samedi 18 novembre 2017 09:22:41

Racine Senghor auteur, professeur d’université sénégalais :

« Le regard de la littérature africaine actuelle est prospectiF »

PUBLIE LE : 11-11-2017 | 0:00
D.R

Ayant pris part à deux rencontres, à la faveur du 22e Salon international du livre d’Alger, Racine Senghor, poète, essayiste, professeur d’université, critique littéraire et auteur de manuels scolaires, ainsi que directeur de cabinet au ministère de la Culture au Sénégal, revient dans cet entretien sur sa participation au SILA, sur le projet de panafricanisme, ainsi que sur les tendances éditoriales actuelles en Afrique.

 C’est votre première visite au SILA, quels sont vos impressions par rapport à l’engouement du public algérien au livre et des rencontres auxquelles vous avez pris part ?

Je suis heureux de participer à ce grand Salon du livre d’Alger qui est un modèle pour les pays africains. J’ai rencontré beaucoup d’amis algériens et nous avons beaucoup échangé. Je suis au SILA pour délivrer deux communications, la première est relative au «livre et à l’école», afin de démontrer le rôle joué par l’école pour la constitution d’une masse critique à la fois du lecteur et de l’auteur.
C’était un panel que j’ai partagé avec des écrivains algériens et autres, cet échange nous a permis de vivre en profondeur des questions fondamentales.
La deuxième communication traitant de la créativité, avec comme approche la contribution du lecteur dans le processus de créativité à travers les idées qu’il extrait du livre. Et c’est l’ensemble de ces créations multiformes qui donne à l’œuvre une portée universelle.

Peut-on parler encore de panafricanisme de nos jours ? Est-ce que la littérature pourrait renforcer et valoriser le projet du panafricanisme ?

Il faut lire les auteurs africains et maghrébins, leurs livres sont riches de contenu panafricain. Le livre est un moyen de communication, il circule et traverse les frontières et touches un vaste public, c’est moyen pour renforcer le panafricanisme. Mais pour cela, il faut construire des réseaux d’écrivains, d’éditeurs, de libraires, d’imprimeurs, la littérature participe surtout par la réflexion qu’elle apporte. Le panafricanisme a toujours existé, le mot est nouveau, mais les échanges ont existé depuis la nuit des temps, les sénégalais sont musulmans depuis le XIe siècle, c’est un signe de panafricanisme. Les relations entre le Maghreb et l’Afrique datent de plusieurs siècles, cela est cela passé par le Coran et d’autres livres saints.
Le panafricanisme est très ancien et se poursuit, à titre d’exemple, à Dakar se tiennent « Les ateliers de la pensée», la réflexion autour du panafricanisme se poursuit, mais il ne faut pas s’arrêter là après une réunion, c’est un processus de continuité où nous mettons en place des possibilités de se rencontrer comme le SILA, comme les festivals et les championnats de football ou de basket-ball, toutes ces organisations contribuent à tisser, entre les peuples et les pays, des relations pour faire comprendre que l’Afrique, est non seulement la boussole de l’humanité, mais que l’Afrique est une dans sa diversité, le panafricanisme est un mouvement en construction permanente.

 Quels sont les tendances éditoriales en Afrique du XXIe siècle ? Assistons-nous à une littérature qui a fait table rase des souffrances d’autrefois et qui se penche vers l’avenir ?

 La littérature africaine se renouvelle, de nos jours, les tendances de l’écriture ne sont plus des souvenirs, le regard est plus prospective, il interroge beaucoup plus le présent et les réalités, les difficultés, les contraintes, les pesanteurs, les beautés et les générosités de l’Afrique du présent pour envisager un monde tel que, les écrivains qui sont jeunes et qui vivent dans des mondes différents, l’aperçoivent.
Heureusement d’ailleurs, le contraire serait étonnant de ne pas être présents par rapport à ce que nous vivons, à ce que nous ressentons, et par rapport à nos rêves et à nos espoirs.
Il y a quelque fois de l’amertume, beaucoup d’objectivité et une grande capacité à imaginer le futur, et de pousser vers le futur à travers une littérature multiforme.
Entretien réalisé  
par Kader Bentounès

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