mercredi 22 novembre 2017 12:08:24

Coopération algéro-française : Approfondir les discussions

La consolidation des échanges économiques et la densification du partenariat pourraient faciliter les réponses aux questions mémorielles qui doivent être accompagnées d’actes courageux, francs, et que notre pays est en droit de revendiquer et de rappeler à chaque occasion.

PUBLIE LE : 12-11-2017 | 0:00
Ph. Archives

Aujourd’hui, à l’occasion de la tenue de la 4e session du Comité économique mixte algéro-français, sera signé l’accord de partenariat pour la création d'une société mixte entre le constructeur français Peugeot, et des entreprises publiques et privées algériennes, pour l’implantation d'une usine de fabrication et de montage de véhicules de cette marque dans la wilaya d’Oran.

Cet accord est considéré par certains comme un jalon qui balise la vitalité et le dynamisme des relations économiques de la France, un de nos premiers partenaires et premier investisseurs (un volume d’échanges commerciaux annuels de 8 milliards d’euros, 450 entreprises françaises implantées en Algérie assurant 40.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects). Comme dans toute négociation, il a fallu d’âpres discussions et des arguments solides, pour amener la partie française à accepter les clauses, définies par ailleurs dans notre code du commerce, même si les usages peuvent dans certains cas amener à des accords dits de «nations privilégiées» pour des segments précis.
L’équilibre des intérêts a fini par rapprocher les points de vue. Une source proche du dossier nous a confié que les discussions étaient toujours en cours, hier, tant le partenaire ne perdait pas espoir d’arracher, au dernier moment, une clause «avantageuse», même si cette usine est déjà un élément essentiel qui permet à l’industrie automobile française d’avoir une fenêtre ouverte chez nous. En effet, par l’option prise par les pouvoirs publics de doter notre pays d’une base industrielle qui verrait à moyen terme l’arrêt de l’importation de véhicules, il était évident que la France a tout à gagner en s’implantant et en investissant sur notre sol. Notons au passage que le contrat stipule que dès le départ, une partie de la production de cette future usine sera destinée à l’exportation. Cela dit, même si cette signature est considérée comme un moment fort de la tenue du COMEFA, on s’en doute, MM. Messahel et Jean-Yves Le Drian, qui coprésideront cette session en présence du ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, et du ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, ne vont pas restreindre leurs discussions à cette question mécanique.
Deux autre accords n’attendent que les paraphes en bas de page qui se feront également aujourd’hui. Dans le domaine de l'électricité, et ce en partenariat avec le groupe français Schneider Electric, spécialisé dans la fabrication et la commercialisation des produits de gestion d'électricité et automatisation, et dans le domaine agricole, avec la création d'un consortium chargé de l'exportation et de la commercialisation des produits agricoles bio (légumes et fruits) vers l'Union européenne. Il faut reconnaître que depuis la signature de la Déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre la France et l’Algérie, en décembre 2012 à Alger, et l’institution dans leur sillage de la commission économique mixte (COMEFA), coprésidée par les ministres des AE des deux pays, et le Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), coprésidé par les deux Premiers ministres (les travaux de ce dernier sont prévus en décembre à Paris sous la co-présidence d’Ahmed Ouyahia et d’Edouard Philippe), le bilan est globalement positif, estime une source diplomatique.
Une quarantaine d’accords et de projets, dont certains emblématiques, estime notre interlocuteur qui nous cite Renault-Algérie production, GICA et LAFARGE, dans le ciment, ou dans la production de rames de tramways (Cital). Des relations denses qui ont traversé des moments de turbulences, à l’occasion de propos maladroits, discourtois, inopportuns et malvenus de la part de certaines personnalités qui occupaient ou ont occupé au moment des faits de hautes responsabilités, à l’exemple de Manuel Valls ou de Nicolas Sarkozy. Bref, cela dit, l’actuel locataire de l’Elysée, dont la visite est toujours — semble-t-il — inscrite dans l’agenda des deux parties, a prononcé sur notre sol, en tant que candidat à la présidentielle, des mots forts concernant la colonisation. En politique, comme en diplomatie, il faut peut-être intégrer le facteur temps pour faire accepter et admettre des vérités historiques. La consolidation des échanges économiques et la densification du partenariat pourraient faciliter les réponses aux questions mémorielles qui doivent être accompagnées d’actes courageux, francs, et que notre pays est en droit de revendiquer et de rappeler à chaque occasion : la restitution des crânes des résistants, l’indemnisation des victimes des essais nucléaires dans le Sud algérien, les archives sont, entre autres, les dossiers qui doivent tôt ou tard trouver une solution.

3e session du Dialogue stratégique

L’évolution récente de la situation militaire en Syrie et en Irak, la dislocation de DAECH et de son «territoire», le retour des combattants terroristes étrangers dans leur pays d’origine, notamment en France (de 700 à 2.000, ainsi que presque 7.000 mineurs, certains nés sur place, selon différentes sources françaises), la menace au Sahel, la poudrière libyenne, la question du Sahara occidental ont quasiment écrit l’ordre du jour de ce dialogue. Il est indéniable que la France, engagée militairement en Afrique, reconnaît à notre pays, à travers ce dialogue, un rôle majeur en tant que pays sûr, stable sur lequel elle peut compter dans la recherche de stratégies stabilisatrices. L’existence d’un format pareil consacré au dialogue stratégique reflète la volonté partagée d’approfondir les discussions sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun, a noté, hier, la déclaration conjointe publiée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et celui de l’Économie et des Finances. C’est dire le niveau atteint par nos deux pays dans la concertation en ce qui concerne les grandes questions de l’heure. Notons au passage que ce dialogue stratégique en tant que cadre de concertation sur les questions régionales et internationales, notre pays le mène avec les grandes puissances, à l’instar des États-Unis, de la Russie ou de la Chine. MM. Messahel et Le Drian présideront donc, dans l’après-midi, les travaux de ce cadre de «concertation informelle qui permet aux deux parties de confronter leurs analyses et d’échanger les informations se rapportant aux défis et problématiques sécuritaires, notamment l’évolution de la menace terroriste. Les représentants des institutions des deux pays en charge de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé prendront part à cette réunion qui permettra, entre autres, d’évaluer les mécanismes de concertation mis en place, et d’examiner l’état de la coopération en matière sécuritaire et les moyens à même de renforcer les capacités à faire face, ensemble, aux menaces sécuritaires multiples».
Mohamed Koursi
 

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