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M. Necib, invité de notre Forum : l’eau, une question centrale

Le ministre des Ressources en eau a affirmé, hier, au Forum d’El Moudjahid, que l’augmentation de la tarification de l’eau n’est pas à l’ordre du jour ; quant à la moyenne nationale de niveau de remplissage des barrages, même si elle est de l’ordre de 50 %, on ne peut pas dire que l’Algérie est au rouge, en tout cas, elle est nettement meilleure que celle vécue en 2001, où l’on pensait à importer l’eau.

PUBLIE LE : 06-11-2017 | 23:00
D.R

Le ministre des Ressources en eau a affirmé, hier, au Forum d’El Moudjahid, que l’augmentation de la tarification de l’eau n’est pas à l’ordre du jour ; quant à la moyenne nationale de niveau de remplissage des barrages, même si elle est de l’ordre de 50 %, on ne peut pas dire que l’Algérie est au rouge, en tout cas, elle est nettement meilleure que celle vécue en 2001, où l’on pensait à importer l’eau.

Hocine Necib a entamé sa conférence par le rappel de certains paramètres, en matière de ressources hydriques, qui caractérisent l’Algérie. D’abord, c’est une région marquée par la faiblesse des précipitations et ayant un climat semi-aride. Ces singularités font que notre pays réussit à mobiliser 10 milliards de mètres cubes par an destinés à tous les usages. Cependant, cette année, le pays a enregistré un recul assez sévère des précipitations. Cette situation a engendré une baisse du taux de remplissage des barrages, qui ne sont aujourd’hui rempli qu’à moitié. Ce taux reste, pour le premier responsable du secteur des Ressources en eau, acceptable. Pour la simple raison, explique notre invité,  que « nous sommes à la fin d’un cycle sec. Une période caractérisée par le manque d’apport en pluies et une hausse de la demande». Néanmoins, ajoute le ministre, 3 barrages ont atteint un niveau historiquement bas. Il s’agit du barrage Ain Delia (Souk Ahras) qui alimente trois wilayas: Souk Ahras, Tébessa et Oum El-Bouaghi. Le deuxième barrage est celui de Hammam Debagh à Guelma, le troisième barrage c’est celui de Chafia, qui alimente Taref et Annaba. En résumé, le ministre estime que notre pays n’est pas en situation de crise aiguë. Et pour s’en convaincre, il faut revenir aux années 2000, où nous étions en phase d’importer cette ressource. Et qu’au regard de la sécheresse qui prévalait, les ports d’Alger et d’Oran allaient être aménagés pour l’importation de cette denrée. Sans oublier qu’à cette époque, l’Algérie venait de sortir d’une décennie difficile, marquée par un désinvestissement chronique. Et si aujourd’hui on peut dire que nous sommes plus ou moins à l’abri, c’est grâce à la volonté politique dont a bénéficié le secteur de l’eau. Le Président de la République a compris l’enjeu qui entoure l’or bleu et, en visionnaire, il a fait de ce secteur une de ses priorités. Cela a commencé par la création d’un département ministériel chargé des Ressources en eau, s’en est suivie la réalisation de 30 barrages, des stations de dessalement d’eau de mer... Le ministre est affirmatif, c’est cette politique et la pertinence de la stratégie hydrique qui font que l’on peut dire que l’Algérie n’est pas au rouge et qu’en dépit de la crise financière, les projets du secteur seront relancés, après la décision du chef de l’Etat de lever le gel.

Un Algérien sur 5 approvisionné par l’eau de mer

Le ministre a tenu, lors de cette conférence, à saluer la décision du Président de la République, qui a opté, depuis les années 2000, pour le dessalement d’eau de mer. Une option salutaire, car elle a permis de renforcer l’offre nationale en eau potable. Elle a permis, par ailleurs, de diversifier la ressource et, par voie de conséquence, de sécuriser l’approvisionnement, et surtout contribué au recul du stress hydrique. Le programme de réalisation de 13 stations de dessalement d’eau de mer (11 réalisées), permet une production de 2,1 millions de mètres cubes par jour. Ce qui représente 17%, et l’objectif est d’atteindre 20 % d’ici la fin de l’année. Cela veut dire qu’un Algérien sur cinq est approvisionné en eau de mer. C’est dire que le dessalement d’eau de mer a pris une place très importante dans le schéma national hydraulique. Une place bien confortée, puisque le gouvernement a décidé de lancer la réalisation de deux grandes stations de dessalement. L’une à Taref, pour répondre aux besoins des wilayas de Annaba et de Taref. Dimensionnée pour 100.000 m3, le ministre dit qu’il a donné des instructions pour que cette capacité passe à 300.000 m3. L’objectif étant de soutenir la demande dans ces deux wilayas. Cette stratégie vise, également, à dégager l’excédent qui, à moyen terme, sera transféré vers les Hauts-Plateaux. La deuxième station est prévue à l’ouest d’Alger. Elle sera, elle aussi d’une capacité de 300.000 m3. Avec ce projet, la partie ouest d’Alger aura de l’eau H24, et approvisionnera une partie de la wilaya de Blida qui connaît un déficit structurel en ressources en eau, notamment la partie est. Quant à la station de Fouka, elle sera réservée à Tipasa.
Sollicité pour se prononcer sur l’augmentation de la tarification de l’eau, le ministre a expliqué que ce n’est pas à l’ordre du jour, pour le moment. A ce propos, il a rappelé que la tarification, largement soutenue par l’Etat, n’a pas été révisée depuis 2005. Actuellement, a indiqué l’invité de notre Forum, le tarif est de l’ordre de 20 dinars, alors que le prix de revient réel est de 60 DA. Et un peu plus dans certaines wilayas. Le ministre a ajouté que cette augmentation n’est pas à écarter dans les années à venir, et fatalement, le dossier sera ouvert. Toutefois, le pouvoir d’achat des couches aux revenus modestes ne sera pas touché. A la question de savoir pourquoi l’Algérie a opté pour la gestion déléguée, le ministre a expliqué qu’il fallait une expertise internationale, et ce choix a permis d’acquérir un savoir-faire en matière de management.

Le recouvrement des créances passe par la sensibilisation

Le ministre est revenu sur les créances de l’Algérienne Des Eaux, qui sont de l’ordre de 46 milliards de dinars. Une partie, 15 milliards, sont de vieilles créances héritées (communes et les anciennes entreprises de l’eau). Le dossier est traité d’une manière spéciale. Pour le reste, quelques 31 milliards, dont une partie, que le ministre appelle créances fraîches, le recouvrement se fait doucement mais sûrement. Ce dossier est pris à bras le corps par le ministre, qui adresse des correspondances à tous ses collègues pour intervenir et inciter les mauvais payeurs, collectivités locales, établissements scolaires, hôpitaux... Mais le plus grand chantier du ministre, c’est celui des pertes d’eau. Depuis une dizaine d’années, ce sont quelque 2.000 km qui sont rénovés annuellement. De grands efforts sont consentis pour pallier cette situation. Autre problématique, c’est les branchement illicites. A ce propos, le ministre ne lésine pas sur les mots: il y a des voleurs d’eau. Et avec cette catégorie, l’Etat est intransigeant. Près de 2.700 cas sont devant la justice. Au total 8.230 branchements illicites ont été enregistrés depuis janvier 2017. Près de 53%, (4.339) ont été éliminés, les cas réglés à l’amiable. Cette opération a permis de récupérer 850.000 mètres cubes d’eau. C’est tout dire.
Nora Chergui

 


 

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