mardi 21 novembre 2017 18:28:20

Dossier, bourse d’Alger : Les raison d’une léthargie

Créée voilà 20 ans, la Bourse d’Alger peine à atterrir sur le tarmac de la performance et s’ériger, comme prévu, en une des alternatives de choix au financement.

PUBLIE LE : 07-11-2017 | 0:00
D.R

Créée voilà 20 ans, la Bourse d’Alger peine à atterrir sur le tarmac de la performance et s’ériger, comme prévu, en une des alternatives de choix au financement. Ses statistiques la place à mille lieues des objectifs tracés dans le cadre de sa modernisation. Fixant, en termes de capitalisation, un objectif de 10 milliards de dollars pour l’année en cours, la SGVB n’en est qu’à 457 millions USD. Une avalanche de motifs explique cette contreperformance. Des exemples ? Si on observe la fréquence des introductions en bourse, on trouve qu’elles sont trop espacées.
Cet espacement qui a empêché la capitalisation sur la communication, la confiance et les efforts des entreprises pour vulgariser la Bourse. S’ajoutent le manque de culture boursière chez les chefs d’entreprises et le grand public, le nombre insuffisant de fonds d’investissement, et de sociétés de placement de capitaux variables qui permettent de collecter des fonds et de les investir en Bourse. Il est reproché à la SGVB son manque d’agressivité, avec un stress financier qui s’est installé et la baisse de liquidités bancaires, et leur corollaire nécessité de développer le marché des capitaux, la dynamisation de l’institution boursière s’impose. Plus que jamais, économistes et analystes convergent autour d’un nombre de points. Unanimes ils mettent l’accent sur la levée des contraintes d'environnement dont les entraves la bureaucratiques. Sans une concurrence réelle, c’est l’existence de bourse qui serait remise en cause. Intervient également la résolution de titres de propriété qui doivent circuler librement, segmentés en actions ou obligations.
Ce n’est pas tout. La dynamisation de la bourse passe inéluctablement par la refonte du système financier, une comptabilité claire et transparente, avec à la clé la généralisation des audits afin de déterminer clairement les centres de couts pour les actionnaires. A ce sujet, il y a lieu de souligner que si l’architecture juridique, les textes réglementaires et les compétences humaines existent, c’est dans le marché secondaire, en d’autres termes après l’introduction en Bourse, que des problèmes se posent. L’animation, la liquidité, la facilité d’échanger, de vendre et acheter des titres boursiers sont quasi-inexistantes. Raison ?  Les intermédiaires en opérations bancaires ne sont pas assez impliqués. Mais, comme le souligne premier responsable de ladite institution, ce sont des entreprises créatrices de richesses, porteuses de plus-value, qui peuvent mener à bon port ce train de dynamisation. Ce qui n’est pas aujourd’hui le cas, M. Yazid Benmouhoub demeure optimiste quant à l’avenir de la Bourse, annonçant l’entrée de nouvelles mesures susceptibles de changer la donne comme la cotation en ligne devant intervenir à partir de 2019. Avant d’atteindre ce stade, la Bourse, dans le cadre de sa modernisation, veut se doter d’un nouveau système d’information très performant. Un contrat est signé avec le groupe espagnol BME AFI. Les choses vont bon train. On rappelle également que lors de son déplacement en Grande-Bretagne, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya a annoncé la signature dans les prochains mois d’un mémorandum entre la City de Londres et la Bourse d’Alger. Le document portera sur les échanges entre les deux entités et les moyens de faire profiter la SGVB ainsi que les entreprises algériennes, de l’expertise de la première place financière dans le monde.
Fouad Irnatene
 

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