M. Ould Salek : « L’ONU, l’UA et la France interpellées »

L’ONU réaffirme le mandat conféré à Kohler par le Conseil de sécurité
PUBLIE LE : 09-11-2017 | 0:00

Le dernier discours du roi du Maroc est «un non-évènement», a affirmé hier le ministre sahraoui des Affaires étrangères. lors d’une conférence de presse animée au siège de l’ambassade de la RASD, M. Ould Salek a déclaré que «le discours est un non-évènement pour nous», toutefois, a-t-il ajouté, «c’est un message pour la communauté internationale qui doit assumer ses responsabilités».

Pour le conférencier, le Maroc, à travers le discours de Mohammed VI,  a démontré  encore une fois «une intransigeance connue» , refusant de se plier à la légalité internationale. Pour Mohamed Ould Salek, le discours «renie la nature du conflit du Sahara occidental et essaie d’impliquer l’Algérie dans ce conflit». Mais, plus encore, selon le chef de la diplomatie sahraoui, ce discours «envoie  aussi et surtout un message clair aux Nations unies qui viennent de nommer M. Köhler,  dans lequel il dit que vous ne pouvez rien faire sans reconnaître à l’avance, ce que le roi du Maroc appelle la marocanité du Sahara occidental». Par cela, fera également remarquer M. Ould Salek, «le Maroc met un veto à l’action que l’envoyé spécial et le  SG  de l’ONU veulent entreprendre», et la «nouvelle dynamique» qu’ils veulent imprégner au processus de négociation. Pour lui, le Maroc «sape à l’avance tous les efforts» entrepris. Il n’en reste pas moins, dit le conférencier, que «la République sahraouie est une réalité nationale, continentale et internationale», et que le Maroc, qui, selon lui, «nage à contre-courant», doit «vivre avec cette réalité». Pour le conférencier, le Maroc s’entête à refuser la seule voie à même de mettre un terme au conflit. À savoir l’organisation du référendum, conformément à la résolution du Conseil de sécurité.  Mais, selon lui, si Mohammed VI a bloqué le «processus engagé sous les auspices de l’Union africaine et de l’ONU, et a renié les engagements pris par le Maroc», c’est parce que la France le protège au sein du Conseil de sécurité. 

"La RASD et l’unité territoriale  sont des lignes rouges"

C’est pourquoi, dit-il, «nous lançons aujourd’hui un appel à la France afin qu’elle assume ses responsabilités». Ce pays se devait, selon Ould Salek, «de jouer un autre rôle pour qu’il y ait la paix dans la région». Cette conférence sera aussi l’occasion pour le chef de la diplomatie sahraouie de réitérer la position «claire» des Sahraouis. «La RASD et l’unité territoriale sahraouie sont des lignes rouges», a-t-il affirmé, ajoutant que «le roi du Maroc doit comprendre que la volonté du peuple sahraoui à la liberté et à l’indépendance sont des droits reconnus internationalement, et qu’il ne peut les fouler de manière permanente». M. Ould Salek poursuivra en déclarant que «le peuple sahraoui   luttera pour arracher ses droits. Et  si cela est nécessaire, cette lutte sera poursuivie par les nouvelles générations, et ce jusqu’au retrait des troupes de l’occupant de notre territoire et la proclamation de la République sahraouie». Il rappelle que «la question du Sahara occidental est qualifiée comme étant une question de décolonisation, et le droit du peuple sahraoui est reconnu par les Nations unies et par toutes les organisations régionales et internationales, et que dans la résolution du Conseil de sécurité, il est  demandé aux deux parties de négocier de bonne foi et sans conditions préalables». Or, en demandant la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental, le Maroc pose un préalable, ce qui est en violation de la décision du Conseil de sécurité.

"Il n’y aura pas de sommet UA -UE sans la RASD"

Interrogé sur le prochain sommet UA - UE, qui doit se tenir dans la capitale ivoirienne Abidjan, M. Ould Salek dit qu’«il n’y aura pas de sommet sans la RASD». Le Maroc, ajoute-t-il, «essaie, avec la complicité de la France, de créer des obstacles», mais, selon lui, il n’est pas question d’exclure un pays quelconque. «Si le Maroc veut assister à côté de la RASD, c’est la logique, car il est membre de l’UA», mais, a-t-il estimé, «c’est un non-sens» d’empêcher la présence d’un autre membre. Enfin prié de donner des détails sur la rencontre entre le Premier ministre M. Ouyahia et le président sahraoui M. Ghali, il dit que c’est une occasion pour passer en revue la situation dans la région, les derniers développements de la question du Sahara occidental, l’agenda de l’UA et de l’ONU, et d’ échanger les points de vue. Les deux délégations ont également passé en revue  les relations bilatérales. À ce sujet, dit M. Ould Salek, «on ne peut que se féliciter de la continuité de cette tradition de coordination  entre l’Algérie et la RASD».   
Nadia Kerraz  

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L’ONU réaffirme le mandat conféré à Kohler par le Conseil de sécurité  

Le porte-parole du Secrétaire général des   Nations unies, Stéphane Dujarric, a affirmé mardi que le nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, poursuivait sa mission de médiation au Sahara occidental, conformément au mandat qui lui a été conféré   par le Conseil de sécurité. «Il y a un mandat du Conseil de sécurité (conféré) à l'envoyé personnel, ainsi qu’à la Minurso, et nous allons continuer ce mandat et poursuivre notre travail», a déclaré le porte-parole d’Antonio Guterres, lors d’un point de presse. M. Dujarric a été interrogé sur la réaction de Kohler et celle l’ONU quant au dernier discours du roi du Maroc, dans lequel Mohammed VI affirmait qu’aucun règlement de la question sahraouie n’est possible en dehors de «l’initiative marocaine d’autonomie». «Je ne vais pas réagir au discours du roi», a-t-il répondu, avant d’ajouter que les mandats de Kohler et de la Minurso ont été établis par le Conseil de sécurité, et c’est sur cette base que le processus de règlement du conflit du Sahara occidental sera poursuivi. D’ailleurs, Horst Kohler est attendu, le 22 novembre à New York, pour présenter au Conseil de sécurité les résultats de sa première tournée régionale dans la région, pour relancer le processus onusien. La dernière fois où le Front Polisario et le Maroc se sont installés à la même table de négociations remonte à mars 2012 à Manhasset, aux États-Unis. Depuis, le processus de paix lancé par l’ONU se trouve dans l’impasse en raison des entraves dressées par le Maroc pour empêcher le règlement du conflit sur la base des principes de légitimité internationale qui garantissent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. (APS)  
 


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