dimanche 22 octobre 2017 01:47:06

Après la déclaration d’indépendance « suspendue » de la Catalogne : L’ultimatum de madrid

« Le président catalan ne sait pas où il va »

PUBLIE LE : 12-10-2017 | 0:00
D.R

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a annoncé hier avoir donné cinq jours au président de la Région catalane, Carles Puigdemont, pour clarifier s’il a déclaré l’indépendance de la Catalogne ou pas. «Si M. Puigdemont confirme déclarer l’indépendance de sa région d’ici lundi à 10H00 (08H00 GMT) ou s’il ne répond pas, le gouvernement lui accordera un délai supplémentaire jusqu’au jeudi 19 octobre à 10H00, pour faire machine arrière, avant de recourir à l’article 155 permettant de suspendre l’autonomie de la Catalogne», a précisé M. Rajoy, devant les députés. Le chef du gouvernement a estimé «très important que M. Puigdemont éclaircisse, pour le reste des Espagnols, s’il a déclaré hier l’indépendance ou pas».

Lors d’une séance mardi au parlement de Catalogne, «a été annoncé une déclaration unilatérale d’indépendance qui a ensuite été suspendue, mais qui a plus tard été signée», avait résumé le chef du Parti socialiste espagnol Pedro Sanchez. Il l’avait qualifiée de «cérémonie de l’absurde». Dans la matinée, Mariano Rajoy a menacé de suspendre l’autonomie de la Catalogne, sommant le président Carles Puigdemont de confirmer s’il avait bien déclaré l’indépendance de sa région. Lors d’une brève déclaration télévisée, M. Rajoy a enjoint à Carles Puigdemont de revenir à la légalité, faute de quoi il utiliserait pour la première fois l’article 155 de la Constitution, qui permet de suspendre partiellement ou complètement l’autonomie d’une région.
Le président catalan Carles Puigdemont a estimé avoir reçu un «mandat» du peuple pour la mener à bien. M. Puigdemont a estimé que sa région vivait un «moment historique», s'appuyant sur la victoire du «oui» à l'indépendance à 90% des voix avec 43% de participation, lors du référendum —interdit et contesté— qui s'est tenu le 1er octobre. Mais dans les minutes qui ont suivi, le président catalan a immédiatement proposé de «suspendre les effets de la déclaration d'indépendance». Soufflant le chaud et le froid, il a ensuite signé avec les membres du gouvernement et les élus de la majorité séparatiste une déclaration d'indépendance, après la séance parlementaire. Mais ce texte, sans effet juridique, était «une déclaration symbolique», a souligné hier le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull. Pour Madrid, «toutes les options» sont sur la table, a affirmé une source gouvernementale, l'exécutif étudiant tout un arsenal de ripostes, y compris un recours à l'article 155 de la Constitution qui permet la suspension de l'autonomie de la région. Le chef du Parti socialiste espagnol (PSOE), principale force d'opposition, a annoncé hier un accord avec le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy pour étudier une réforme de la Constitution et tenter de résoudre la crise catalane. «Nous sommes convenus que l'heure est venue d'aborder la réforme constitutionnelle», a déclaré Pedro Sanchez, précisant que le débat à la chambre des députés permettrait de discuter de comment «la Catalogne reste en Espagne, pas de comment elle s'en va». La Commission européenne a répété avec force hier qu'elle attendait un «plein respect de l'ordre constitutionnel espagnol». «La Commission suit de près la situation en Espagne et réitère son appel antérieur pour un plein respect de l'ordre constitutionnel espagnol», a déclaré le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles. «Nous faisons confiance aux institutions espagnoles, (au) Premier ministre (Mariano) Rajoy avec lequel le président Jean-Claude Juncker est constamment en contact, et à toutes les forces politiques qui œuvrent  à une solution», a ajouté M. Dombrovskis, tout en précisant immédiatement que cette «solution» doit être trouvée «dans le cadre de la Constitution espagnole». Le bras de fer, même s’il est loin d’être terminé, aura donc permis aux dirigeants catalans de peser, encore une fois, sur la balance politique ibérique en emmenant le gouvernement de Rajoy à plus de pragmatisme et dans la gestion des affaires politiques et de rigueur dans le volet économique, et à se poser comme acteur incontournable voir essentiel dans l’architecture de la future bâtisse espagnole. La surenchère à fini par payer.  
M. T.

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« Le président catalan ne sait pas où il va »

Le président catalan Carles Puigdemont «ne sait pas où il est, ni où il va», a déclaré le numéro deux du gouvernement conservateur espagnol. «C'est le discours de quelqu'un qui ne sait pas où il est, ni où il va, ni où il veut aller», a déclaré à la presse Soraya Saenz de Santamaria. Elle a souligné que le référendum du 1er octobre sur lequel s'appuie le gouvernement séparatiste pour déclarer l'indépendance était «un acte illégal, entaché de fraude et sans les moindres garanties» de démocratie. «Ni M. Puigdemont, ni personne ne peut prétendre imposer une médiation sans être revenu à la légalité et la démocratie», a-t-elle dit. «Le dialogue entre démocrates se fait dans le respect de la loi».
 

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