Climat des affaires : L’indice de confiance est au vert

Le secteur privé prévoit des investissements importants au cours des 12 prochains mois.
PUBLIE LE : 11-11-2017 | 0:00

Le secteur privé prévoit des investissements importants au cours des 12 prochains mois.

Le secteur privé algérien a définitivement pris racine au cours de ces deux dernières décennies bien qu’il soit encore confronté à certaines contraintes, parmi lesquelles, la réglementation sur l’importation, qui ont clairement affecté sa performance. C’est ce qu’a indiqué mercredi dernier à Alger, Jaime Perez-Seoane de Zunzunegui, directeur éditorial Afrique du Nord d’OBG. S’exprimant à l’occasion de la présentation d’une enquête réalisée par le cabinet de recherche économique Oxford Business Group (OBG), en partenariat avec la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci) et le Forum des chefs d’entreprises (FCE), il a indiqué que ceux qui sont familiers avec l’environnement d’affaires de l’Algérie savent également que les investisseurs étrangers doivent faire face à certaines contraintes, dont celle de l’impossibilité de prendre des participations majoritaires dans les entreprises et les projets locaux depuis 2009. Il est à noter que l’une des difficultés majeures pointée par les dirigeants d’entreprises algériens ou étrangers concerne la question de la prévisibilité et le caractère mouvant du cadre réglementaire en Algérie. Mettant à profit cette occasion, Jaime Perez-Seoane a indiqué qu’il est agréablement surpris par les résultats de ce premier sondage mené par OBG, le fait que plus des deux tiers des dirigeants d’entreprises ont déclaré qu’ils était susceptibles de faire un investissement important au cours des douze prochains mois, montre un indice de confiance élevé. En effet, le rapport, présenté par Alexis Reynaud, responsable éditorial chez OBG a souligné que les résultats de cette enquête démontrent que, dans une large proportion, les dirigeants d’entreprises évaluent de manière positive l’état de l’économie algérienne.
L’enquête montre que la majorité (55%) des chefs d’entreprises interrogés estiment que l’évolution du climat des affaires en Algérie sera positive au cours des douze prochains mois, alors que 6% d’entre eux estiment qu’elle sera très positive. Le rapport indique qu’en ce qui concerne la compétitivité de l’environnement fiscal national à l’échelle mondiale, 41% des chefs d’entreprises estiment qu’il est « compétitif », 4% le jugent « très compétitif » et 34 % « peu compétitif ». Par ailleurs, près de 50% des chefs d’entreprises interrogés estiment « insuffisant » le niveau de transparence dans la conduite des affaires en Algérie, plus de 10 % le jugent « très insuffisant », tandis que près de 20% le voient « élevé ». S’agissant l’accès au financement, le rapport montre que 35 % des interrogés le qualifient de « difficile », 24% de « très difficile », et 23 % de « facile ». En outre, plus d’un quart (27%) des entreprises interrogées affirment que plus de 60% de leur chiffre d’affaires provient de la commande publique. Le rapport note également que « le secteur privé a définitivement pris racine en Algérie au cours des deux dernières décennies, bien qu’il soit encore confronté à certaines contraintes, dont les restrictions sur les importations, qui ont clairement affecté sa performance ». A propos de l’impact des facteurs extérieurs sur l’économie nationale, l’enquête a précisé que « la grande majorité (66%) des chefs d’entreprises sondés estiment que la hausse du prix du pétrole est susceptible d’avoir le plus d’impact à court ou moyen terme, suivi du protectionnisme (18%) ». Au plan compétences, les chefs d’entreprises ont déclaré que l’Algérie avait besoin de compétences en leadership (38%), administration des affaires (31%), ingénierie (18%) et service à la clientèle (5%).

« Les crédits bancaires ont augmenté »

Cette occasion a constitué également une occasion d’organiser un panel sur les résultants de cette enquête. Demba Da, représentant de la Banque mondiale (BM) en Algérie, a salué les efforts menés par l’Etat algérien pour l’amélioration du climat des affaires et l’encouragement de création des entreprises à travers plusieurs mécanismes, affichant son «optimisme» quant à l’amélioration du classement de l’Algérie à l’échelle mondiale dans les prochains rapports de la BM grâce « aux signaux positifs de son économie et réformes menés par l’Etat ». De son côté , le président de l’Association des banques et des établissements financiers (Abef), Boualem Djebbar a mis l’accent sur les principales réformes menées par l’Etat dans le domaine financier, affirmant qu’en dépit de la baisse des revenus de l’Etat, suite au recul des prix du pétrole, les crédits alloués par les banques en faveur de l’investissement ont augmenté.
Il a expliqué, dans ce sens, que ces crédits ont atteint 8.400 milliards DA, dont 64% attribués aux investissements des entreprises économiques, en hausse de 26 % en 2014, 16 % en 2015 et 7 % en 2016. Il y a lieu de noter que cette enquête dont l’intégralité sera publiée en décembre prochain, a été menée entre mai et octobre 2017 auprès d’une centaine de dirigeants et chefs d’entreprises publiques (30%) et privées (70%), de différentes tailles, internationales (55%), locales (38 %), régionales (7%).
Globalement : plus de la moitié des chefs d’entreprises algériennes estiment que l’évolution du climat des affaires en Algérie sera « positive » au cours des douze prochains mois, alors plus des deux tiers de ces opérateurs prévoient un investissement important durant la même période. La présentation de l’enquête s’est déroulée, en présence des ministres de la Communication, Djamel Kaouane, et de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould-Ali, ainsi que le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh et le président du FCE, Ali Haddad.
    M. A. Z.


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