mercredi 22 novembre 2017 00:01:16

PLF-2018 : Les députés insistent sur les solutions économiques

Les débats autour du projet de loi de finances pour 2018 se sont poursuivis, hier à l’APN, en séance plénière présidée par M. Saïd Bouhadja, président de cette institution parlementaire.

PUBLIE LE : 14-11-2017 | 0:00
Ph. Nesrine T.

Les débats autour du projet de loi de finances pour 2018 se sont poursuivis, hier à l’APN, en séance plénière présidée par M. Saïd Bouhadja, président de cette institution parlementaire. Les élus membres des partis de la majorité présidentielle ont manifestement tenu à saluer les dispositions apportées à la faveur de ce texte de loi, notamment celles concernant la préservation des acquis sociaux sur lesquels insiste le Président de la République. Les députés relevant des partis de l’opposition ont, pour leurs part, critiqué certaines mesures contenues dans ce ce texte, estimant que le PLF «affaiblit davantage le pouvoir d’achat des citoyens». Cela dit, et dans l’ensemble, les élus du peuple ont mis en exergue toute l’importance de «trouver les solutions économiques les mieux adaptées à la conjoncture actuelle marquée par l’amoindrissement de la finance publique provoquée par la baisse du prix du pétrole. Ils ont également mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de cibler les subventions, de manière à ce qu’elles puissent profiter aux familles nécessiteuses, uniquement».

Intervenant en début de matinée, le député Hadj Hamadach du Front de libération nationale (FLN) a appelé à prendre des dispositions supplémentaires relatives à la gestion budgétaire tout en mettant en avant l’importance de trouver les solutions économiques les mieux adaptées à la conjoncture actuelle. Le député Ahmed Chaalal de la même formation politique a quant à lui a mis l’accent sur les dispositions du PLF qui, dit-il, viennent clarifier davantage la situation économique du pays, ne laissant, ainsi, aucune marge de manœuvre aux prôneurs du discours pessimiste. Cet élu du peuple a également fait remarquer que le projet de loi de finances prévoit un grand nombre de mesures positives pour les citoyens qui répondent également aux préoccupations de la majorité du peuple, notant dans ce cadre que le gouvernement a élaboré avec sagesse l’ensemble des nouvelles dispositions. Le député Ahmed Chaalal se félicite suite à la stabilité d’ordre financier, prévue pour les trois années à venir, mais aussi à la bonne répartition du budget d’équipement.
«La revue à la hausse de l’enveloppe allouée aux collectivités locales», est favorablement accueillie par ce député qui voit en cette mesure, un moyen permettant d’optimiser la prise en charge des préoccupations des citoyens au niveau de ces assemblées élues. «Nous saluons également la politique de subvention même si nous aurions souhaité de trouvé une manière que cela se fasse de façon ciblée. Ainsi, la subvention ne profitera qu’aux familles vraiment nécessiteuses», a-t-il dit.  «L’amélioration du climat des affaires, l’augmentation de la taxe sur le tabac et l’alcool, l’ouverture du marché de l’immobilier, les banques publiques qui se lancent dans la finance islamique…», sont autant de points applaudis par l’intervenant. S’exprimant à propos de l’institution de la taxe sur la fortune, M. Chaalal dit «ne pas s’opposer» à cette mesure. La veille, le député Abdelmadjid Denouni de la même formation politique a qualifié le PLF 2018 de «un projet complet» qui vise à préserver le pouvoir d’achat du citoyen tout en maintenant les   affectations sociales. Ce membre de l’APN mettra en relief dans ce cadre que l’augmentation du budget d’équipement dans le cadre du PLF 2018 est un indice «important» dont les affectations permettront de relancer les   projets gelés dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des ressources en eau et du développement local. Il plaidera également pour «la  dynamisation du rôle du Conseil de concurrence pour la protection du consommateur et la réactivation du Conseil national des statistiques», les qualifiant d’outils nécessaires pour l’accompagnement de la dynamique économique.  
De son côté, le député Abderrahmane Yahia du Rassemblement national démocratique    (RND) et après avoir fait remarquer que le PLF 2018 intervient dans un contexte particulier s’est félicité du choix du Gouvernement quant au recours au financement non conventionnel. La veille, M. Hakim Beri de la même formation, avait, pour rappel, relevé que l’introduction de nouvelles mesures visant développer l’investissement et éradiquer la pauvreté et le chômage aura un impact positif sur les citoyens. Evoquant le dégel de certains projets, cet élu affirme que ceci augure de «bons présages». Un élu du parti El Karama, M. Hadj Laaroussi, s’est exprimé notamment à propos de l’importance d’activer l’action des banques, de supprimer les obstacles et de rapprocher   davantage les banques des investisseurs.  
Pour sa part, le député Mohamed Said Moassar, (Mouvement de la Société pour la Paix « MSP ») a critiqué la revue à la hausse de la taxe sur le carburant. Ce membre de l’APN, a, par ailleurs, émis nombre de propositions, notamment l’exonération de taxes et d’impôts sur la consommation d’énergie électrique. L’intervenant a également suggéré que le paiement des redevances de Sonelgaz puisse se faire mensuellement». L’autre point évoqué par le député Mohamed Said Moassar concerne le lait pour nourrissons. «Nous lançons un appel pour le plafonnement du lait pour nourrissons», a-t-il lancé avant de plaider en faveur des citoyens habitants la wilaya d’Oum El Bouaghi. M. Zouaoui Benzina (MSP) a souligné l’importance d’une «réforme structurelle économique et financier» pour «la dynamisation de l’économie nationale». Ce député de l’opposition qui a émis nombre de critiques, ira même jusqu’à qualifier le PLF 2018 de «guerre déclarée à l’encontre des poches des citoyens». Auparavant, le député Mohamed Laid Atia de la même formation politique, a aussi considéré que la loi de finances 2018 prévoyait de nouveaux   impôts et taxes qui pèsent sur le citoyen.  Lui emboîtant le pas, M. Belkacem Zerrouki (également du MSP) a estimé que les différentes augmentations contenues dans la   nouvelle loi de finances auront un impact négatif sur le citoyen. Lors de son intervention, M. Zerrouki notera l’importance de la prise de certaines  mesures d’accompagnement «sans porter atteinte au pouvoir   d’achat du citoyen».
Le député Messaoud Amraoui de l’Union Ennahda-Adala-Binaa a pour sa part déclaré que les augmentations prévues dans la nouvelle loi de finances «se répercuteront négativement sur le citoyen», affirmant que «la politique de subvention et les affectations sociales seront profitables à la couche aisée uniquement et que l’impôt sur la fortune ne sera pas appliqué aux riches».  Selon ce député, «il est important de réviser de la gestion du Fond de régulation des recettes (FRR)».    
Il convient de rappeler dans ce contexte que lors de la séance plénière de dimanche dernier, le député Abdelhamid Si Afif du FLN, a estimé nécessaire d’engager des réformes fiscales et financières sérieuses pour améliorer les recettes de l’Etat et booster l’économie nationale, saluant l’option du gouvernement de recourir au financement non conventionnel. «Il faut donner davantage de prérogatives aux responsables des   collectivités locales afin qu’ils puissent rechercher de nouvelles sources de financement», a-t-il préconisé.
Le député Khaled Rahmani du même parti a mis l’accent quant à lui sur l’impérieuse nécessité de récupérer la masse monétaire du marché parallèle et de l’introduire dans le circuit bancaire officiel pour contribuer au financement du développement et de l’investissement. La député Naima Djilali Aissa de la même formation politique a mis en avant la nécessité de conjuguer les efforts pour dépasser la crise et booster l’économie nationale à travers une révolution économique dans tous les domaines notamment dans les secteurs stratégiques à l’instar de l’agriculture, l’industrie et la recherche scientifique. «Le recours au partenariat efficace avec les étrangers est nécessaire   pour relancer l’économie nationale», a-t-elle insisté. Au sujet du climat des investissements, Mme Djilali Aissa a appelé à «la redynamisation du rôle du Fonds national d’investissement et des différents mécanismes de développement du marché monétaire national ainsi qu’à la consécration du rôle des banques islamiques». Elle plaidera aussi pour la mise en place d’une stratégie nationale pour la relance des industries manufacturières. Dimanche également, le député Ben Youcef Zaouani du parti Tajamou Amal El Jazair (TAJ) avait mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la gouvernance au   sein des banques et d’œuvrer à l’adaptation de leur mode de gestion aux normes internationales. D’autre part, le député du FLN, Slimane Saadaoui estime que l’investissement est la solution optimale pour sortir de la crise financière actuelle.
La députée Nadia Chouitem du parti des Travailleurs (PT) a affirmé que le gouvernement avait opté à travers les lois de finance de 2015 à 2018, pour les solutions de facilité, ce qui a engendré la chute du pouvoir d’achat et   l’augmentation du taux de chômage notamment chez les jeunes. Selon cette député, c’est plus de 1000 communes souffrent d’un récession économique sévère, estimant qu’»au lieu des solutions de facilité, il faudrait une volonté politique pour récupérer les montants des impôts et droits   douaniers non recouvrés». «Malgré la forte crise mondiale et la baisse des prix du pétrole, il   existe une marge pour agir en adoptant des solutions sérieuses et possibles. Rien n’est trop tard pour redresser la barre «, a-t-elle   soutenu.
Lors de son intervention, le député Mounir Naceri du Parti des travailleurs (PT) et tout en relevant que la «chute des prix du pétrole n’est pas le seul motif justifiant la crise », s’est longuement exprimé sur la nécessité, dit-il, de «renforcer le front économique interne et de focaliser les efforts sur les investissements publics comme alternative aux hydrocarbures». Remarque importante à retenir, lors de la séance plénière d’hier, lundi, nombreux étaient les députés qui ont manqué à l’appel. Cela dit, l’hémicycle devrait être plus rempli, aujourd’hui, puisque selon le programme établi par cette institution parlementaire, les débats sur le projet de loi de finance 2018 devraient se poursuivre avant que le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia ne   réponde aux questions des députés.
Soraya Guemmouri
 

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