lundi 11 dcembre 2017 01:28:41

Témoignages inédits sur la lutte armée d’Abdelouaheb Guedmani : Mémoires d’un combattant

Combattant de la liberté et du recouvrement de la souveraineté nationale entre 1956 et 1962, Abdelouaheb Guedmani raconte dans son livre « Parcours d’un combattant de la libération », paru récemment chez Casbah édition, son histoire personnelle, un récit d’événements vécus, une narration faite à la fois par un acteur et un témoin oculaire.

PUBLIE LE : 05-10-2017 | 0:00
D.R

Combattant de la liberté et du recouvrement de la souveraineté nationale entre 1956 et 1962, Abdelouaheb Guedmani raconte dans son livre « Parcours d’un combattant de la libération », paru récemment chez Casbah édition, son histoire personnelle, un récit d’événements vécus, une narration faite à la fois par un acteur et un témoin oculaire.

Relatant une des milliers d’histoires des grandes épopées de l’historique wilaya II, Abdelouaheb Guedmani n’écrit pas comme un historien ou un spécialiste, il écrit dans l’avant propos qu’il ne s’agit pas de mémoires, mais plutôt des écrits de manière scolaire et strictement chronologique. « Comme tous mes frères, je ne suis ni un héros ni un homme exceptionnel mais un simple combattant de la liberté qui a offert ce qu’il a de plus cher de sa personne, c'est-à-dire sa jeunesse, sa santé et son sang, pour que le pays recouvre sa liberté et la pleine souveraineté sur son territoire », a-t-il écrit.
L’auteur écrit avec beaucoup d’émotion sur son bien-aimé village d’adoption El Harrouch, sur sa fréquentation du collège moderne de garçons de Constantine, le premier novembre et les événements du 20 août 1955, et puis l’année 1956 où il a rejoint le maquis et la réponse du cœur et de l’âme au devoir de la patrie… il se souvient de la prestation de serment, un moment fort du livre.
« Je me trouvais devant Si Ali Kafi qui semblait présider une audience. A ses côtés et de part et d’autre se tenaient Ali Mendjeli, que j’avais déjà entrevu, et Abdelmadjid Kahlerras, que je ne connaissais pas encore. Je me mis aussitôt au garde-à-vous, comme je l’avais appris au cours de l’instruction militaire que j’avais suivie lors de ma scolarité au collège afin de bénéficier d’un sursis me permettant d’éviter de rejoindre l’armée avant la fin de mes études. Il n’y avait personne d’autre dans la petite salle et, contre toute attente, je fus soumis en ces lieux à une solennelle prestation de serment, main droite levée, jurant sur le Coran fidélité à la patrie et affirmant ma ferme volonté de combattre l’ennemi aux cotés de mes frères jusqu’à la dernière goutte de mon sang », peut-on lire à la page 110.
Il raconte un autre moment fort, le geste significatif de Zirout Youcef à son égard, à l’occasion de l’obtention de sa première arme en tant que militaire à l’ALN, il a eu l’honneur de le recevoir des mais du chef de la wilaya II en personne, avec une phrase qui ne risque d’oublier un jour. « Tiens mon fils, cette arme prendra soin de toi si tu sauras toi-même en prendre soin », s’est-il rappelé. Il raconte les différentes missions qu’il a assurées au service de la liberté de l’Algérie, à l’exemple de sa première mission d’acheminement d’armes à partir des frontières est vers l’intérieur du pays, le départ vers la Tunisie et l’installation aux frontières aux dernières années de la guerre de libération nationale...
Le livre est illustré par des photos de l’auteur aux côtés de ses frères d’armes à l’État-major de l’armée de libération nationale ALN à Ghardimaou dont Ali Mendjeli et Houari Boumediene, ainsi que des documents et laissez-passer de l’auteur au cours de l’exercice de ses missions, notamment aux frontières Est du pays.
Né en 1936, Abdelouaheb Guedmani fréquenta l’école primaire d’El Harrouch puis le collège moderne de garçons de Constantine, l’actuel lycée Yughurta, avant de rejoindre le maquis le 13 juin 1956, répondant à l’appel de l’UGEMA. Après l’indépendance, il a été successivement, de 1964 à  1983, chef de daïra puis wali. Admis à la retraite en tant que cadre supérieur de la nation en septembre 1985, à l’issue de son congé spécial, il s’installe comme avocat au bureau de Constantine où il exerce jusqu’à ce jour.
Kader Bentounès


 

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