Investissement productif : Place à la performance

L’investissement productif.
PUBLIE LE : 07-10-2017 | 0:00

L’investissement productif. C’est en ces deux mots que tient en partie la relance de l’économie nationale, ainsi que sa diversification. Pour atteindre ce stade, le projet de loi de finances pour 2018, adopté mercredi par le Conseil des ministres, annonce une série de mesures législatives et fiscales allant dans le sens de la consolidation de l’investissement productif et du renflouement des recettes budgétaires, tout en maintenant le dispositif de la solidarité nationale. Sur le plan budgétaire, sont prévues des dépenses globales de 8.6 milliards de dinars, dont 4.5 consacrées aux dépenses de fonctionnement. Aussi, le texte précise que le plafond d’Autorisation de programme a été fixé à 3.17 mds DA, pour couvrir le coût des réévaluations du programme en cours et le coût des programmes neufs susceptibles d’être inscrits au cours de l’année 2018. Outre les dépenses d’équipement mobilisées pour les mêmes secteurs socio-économiques que ceux dans les lois de finances précédentes, il est  prévu de puiser dans le budget d’équipement pour le règlement des créances détenues sur l’État pour un montant de 400 mds DA.

Investissement : séparer le bon grain de l’ivraie

Au-delà des chiffres, les experts, comme Abderrahmane Mebtoul, recommandent des réformes structurelles et la mobilisation de toutes les composantes de la société, «sans lesquelles, on ne pourra pas faire émerger une économie diversifiée». Autrement dit, une fois ce train d’investissement productif démarre, on n’a plus le droit de faire marche arrière. De son côté, Mohamed Bakalem, expert en finances, chef de division des études économiques au CNES, met en relief la nécessité d’établir une sorte d’arbitrage, et relève la nécessité, pour les investisseurs, de séparer le bon grain de l’ivraie. Pour les services où l’Algérie importe à coups de milliards de dollars, il y a, soutient-il, nécessité de «construire» des compétences nationales à moyen et long termes.
Aujourd’hui, il ne s’agit pas uniquement de dépasser cette étape, mais, comme l’explique M. Bakalem, de faire de la diversification économique, une réalité, avec à la clé une stratégie efficace qui dictera le chemin à suivre pour les prochaines années. Quant à Abdelatif Benachenhou, ancien ministre des Finances, il avait a plaidé «la nécessité d’une relance très sérieuse de l’investissement productif qui structure la société». Chiffres à l’appui, le professeur Benachenhou relevait que l’investissement productif dans l’industrie et les services modernes représente, en moyenne, 2% du produit intérieur brut (PIB), durant la période 2000-2010.
L’investissement public a représenté, durant la même période, 50 à 60% du total de l’investissement, environ 23% du PIB. Par ailleurs, il y a lieu de souligner que pour permettre une meilleure prévisibilité à moyen terme de la politique budgétaire et inciter les secteurs à s’inscrire dans un objectif soutenable, le projet de texte a élaboré une estimation des dépenses et des  recettes jusqu’à 2020.

Foncier industriel : des pénalités contre les spéculateurs

En outre, les concepteurs de ce projet de loi tablent sur une augmentation des recettes globales à 6.5 mds DA en 2019, dont 2.8 mds DA de recettes fiscales pétrolières. Sur l’année 2020, les recettes globales devraient poursuivre une trajectoire en hausse pour atteindre 7 mds DA, dont 2.9 mds DA de fiscalité pétrolière. D’autre part, on précise que l’investissement impose un meilleur accès au foncier industriel. Pour lutter contre la spéculation dans ce domaine, une pénalité sera payée par tout bénéficiaire de terrain à vocation industrielle mis sur le marché par voie de cession par des organismes publics ou par voie de concession par les Domaines, dans le cas où il demeure inexploité pour une période supérieure à 3 ans. Le PLF-2018 fixe cette pénalité à 5% de la valeur vénale du foncier en question. Les pénalités peuvent également toucher toute entreprise de production et de montage de véhicules lourds et légers, qui accuse du retard dans le respect des engagements qualitatifs, quantitatifs ou du rythme d’intégration nationale.
Fouad Irnatene
 


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