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Lutte contre le radicalisme religieux : Le Canada intéressé par l'expérience algérienne

Le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence : « L’expérience algérienne est des plus concluantes »

PUBLIE LE : 22-10-2017 | 23:00
Ph. : Nacera

«Une importante délégation composée notamment de dix imams va se rendre à Montréal pour dispenser une formation aux imams locaux. Cette session sera consacrée au thème de la lutte contre le radicalisme religieux », a révélé hier le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs.
M. Mohamed Aïssa, qui s’est exprimé en marge de sa visite d’inspection du déroulement des épreuves orales du concours national de recrutement d’imams  au siège de l’Ecole nationale de formation et de perfectionnement des cadres des affaires religieuses, qui se trouve à  Dar El Imam de Mohammadia,  a fait savoir que « l’expérience algérienne dans la lutte contre la radicalisation et les mouvements sectaires  intéresse de plus en plus  les pays occidentaux ».
Il a fait savoir,  dans ce sens, que cette session, qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration de l’attaque terroriste ayant ciblé la mosquée de Montréal, devrait intervenir au courant du mois de ramadhan prochain et durera 30 jours consécutifs.
«L’objectif assigné à cette démarche est en fait de faciliter l'intégration des imams installés  à Montréal, par la promotion  d'un islam du juste milieu, celui de la convivialité, du respect et d'amour de l'autre», a-t-il souligné tout en ajoutant que  « le rôle d’un imam est tout d’abord de promouvoir les valeurs humaines, de modération et de tolérance ». Le ministre  a  indiqué, dans ce contexte,  que  ces religieux doivent contrer les idéologies extrémistes qui propagent leurs idées néfastes ces dernières années et, ainsi,  inculquer aux  populations  les vraies  valeurs de l’islam.
 «Les imams doivent être cultivés et conscients du rôle qu’ils assument dans la transmission du message éducatif de la mosquée, instillant les valeurs humaines et spirituelles aux jeunes », a-t-il dit.
Le ministre a estimé dans ce contexte  que  le radicalisme religieux est dépassé en Algérie, car on est dans une phase de prévention contre cette pratique. «Nous avons vécu le radicalisme à l’édition expérimentale durant les années 90. Nous connaissons ses sources et ses causes. Nous l’avons combattu et nous continuons à le combattre», a affirmé Mohamed Aïssa.

Le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence  : « L’expérience algérienne est des plus concluantes »

Le ministre a dans ce sens fait savoir que sur les 3.000 candidats ayant postulé pour intégrer les instituts de formation des cadres religieux, 500 ont réussi. « On ne prendra que les meilleurs », a-t-il dit, assurant que les imams formés dans les institutions relevant de son département ministériel s’attellent à prémunir l’Algérie contre le fondamentalisme religieux. «Les imams que nous formons sont qualifiés pour abroger les fondements idéologiques du fondamentalisme», a-t-il rassuré.
A une question inhérente à la révision des salaires des imams, le ministre a fait savoir  que celle-ci  «n’est pas à l’ordre du jour». Il explique cependant que «le système d’indemnisation des imams a été mal négocié dans une période précédente». Cela dit, après cette période, poursuit le ministre,  les besoins des imams ont été quantifiés et calculés avec effet rétroactif. «La demande a été approuvée par les hautes autorités du pays. Cela dit, la révision de ce régime d’indemnisation des imams ne peut être appliquée dans l’immédiat», dans ce contexte particulier marqué par la baisse de la finance publique.
De son côté, le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Herman Okomba-Deparice s’est dit intéressé par l’expérience algérienne dans la formation des imams pour lutter contre la radicalisation violente. « Je suis ici pour apprendre de l'approche algérienne de la lutte contre la radicalisation violente. Notamment, pour ce qui et de la formation des imams. Une approche algérienne qui fait la promotion d'un islam de tolérance pour renforcer le vivre ensemble», a-t-il affirmé.
 Le directeur a fait savoir que le renforcement des relations entre les deux pays passe tout d’abord  par la coopération  par l’échange des bonnes pratiques  et les stratégies communes  pour lutter contre le fanatisme.
Il explique, d’ailleurs, que l'expérience de l'Algérie dans la lutte contre l'extrémisme violent démontre clairement que l'éducation et l'équilibre entre l'approche sécuritaire et préventive sont les antidotes face à cette menace.
Il y a lieu de préciser que le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence est considéré comme l'un des pionniers de la lutte antiterroriste dans le monde, de par ses expériences, ses stratégies de lutte qu'il expose à travers des études approfondies effectuées par des spécialistes en la matière.
Sarah A. Benali Cherif
 

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