samedi 18 novembre 2017 09:23:37

Ferhat Ait Ali expert financier : «La Bourse a besoin d’une vision économique»

"Je suis convaincu, qu'il ne faut pas dynamiser l'organisme dénommé actuellement bourse d'Alger, mais de créer tout simplement une bourse d'Alger, conforme à ce qui a cours dans tout le reste du monde, pays africains et arabes inclus. "

PUBLIE LE : 07-11-2017 | 0:00
D.R

En 20 ans d’existence, seules 5, et bientôt une 6e entreprise, ont introduit leur capital en Bourse. Même les entités publiques, au nombre de 8, à qui le CPE a donné son aval, n’ont pas répondu favorablement. Comment s’explique cette réticence ?
On ne peut pas parler de réticences, mais surtout d'incapacité structurelles pour certaines entreprises à entrer en bourse, du fait même de leur gestion et des facteurs internes de déficits pour certaines entités publiques, et du fait du manque de transparence inhérent à notre économie, pour les parties privées, ceci du côté des opérateurs. Du côté de la COSOB et des autorités financières, les exigences de solvabilité préalables, et de bilans positifs, rendent caduque la nécessité même d'aller en bourse, qui est un marché financier, initialement destiné à pallier au marché premier que sont les banques.

Ne pensez-vous pas qu’il soit temps d’introduire l’aspect obligatoire de cette entrée en Bourse, pour les entreprises dépassant un certain seuil de leurs chiffres d’affaires ?
En droit, nul ne peut obliger les entités économiques à substituer la bourse à leurs actionnaires ou aux banques qui les financent, et aucun créancier d'une entité n'admettra de voir ses créances initiales sur l'entreprise, être risquées en bourse, dans un environnement normal, et encore plus dans un environnement à risque. Matériellement, le chiffre d'affaires n'est pas un indicateur de santé financière d'une entreprise, ni même de sa viabilité, et en ce moment les gros chiffres d'affaire se trouvent chez les revendeurs formels et informels, plus que chez les producteurs. L'autre problème, est que les bourses ne sont pas des lieux de brassage des mêmes capitaux entre les mêmes acteurs, mais des lieux de placement d'épargnes et de capitaux, exogènes aux acteurs de la bourse elle-même. Si une bourse ne permet pas des transactions en temps réel, d'échange de titres entre des parties privées qu'elle n'est pas tenue de connaître dans les détails, je ne vois pas comment elle pourrait lever l'épargne oisive ou les fonds hors circuit bancaire, pour permettre de financer les entités qui s’y inscrivent.

Comment dynamiser la Bourse d’Alger qui, aujourd’hui fait face, entre autres, à une faiblesse des managements stratégiques, une non résolution de titres de propriété ?
Je suis convaincu, qu'il ne faut pas dynamiser l'organisme dénommé actuellement bourse d'Alger, mais de créer tout simplement une bourse d'Alger, conforme à ce qui a cours dans tout le reste du monde, pays africains et arabes inclus. Quand on veut créer un mécanisme capitalistique, on fait appel à des capitalistes formés dans l'exercice des métiers de la finance selon la vision capitaliste. Sinon, on se dispense de Bourse, et on imagine autre chose de plus conforme à sa vision du monde, mais il faut avoir une vision, et les gens qui vont avec. Pour les titres de propriété, c'est une mal bien algérien de traiter sur la base de titres juridiques, et en même temps de ne pas les établir à temps, la vitesse de rotation dans une bourse normale est telle, que les titres qui ne portent pas sur les actifs mais sur les prévisions de gains qu'on attend d'une action, qu'il est impossible de l'aligner sur une logique de notaire de province.
Encore une fois, nous devons réfléchir, à une vision économique, avec des économistes, et choisir une bonne fois pour toute une voie, avec ses moyens et sa logique.
Propos recueillis par Fouad I.

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