L’hiver s’installe : Des pluies bénéfiques

Avec le retour des pluies, ce week-end, et une baisse sensible des températures, c’est l’hiver qui s’installe. Les pluies parfois diluviennes qui se sont abattues, ces dernières 48 heures, sur le nord du pays, ont été très bien accueillies par les citoyens.
PUBLIE LE : 11-11-2017 | 0:00

Avec le retour des pluies, ce week-end, et une baisse sensible des températures, c’est l’hiver qui s’installe. Les pluies parfois diluviennes qui se sont abattues, ces dernières 48 heures, sur le nord du pays, ont été très bien accueillies par les citoyens.

Attendues depuis un moment, ces pluies, qui ont parfois atteint les 40 mm et plus, ont permis, même occasionnellement, à de nombreuses sources de se régénérer et d’éloigner le spectre de la sécheresse. Des pluies bénéfiques pour les fruits et légumes de saison, notamment en cette période qui précède la cueillette des olives, ainsi que les agrumes.
Ces précipitations sont bénéfiques sur tous les plans, d’autant plus que  malgré leur intensité, elles n'ont provoqué aucun dégât, hormis le désagrément enregistré sur la ligne ferroviaire Alger-Zéralda suite aux fortes pluies qui se sont abattues en cette fin de semaine et qui ont provoqué une érosion du sol qui a gravement endommagé cette voie ferrée. En effet, les torrents d’eau ont provoqué un énorme trou dans la voie ferrée, dont les rails restent suspendus sur plusieurs mètres. La plateforme en gravier sur laquelle sont posés les rails a été emportée par les eaux de pluie.
Par ailleurs, ces fortes averses ont provoqué un éboulement de terrain dans wilaya de Tipasa, ayant entraîné une perturbation dans la circulation routière, où les services concernés ont été dépêchés sur les lieux pour y intervenir.

Le rôle des collectivités locales

Il faut dire que les collectivités ont un rôle important dans la prévention de ce genre de risque naturel qui, en cas de survenue, peut avoir des conséquences économiques et humaines désastreuses.
Durant la période de l’été, certaines wilayas ont entamé plusieurs opérations pour la protection des risques d’inondation. À titre d’exemple, pour la protection de certaines communes de Naâma, la wilaya a consacré un montant de plus de 2,35 milliard DA, portant notamment sur la protection de Mécheria et Aïn-Sefra des risques d’inondations, engendrées par les eaux pluviales, des zones jouxtant les oueds et vallons.
Selon les services de la Direction des ressources en eau et de l’environnement (DREE), ces opérations interviennent après finalisation d’études techniques exhaustives menées par l’organisme national de contrôle des projets hydrauliques au niveau de ces zones, suite aux dégâts occasionnés par les intempéries de 2010, au niveau, notamment, du 4e lotissement et la cité Essalem, dans la commune de Mécheria.
Afin de protéger la ville de Mécheria, des drains longs de 11,8 km pour la déviation des eaux affluant du mont Antar hors tissu urbain ont été réalisés, en plus de la réalisation d’une galerie, longue de 1,3 km, à l’intérieur de la ville, et d’autres installations et points de collecte et de drainage des eaux, selon la même source. Les travaux de protection de la ville d’Aïn-Sefra, actuellement finis, consistent en la réalisation, sur les berges des oueds Bridj et Mouileh affluant au centre de la ville, des murs de protection en béton de 6,5 km de longueur sur 8,5 m de hauteur.

L’entretien et l’assainissement

Ce genre de travaux, soit à Naâma ou dans d’autres wilayas, doivent être accompagnés d’entretien périodique, avec le concours de l’Office national de l’assainissement et des services communaux, ainsi que du curage et du nettoyage des lits d’oued, avec, par ailleurs, le respect des normes et techniques d’urbanisme et de construction dans les zones basses. L’APC doit veiller sur l’assainissement et l’élimination des décharges anarchiques, le curage des avaloirs avant la période des pluies et le boisement des berges d’oued. Des opérations indispensables pour la protection des villes des risques d’inondation.
Selon une étude sur la stratégie nationale de lutte contre les inondations à l'horizon 2030, on compte près de 24 zones à travers le territoire national présentant de hauts risques d'inondation qui exigent, en conséquence, une intervention prioritaire.
Réalisée par un consortium de bureaux d'études espagnols et hollandais, sous la direction de la société espagnole Ofiteco, en partenariat avec le ministère des Ressources en eau et de l'Environnement, cette étude révèle l'existence, en Algérie, de 689 sites à risques d'inondations, dont 50 à haut risque, parmi lesquels 24 impliquent une intervention prioritaire.
Selon la Direction de l'assainissement au ministère des Ressources en eau, l'étude indique que des zones dans les régions nord, est et sud du pays sont les plus exposées aux risques d'inondation, ajoutant que le sud du pays se distingue par l'apparition de crues très rapidement causant de sérieux dégâts.

L’affaire de tous

Cela dit, «l'Algérie ne figure pas parmi les pays où les inondations font des milliers de morts, mais elle reste sujette à des inondations récurrentes», avisent les spécialistes.
Sur ce point, les auteurs de l'étude ont indiqué que près de 1.600 personnes sont mortes suite aux différentes inondations survenues en Algérie depuis 1921.
Ils mettent l'accent sur la nécessité de coordonner les efforts entre les différentes institutions du pays, signalant que la gestion des inondations ne relevait pas uniquement de la seule autorité du ministère des Ressources en eau.  
Il faut citer, dans ce cadre, l'importance des actions «non structurelles» impliquant, notamment l'adoption de systèmes de prévision des inondations sur la base de données précises sur la récurrence de ce phénomène, la mise en place de plans d'action visant à former la population aux réflexes à adopter en cas d'inondation, ainsi que la prise en charge psychologique des victimes.
Les actions structurelles, quant à elles, concernent essentiellement les travaux au niveau des barrages, des canalisations d'eau et des sites naturellement exposés afin de réduire les risques d'inondation. Il y a lieu aussi de cesser la délivrance de permis de construire au niveau des zones inondables.
L'adoption d'une réglementation spécifique aux zones inondables, la coordination entre les différentes institutions, la mise en place d'une structure de suivi des inondations sont les principales recommandations prônées par l'étude qui préconise aussi l'usage de moyens techniques pour prévenir les inondations.
Il s'agit principalement des équipements de mesures de pluviométrie à même de donner l'alerte dans le cas où un certain seuil serait dépassé.
Sarah Sofi
 


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