Flambée des fruits et légumes : Le déficit en marchés de proximité en cause

Dans une déclaration à El Moudjahid, M. Boulenouar El-Hadj Tahar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), a affirmé qu’il devient de plus en plus difficile de contrôler les prix, surtout avec le déficit enregistré en matière de marchés de proximité.
PUBLIE LE : 07-10-2017 | 0:00

Dans une déclaration à El Moudjahid, M. Boulenouar El-Hadj Tahar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), a affirmé qu’il devient de plus en plus difficile de contrôler les prix, surtout avec le déficit enregistré en matière de marchés de proximité. «Pour maîtriser les prix, il faut au moins qu’il y ait un marché dans chaque arrondissement», a-t-il fait savoir, tout en signalant que les deux-tiers des communes du pays ne disposent toujours pas de marchés.
Parmi les autres raisons invoquées pour expliquer cette énième flambée des prix, figure également la perturbation de la production agricole, laquelle est due au manque de qualification des agriculteurs en matière d’usage de serres agricoles, explique le président de l’ANCA.
M. Boulenouar a indiqué, dans ce sens, que son association présentera une proposition au gouvernement, pour prendre en charge l’achat de lots terrain qui serviront à la construction de marchés au niveau des communes qui n’en disposent pas. Il précise que ce sont les commerçants locaux qui vont financer les projets relevant de leur région.
 Dans une déclaration à la presse, M. Mohamed Medjber, président de l’Association nationale des mandataires en fruits et légumes, a estimé que «cette hausse des prix est logique, surtout qu’elle intervient durant une période creuse, c’est-à-dire entre la fin de la production des produits de la saison d’été et le début de ceux de l’hiver».
Cependant, M. Medjber a signalé que le stress hydrique dû à une absence de pluie, qui sévit en cette période de l’année, provoque, sans doute, un sérieux problème d’irrigation des terres agricoles. «Si cela persiste, le prix des produits de saison, comme les petits pois, la carotte, les fèves, le fenouil et le chou-fleur connaîtront une hausse vertigineuse, comme c’est le cas de la tomate en cette saison», a-t-il dit.
Cela dit, une stabilité des prix passe impérativement, souligne M. Medjber, par une parfaite organisation des circuits de distribution, en sollicitant l’apport considérable des mandataires professionnels. Cela garantira, selon lui, plus de transparence et une régulation du marché contre toutes spéculation et dysfonctionnement à l’origine de la hausse des prix.
Quant à M. Arezki Moussouni, expert agronome, celui-ci avance un dysfonctionnement dans réseau de distribution, pour transporter les produits à temps, et une absence d’une politique claire sur la planification de production et de stockage. Selon lui, il suffit d’établir un planning de production, pour maîtriser la situation. «En Algérie, on cultive selon le résultat de la culture précédente. C’est-à-dire si les agriculteurs ont perdu dans la production de tomate, ils ne la cultiveront pas l’année d’après», a-t-il rappelé.
Pour sa part, le directeur général de la régulation et des activités commerciales au ministère du Commerce, M. Abdelaziz Aït Abderrahmane, a fait état d’un vaste programme initié par le ministère de l’Intérieur, et celui du Commerce, à l’effet de créer des marchés de gros et des marchés couverts de proximité, «pour stabiliser la chaîne allant de la production à la consommation».
Toutefois, il n’omettra pas d’avertir qu’il va falloir prendre quelque peu son mal en patience, parce que «les marchés de gros que nous avons ne sont pas aux normes internationales», pour ensuite indiquer que la quarantaine de marchés de ce genre à travers le pays relèvent des collectivités locales, et ne répondent pas aux standards exigés.
Par ailleurs, M. Aït Abderrahmane croit utile d’abonder dans le sens de la création de nouvelles unités de transformation des productions excédentaires de tomate, afin d’éviter une forte chute de leur prix sur les marchés de gros, entraînant le mécontentement des producteurs, ainsi que leur peu d’intérêt à la produire à nouveau. Ceci, d’autant que, selon lui, quand il y a surproduction, il faut pouvoir disposer de mécanismes pour la «récupérer», afin de la canaliser vers des unités de production, vers les chambres froides «ou vers l’exportation», ce qui permettra, déclare-t-il, de faire face «à une éventuelle montée des prix».
    Sarah A. Benali Cherif


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