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Recherche scientifique : Les conditions d’obtention du doctorat seront revues

« Les étudiants de 3e cycle n’auront plus besoin de publier un travail de recherche dans une revue universitaire internationale pour pouvoir soutenir leur thèse de doctorat »

PUBLIE LE : 07-11-2017 | 0:00
D.R

« Les étudiants de 3e cycle n’auront plus besoin de publier un travail de recherche dans une revue universitaire internationale pour pouvoir soutenir leur thèse de doctorat », tels sont les termes contenus dans le dernier décret en préparation au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) et qui a été récemment présenté par Tahar Hadjar en Conseil des ministres.
En effet, la priorité sera désormais accordée, lors de la rédaction des publications scientifiques spécialisées, aux contributions des diplômés détenteurs de leurs titres (docteurs).
Cette initiative, qualifiée de louable par la communauté universitaire, a été applaudie par nombre d’enseignants, chercheurs et scientifiques, qui mettent en avant tous les avantages de cette disposition apportant à la fois souplesse et efficacité aux travaux de recherche des prétendants à un doctorat d’Etat. Ces derniers considèrent, en effet, que la nouvelle mesure est à même de « permettre à des centaines d’étudiants en 3e cycle de se libérer de cette obligation handicapante pour pouvoir enfin soutenir leurs thèses et avoir leurs diplômes ». En effet, la grande majorité des doctorants ont soulevé le problème de l’indisponibilité ou de l’inaccessibilité des revues universitaires internationales pour les étudiants algériens, ce qui constitue un obstacle et une épreuve de taille pour ces derniers.
Contacté par la presse nationale, le docteur Abdessalam Khaled, président du Comité scientifique du département psychologie à l’université Sétif 2, a affirmé que la publication d’un article scientifique est une condition pour  la soutenance dans la plupart des universités du monde, et cela doit se faire dans une revue scientifique de classe A. Néanmoins, comme il est très difficile d’y accéder, étant donné que c’est un conseil de scientifiques qui doit valider la publication de tout article de ce genre, « certains de nos doctorants ont recours à des revues commerciales en Egypte et ailleurs, en payant 200 dollars pour une publication », a-t-il indiqué. Rappelons que l’Université algérienne a entrepris une série de réformes depuis plusieurs années déjà, afin d’assainir et de réhabiliter la recherche. Dans cette optique, le gouvernement a approuvé récemment le contenu de deux textes de loi relatifs au secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.  Il s’agit, pour le premier, d’un décret définissant «les conditions et modalités de l’habilitation universitaire», alors que le deuxième concerne «le régime des études LMD (licence-master-doctorat)».
Il faut rappeler aussi que le programme lancé par le gouvernement, vise à créer plus de 40.000 entreprises innovantes (start-up) au niveau national, entre 2017 et 2018.
Ce programme constitue «une occasion précieuse» que les établissements universitaires et de recherche doivent saisir par la création d’incubateurs et l'ouverture du champ devant des diplômés de l’enseignement supérieur en matière de création de start-up.
Le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique au ministère de l'Enseignement supérieur, Abdelhafid Aourag, a affirmé récemment que l'Etat a consenti beaucoup de moyens pour encourager la recherche scientifique. « La recherche scientifique a généré, cette année, en fonds propres, un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dinars, soit le 1/3 des 4,6 milliards de dinars de son fonds de fonctionnement total », a-t-il affirmé.
Il projette une augmentation de ce chiffre d'affaires, qui est le fruit des idées innovantes des chercheurs algériens, à 10 milliards de dinars à l'horizon 2025.  
Le directeur de la recherche au ministère de l’Enseignement supérieur a déploré le fait que la majorité des 30.000 chercheurs en Algérie travaillent dans les universités et les centres de recherche, alors que dans le monde, 60% sont en entreprise.
Sarah A. Benali Cherif
 

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