Hommage à Sirat Boumediene au Théâtre régional d’Oran : Un comédien talentueux

Le regretté comédien Sirat Boumediene (1947-1995), auquel un hommage sera rendu samedi au Théâtre régional d'Oran Abdelkader- Alloula (TRO), s'était illustré par ses aptitudes scéniques mais également par ses qualités humaines.
PUBLIE LE : 07-10-2017 | 0:00

Le regretté comédien Sirat Boumediene (1947-1995), auquel un hommage sera rendu samedi au Théâtre régional d'Oran Abdelkader-  Alloula (TRO), s'était illustré par ses aptitudes scéniques mais également par ses qualités humaines. Nombre de dramaturges et artistes gardent de feu Sirat l'image d'un homme qui avait pleinement vécu sa passion pour le 4e Art et dont la compagnie était toujours appréciée par ses collègues. L'ancien directeur du TRO, Azri Ghaouti, se souvient des débuts de  l'artiste vers la fin des années 1960 lorsqu'il fut débusqué par feu  Abderrahmane Kaki (1934-1995). Sirat, secrétaire à l'époque au TRO qui était sous la direction de Kaki, avait profité du moment de pause d'une troupe en répétition pour monter sur  scène et se mettre à imiter un des comédiens, avant d'être surpris au retour de l'équipe par Kaki qui le félicita pour sa prestation. «Et c'est comme ça qu'a commencé la carrière de Sirat en tant que comédien, avec de petits rôles avant de camper celui de ‘’Dribzen’’,  personnage important dans la pièce ‘’Hammam Rabbi’’ d'Alloula (1939-1994)»,  relate Azri Ghaouti. C'est dans ce premier grand rôle que Sirat a littéralement «explosé», révélant ses capacités scéniques, s'ouvrant la voie vers d'autres interprétations à succès comme celle de «Djelloul El-Fhaymi» dans la pièce  «El-ajouad» (Les généreux) d'Alloula qui lui valut une récompense au  Festival théâtral international de Carthage (Tunisie, 1985). «Sirat n'a jamais quitté la scène même lorsqu'il fut sollicité pour des  rôles à la télévision ou au cinéma», soutient Azri Ghaouti, rappelant toutefois que le parcours de l'artiste connut quelques périodes de  flottement dues à la maladie. Les apparitions de l'artiste à l'écran furent plutôt timides, exception  faite de la série «Chaïb El-Khedim» de Zakaria Brahim qui le fit davantage  connaître au public impressionné par son talent à jouer plusieurs rôles en même temps. Au plan humain, Sirat était aussi apprécié pour son sens de l'humour. «Il faisait tout le temps des tournures plaisantes des choses de la vie, sa compagnie était toujours agréable», se remémore Azri Ghaouti, insistant en outre sur le fait que l'homme était à la fois couche-tard et lève-tôt, donnant ainsi l'impression qu'il tenait à «vivre pleinement sa vie  d'artiste». Les qualités scéniques et le caractère sociable du regretté Sirat sont  également évoquées par ses anciens compagnons à l'instar du comédien  Abdelkader Belkaïd qui fut distribué à ses côtés dans la quasi-totalité de ses apparitions sur scène. «Tous les comédiens voulaient jouer à ses côtés, tant sa compagnie était des plus agréables», a témoigné Belkaïd. Sirat Boumediene est décédé le 8 août 1995 à Mostaganem où, bien qu'affaibli par la maladie, il a tenu à passer ses derniers jours au  Festival national du théâtre amateur organisé chaque année dans cette ville. (APS)


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