaincant, du parachèvement d'une réconciliation authentique entre nos deux pays».
Le Président Bouteflika avait, également, évoqué «l'ouverture de nouveaux horizons porteurs de la promesse d'une mémoire résolument assumée dans sa vérité et son intégrité et d'une amitié véritablement arrivée à la maturité ainsi que d'intérêts avantageusement équilibrés».
A propos des questions régionales, la visite de Macron en Algérie offre une opportunité aux deux pays de «renforcer» leur partenariat sur le plan diplomatique et sécuritaire, dans la mesure où Alger et Paris ont eu particulièrement à œuvrer ces dernières années en faveur de solutions de nature à restaurer la paix et la stabilité dans certains pays de la région, notamment en Libye et au Mali, ainsi que la question relative à la lutte contre le terrorisme. A Paris, la visite du président français à Alger, qui sera accompagné par près d'une soixantaine de journalistes représentant l'ensemble de la presse française, a été qualifiée lundi «d'importante» par l'Elysée. Pour la présidence française, le séjour de Macron à Alger constituera une nouvelle halte dans les relations entre Alger et Paris «appelées à se développer davantage».
Elle intervient, d'une part, dans le sillage de la signature de plusieurs accords de coopération économique entre les deux pays, à l'occasion de la tenue à Alger au mois de novembre dernier de la 4e session du COMEFA, et, d'autre part, à la veille de la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) prévu demain jeudi à Paris, sous la coprésidence des Premiers ministres des deux pays. «La présente session du COMEFA constitue une étape importante pour la préparation du CIHN (...) et la prochaine visite qu'effectuera en Algérie le président français Emmanuel Macron», avait souligné au mois de novembre dernier le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, à l’ouverture des travaux du COMEFA. Relevant, à cette occasion, que «la présente session se tient à un moment où les relations d’ensemble et la coopération économique entre l’Algérie et la France sont substantiellement développées et étoffées», assises sur un socle solide d’intérêt mutuel et orientées vers un avenir appelé à donner lieu à une coopération encore étroite entre les deux pays, M. Messahel a souligné le «caractère stratégique» de cette coopération, avec l’ambition commune de parvenir, à terme, à l’édification d’une relation d’exception entre les deux pays.
M. Messahel a rappelé, dans ce sens, l'attachement du Président Bouteflika et de son homologue français pour la promotion de relations fortes entre les deux pays et les deux peuples dans toute leur dimension, notamment humaine et mémorielle. Il a souligné, à cet égard, la décision des deux pays, il y a cinq ans, de mettre sur pied le COMEFA, appelé à être «un forum d’évaluation, d’impulsion et d’orientation des relations économiques bilatérales» par le biais de la création de partenariats et de joint-ventures générateurs d'investissements et susceptibles de contribuer efficacement à l'élargissement des bases du tissu industriel en Algérie.
(APS)

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Redynamiser le partenariat 

Cette visite d’Emmanuel Macron, devrait constituer une occasion propice pour évoquer le renforcement du partenariat économique entre les deux pays à même d'impulser une nouvelle dynamique aux investissements français en Algérie. «Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre du partenariat d'exception que l'Algérie et la France se sont attelées à bâtir et à conforter, sera une occasion pour les deux pays, notamment durant les entretiens entre les deux chefs d'Etat, d'explorer de nouvelles voies pour renforcer la coopération et le partenariat entre l'Algérie et la France», a souligné hier la Présidence de la République. De son côté, l'Elysée a avancé, au sujet de cette visite, que la France «souhaite accompagner l’Algérie dans sa vision stratégique de développement».
La visite de M. Macron intervient à la veille de la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) prévue demain à Paris sous la coprésidence des deux Premiers ministres. Créé en mai 2013, le CIHN est un mécanisme de renforcement et de diversification des relations économiques, industrielles et commerciales entre l’Algérie et la France, dont les décisions prises dans ce cadre sont suivies par le Comité économique mixte algéro-français (COMEFA), lequel est devenu le cadre dans lequel se négocient et se concluent l'ensemble des partenariats d'affaires entre les deux pays.

137 projets, associant  des investisseurs français,  réalisés en 15 ans

Sur le plan des investissements, entre 2002 et 2016, un total de 158 projets d'investissements impliquant des investisseurs français ont été déclarés auprès de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) pour un montant de l'ordre de 340 milliards de DA (mds DA) et devant générer 22.316 emplois. Sur l’ensemble de ces projets d’investissements, 137 ont été réalisés pour un montant de près de 182 mds DA et ont généré 13.083 emplois directs. Les quatre premiers secteurs investis dans le cadre des investissements déclarés sont l'industrie (85 projets déclarés d'un montant de 285 mds DA), les services (42 projets de 30,6 mds DA), les BTPH (15 projets de 2,6 mds DA) et le tourisme (7 projets de 18,3 mds DA). Mais le nombre et le montant des investissements français demeure encore insuffisant par rapport aux ambitions exprimées par les deux pays.
Lors d'une rencontre algéro-française sur les investissements en Algérie tenue en avril dernier à Paris, le chargé d’affaires de l’ambassade d’Algérie en France, Saïd Moussi, avait estimé que l’implication des opérateurs français dans les investissements en Algérie restait «insuffisante», en dépit de l'atmosphère «excellente» dans laquelle évoluent les relations entre les deux pays. Ce constat est même partagé par la partie française. En effet, lors de la 4e session du COMEFA, tenue en novembre dernier à Alger, le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a admis que les relations économiques entre les deux pays n'avaient pas connu de grandes avancées ces dernières années. En conséquence, il a affiché la détermination de son pays à lever une «nouvelle ambition concrète». Pour lui, «les grandes déclarations sont utiles, mais les décisions concrètes sont encore mieux pour faire avancer une relation économique».
La dernière réunion du COMEFA a été couronnée par la signature de trois accords de partenariat économique entre les deux parties algérienne et française. Le premier concerne le pacte d’actionnaires entre le Groupe PMO Constantine, le Groupe Condor, la société Palpa Pro et le groupe français PSA Peugeot pour la production de véhicules en Algérie. D'un montant de 100 millions d'euros, le projet de Peugeot, réparti selon la règle 51/49%, intervient après celui de Renault Algérie, dont l'usine est entrée en production en 2014. Le deuxième accord concerne la mise en place d'un consortium à l'export de fruits et légumes algériens vers l'Europe, dans le cadre d'un partenariat dans le domaine des produits agricoles de type Bio entre le Groupe algérien Agromed et la société française Agrolog. Quant au troisième accord, il porte sur le projet d'une usine dans le domaine de la fabrication des équipements électriques de basse, moyenne et haute tension, entre Elec El Djazair, le Groupe Gica (cimenterie) et le Groupe français Schneider. Plusieurs autres domaines industriels ont été évoqués lors des travaux du COMEFA entre les deux parties, notamment des projets dans l'industrie pharmaceutique, l'agroalimentaire et les matériaux de construction. Jusqu'à maintenant, la France est présente avec 450 entreprises qui assurent 40.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects. Sur le plan des échanges commerciaux, il est observé qu'en 2016, la balance commerciale entre les deux pays s'est soldée par un déficit au détriment de l'Algérie.
En effet, l'Algérie avait exporté l'année dernière pour 3,19 milliards de dollars vers la France et en a importé pour 4,74 milliards de dollars, soit un déficit de 1,55 milliard de dollars.  (APS)

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