Congrès International de la Société Algérienne de Cardiologie : « la prévention une nécessité absolue » souligne M. Hasbellaoui

«La pathologie cardiovasculaire est en progression constante dans notre pays ; la prévention, ainsi que la modernité et l’utilisation des technologies de pointe occupent une place importante pour une prise en charge efficace», a indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
PUBLIE LE : 11-11-2017 | 0:00

«La pathologie cardiovasculaire est en progression constante dans notre pays ; la prévention, ainsi que la modernité et l’utilisation des technologies de pointe occupent une place importante pour une prise en charge efficace», a indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
 

Le professeur Mokhtar Hasbellaoui, qui a présidé jeudi les travaux du Congrès international de la Société algérienne de cardiologie (CISAC 2017), qui s’est tenu à l’hôtel El-Aurassi, a insisté sur   l’importance de la prévention et de la formation des praticiens, qu’il s’agisse de l’utilisation de moyens technologiques sophistiqués, d’application de techniques de pointe ou de mise en place de réseaux intégrés et performants dans le domaine de la prise en charge précoce de la pathologie du cœur.
«Les thèmes à l’ordre du jour de ce congrès sont d’autant plus importants qu’ils s’inscrivent en droite ligne dans notre programme d’action, au regard de la place de plus en plus importante qu’occupent les maladies non transmissibles sur l’échiquier épidémiologique national, en tête desquelles figure la pathologie cardiovasculaire», a-t-il souligné.
En effet, le ministre, qui s’adressait à un parterre composé d’experts et de spécialistes du domaine, a fait savoir que la transition démographique, qui tend à élargir la tranche des personnes âgées, ainsi que de la multiplicité des facteurs de risque que sont certaines autres pathologies  chroniques (diabète, hypertension… ), et de la persistance du phénomène tabagique, qui touche de larges franges de notre population, sont parmi les principaux facteurs en progression de cette maladie en Algérie.
M. Hasbellaoui a relevé  que la pathologie cardiovasculaire occupe la première place en termes de morbidité et de mortalité, ce qui  renseigne, selon lui, sur  les défis qui doivent être relevés en matière de prise en charge des nouveaux besoins en santé, sachant par ailleurs que d’autres maladies non transmissibles (diabète, maladies articulaires… ) connaissent la même progression fulgurante, et sont aussi une des causes de la forte prévalence de la pathologie cardiovasculaire.

 Prochaine réalisation de deux hôpitaux de cardio-chirurgie pédiatrique à Alger et à Annaba

«Au regard de la forte morbi-mortalité cardiovasculaire, la prévention est une nécessité absolue de santé publique», a-t-il indiqué, toute en soulignant que cette prévention concerne aussi bien les comportements à risque de type tabagique que l’état physiologique (augmentation de la tranche d’âge de la population âgée de plus de 40 ans) et l’état pathologique pour ce qui concerne certaines pathologies favorisant le risque cardiovasculaire.
S’agissant des affections favorisant le risque cardiovasculaire, le premier responsable du secteur de la Santé a particulièrement insisté sur la lutte contre le tabagisme, notant la multiplication par trois du risque coronarien chez les grands fumeurs. Et de relever, à ce sujet, que même si cette lutte s’est dotée d’un arsenal réglementaire, beaucoup de travail reste à accomplir pour infléchir la courbe tabagique.
Aussi, «la prévention contre la maladie cardiovasculaire passe, en outre, par un bon suivi physio- pathologique du patient, notamment s’agissant de l’hypertension artérielle», a-t-il également plaidé, avant de noter l’intérêt de la prévention primaire pour éviter une prise en charge coûteuse et par ailleurs limitée à quelques grandes villes du Nord, du fait de la concentration des compétences médicales spécialisées. «En Algérie, si cette prise en charge est aujourd’hui monnaie courante dans les grandes villes du pays, il reste beaucoup à faire pour sa généralisation progressive à tout le territoire national, dans le cadre d’un réseau intégré, y compris en termes de soins médicaux mobiles», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, et s’agissant des soins hautement spécialisés, notamment ceux relatifs à la cardiologie interventionnelle et à la chirurgie cardiaque, il faut savoir que la politique menée vise à moderniser le plateau technique des principaux hôpitaux concernés disposant d’un encadrement qualifié. «Ces hôpitaux auront ainsi un équipement de pointe et à la mesure des compétences dont ils disposent, et ce à un double niveau de centres référentiels nationaux et de centres référentiels régionaux», a-t-il souligné. Dans ce domaine du cœur, et en plus du renforcement des services existant au niveau des CHU actuels, le ministre a révélé le programme concernant la réalisation en cours  de deux nouveaux hôpitaux dédiés à la cardio-chirurgie pédiatrique, à Alger et à Annaba, qui viendront s’ajouter à l’hôpital de Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou), déjà mis en service.

Un registre national sur l’infarctus du myocarde  

Par ailleurs, le ministre de la Santé a également souligné la question de la ressource humaine qualifiée et des besoins que celle-ci induit en termes de formation continue, au profit des acteurs du secteur public et du secteur libéral. À ce propos, il a relevé toute l’importance d’un véritable plan de formation à même de créer des flux de nouveaux spécialistes adaptés aux besoins de la santé et comportant également un volet lié à la formation complémentaire pouvant intégrer le partenariat.
 De son côté, le professeur Chtaibi Mohamed, spécialiste en cardiologie interventionnelle,    chef d’unité de cardiologie au CHU de Blida, a fait savoir qu’un premier registre national sur l’infarctus du myocarde a été mis en place dans la région du Centre. «Grâce à ce registre, on a des chiffres réels sur le terrain », dit-il. À ce propos, il a mis en exergue le fait que ce registre implique, en premier lieu, 14 centres publics et privés disposant d’une unité de soins intensifs cardiologiques, où sont inclus des patients d’une manière régulière. «On a pu avoir une photographie de cette pathologie, les statistique requises révèlent que la moyenne d’âge des patients était de 60 ans, un patients sur deux était tabagique, 40% des patients avaient une hypertension artérielle et 35% diabétiques», a-t-il détaillé. Des chiffres qu’il a qualifié de «très importants», comparés à d’autres populations, notamment la population européenne.    
Le spécialiste a  souligné, à la fin, l’importance d’établir un  plan d’action régional dans chaque wilaya sous la couverture d’un plan national institutionnalisé sous la direction de la tutelle, afin de procéder à l’amélioration la prise en charge des malade et de réduire, ainsi, le taux de morbidité causé par cette pathologie.
Sarah A. Benali Cherif
 


EL MOUDJAHID - QUOTIDIEN NATIONAL D'INFORMATION Edité par l'EPE - EURL El MOUDJAHID - 20, Rue de la Liberté - Alger - Algérie
Tél. : +213(0)21737081 - Fax : +213(0)21739043
Mail : info@elmoudjahid.com